Refonte des cours sur l’éducation à la vie affective et sexuelle : « Ce programme en l’état, n’est pas acceptable », estime le ministre en charge de la réussite scolaire 

Lors des questions d’actualité au gouvernement, le sénateur Max Brisson a interpellé le ministre en charge de la réussite scolaire sur la rédaction du programme sur l’éducation à la vie affective et sexuelle dénonçant le “wokisme” supposé du texte. Pourtant, le programme n’a pas encore été dévoilé, ni approuvé par le Conseil supérieur des programmes.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Un programme était-il nécessaire ? » À l’occasion d’une question au gouvernement, le sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson a interpellé le ministre chargé de la réussite scolaire et l’enseignement professionnel, Alexandre Portier, sur l’éducation à la vie affective et sexuelle. Depuis 2001, une loi impose l’organisation d’au moins trois séances d’éducation à la vie sexuelle et affective. Un nouveau programme doit être présenté en décembre et approuvé par le Conseil supérieur des programmes. Un programme qualifié de « très progressif » et « très séquencé » par la ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet.

Le contenu de ce texte, ni dévoilé ni approuvé, inquiète le Sénat. « Assurez-vous que le contenu de chaque cycle sera adapté à l’âge des élèves, que les références à l’identité de genre seront retirées ? Assurez-vous le Sénat que toute trace de wokisme en sera expurgée ? » s’emporte Max Brisson. Dans sa réponse, le ministre Alexandre Portier défend l’utilité du programme estimant que l’on vit « une époque qui nous interdit d’être spectateurs face aux violences sexuelles ». Ce dernier évoque aussi l’importance de proposer une éducation sur le sujet pour empêcher la prolifération des images à caractère pornographiques dans les cours de récréation.

Si le ministre reconnaît que l’école à un rôle à jouer, l’application de la loi de 2001 reste insuffisante. Selon le Conseil économique, social et environnemental, moins de 15 % des élèves bénéficient d’éducation à la vie affective et sexuelle. « Il faut un programme pour les aider à comprendre le monde qui les entoure », continue Alexandre Portier qui estime cependant que « ce programme en l’état n’est pas acceptable ». Reprenant les inquiétudes du sénateur Brisson, le ministre s’engage « personnellement pour que la théorie du genre ne trouve pas sa place dans nos écoles ». Des propos qui ont jeté le trouble sur la position du gouvernement sur la question. Le sénateur macroniste, Xavier Iacovelli, dénonce un point de vue « personnel et non la ligne du gouvernement ». « Il n’y a pas de théorie du genre, il faut arrêter avec cette idée qui est venue de la Manif’ pour tous, et qui est alimentée par la droite réactionnaire », déplore Xavier Iacovelli.

Le flou règne encore quant au contenu du programme. Max Brisson dénonce un « texte malmené par le zèle militant d’associations qui ne poursuivent que le triomphe de leurs thèses, ces mêmes associations qui prônent bisexualisme et polyamour » alors qu’Anne Genetet affirme que le contenu vise à « apprendre des choses simples ». 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Le Mans Maitre d ecole en Greve
8min

Éducation

Enseignement : la baisse démographique suffit-elle à justifier les fermetures de classes ?

Les enseignants du premier et du second degrés étaient en grève ce mardi contre les 4 000 suppressions de postes prévues dans le budget 2026. Si le gouvernement invoque une chute démographique historique pour justifier ces coupes, qui peuvent aboutir dans certains cas à des fermetures de classes, les syndicats dénoncent une logique comptable qui se fait au détriment de la qualité d’enseignement et des conditions de travail des personnels.

Le

Refonte des cours sur l’éducation à la vie affective et sexuelle : « Ce programme en l’état, n’est pas acceptable », estime le ministre en charge de la réussite scolaire 
4min

Éducation

« Les écrans créent une rupture empathique dans la société » alerte Gilles Vernet, le banquier devenu instituteur

J.P. Morgan, UBS, il avait une carrière toute tracée dans la banque, avant de tout abandonner pour devenir prof. Un enseignant qui a tiré de son expérience auprès des enfants des films et des livres. Autant de réflexions sur notre rapport au numérique et à l’avidité du monde. Gilles Vernet était l’invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission « Un monde, un regard ».

Le

Refonte des cours sur l’éducation à la vie affective et sexuelle : « Ce programme en l’état, n’est pas acceptable », estime le ministre en charge de la réussite scolaire 
4min

Éducation

Mineurs et réseaux sociaux : un vent d’interdiction va souffler sur l’Europe 

Alors que la France a interdit fin janvier les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, plusieurs pays européens devraient faire de même. La balle est dans le camp de la Commission européenne pour mettre en œuvre techniquement l’application de cette interdiction et mieux réguler les plateformes numériques qui hébergent ces réseaux, notamment les géants de la tech américains. C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat (diffusée samedi à 16h30).

Le