Paris: E.. Borne conference de presse de rentree scolaire
Conference de presse d'Elisabeth Borne, ministre de l'Education nationale, de l Enseignement superieur et de la Recherche, /Credit:ISA HARSIN/SIPA/2508271631

Rentrée scolaire : les mathématiques font leur grand retour au baccalauréat

À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a détaillé sa feuille de route. Parmi les mesures phares, une révision en profondeur des modalités d’évaluation du baccalauréat et le retour des mathématiques dans les épreuves anticipées.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Près de 12 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école ce lundi, pour une rentrée placée sous tension politique, alors que le gouvernement doit faire face à un vote de confiance initié par François Bayrou. « Aujourd’hui, ma seule et unique boussole, c’est la rentrée », a affirmé la ministre, qui s’est attachée à présenter une série de mesures notamment sur les modalités des examens lors de sa conférence de presse de rentrée.

Un contrôle continu repensé

Depuis la réforme Blanquer de 2019, le contrôle continu représente 40 % de la note finale du bac. Mais son fonctionnement, jugé anxiogène et source d’inégalités, va évoluer. Dès cette rentrée, toutes les évaluations ne compteront plus automatiquement. Seules certaines épreuves, dites « certificatives », seront prises en compte pour le diplôme et pour Parcoursup. Les autres, qualifiées de pédagogiques, serviront uniquement à mesurer les progrès des élèves et seront communiquées aux familles sans impact direct sur l’examen. « Je souhaite que le contrôle continu soit repensé pour diminuer la pression sur les élèves et refléter plus fidèlement leur niveau », a expliqué Élisabeth Borne. Chaque lycée devra établir un « plan local d’évaluation » précisant quelles notes sont retenues. Les équipes pédagogiques disposent jusqu’aux vacances de la Toussaint pour le finaliser. Mais l’annonce, faite à la veille de la prérentrée, suscite déjà des critiques. Les syndicats d’enseignants dénoncent une décision prise sans concertation.

Un rattrapage plus exigeant

La ministre a également annoncé un durcissement des conditions d’accès au rattrapage. Actuellement, des candidats ayant obtenu une moyenne inférieure à 8/20 peuvent encore espérer être repêchés par le jury. Ce ne sera plus le cas. À partir de la session 2026, seuls les élèves ayant obtenu au moins 9,5 de moyenne pourront se présenter aux épreuves orales de rattrapage. Les « points de jury », parfois supérieurs à 100 aujourd’hui, seront plafonnés à 50. « Aucun élève ne pourra obtenir le bac sans avoir atteint au moins 9,5 de moyenne », a insisté la ministre.

Le retour des mathématiques en première

Autre évolution majeure, l’instauration, dès juin 2026, d’une nouvelle épreuve anticipée de mathématiques en classe de première, pour les voies générale et technologique. D’une durée de deux heures et dotée d’un coefficient 2, cette épreuve s’ajoute à celle de français. Elle comportera deux parties, des QCM et calculs (6 points), ainsi que deux à trois exercices indépendants (14 points). La calculatrice ne sera pas autorisée. Cette réintroduction vise à réaffirmer la place des mathématiques dans le parcours scolaire, après leur retrait partiel lors de la précédente réforme.

Restaurer « la valeur du diplôme »

Pour Élisabeth Borne, ces ajustements visent à consolider la légitimité du baccalauréat, obtenu en 2025 par 96,4 % des candidats en filière générale, contre 91,1 % en 2019. « Je ne veux pas laisser s’installer le doute sur la valeur de ce diplôme », a-t-elle martelé. La ministre insiste, le bac doit à la fois « certifier l’acquisition des connaissances à l’issue de la scolarité » et « garantir la capacité à réussir dans l’enseignement supérieur ».

Reste à savoir si cette nouvelle réforme, qui s’ajoute aux nombreuses transformations déjà engagées depuis 2018, saura convaincre enseignants, élèves et parents.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Rentrée scolaire : les mathématiques font leur grand retour au baccalauréat
4min

Éducation

Mineurs et réseaux sociaux : un vent d’interdiction va souffler sur l’Europe 

Alors que la France a interdit fin janvier les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, plusieurs pays européens devraient faire de même. La balle est dans le camp de la Commission européenne pour mettre en œuvre techniquement l’application de cette interdiction et mieux réguler les plateformes numériques qui hébergent ces réseaux, notamment les géants de la tech américains. C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat (diffusée samedi à 16h30).

Le

Paris: Macron in a classroom during a visit to the Ecole primaire d’application Blanche
7min

Éducation

Emmanuel Macron relance le débat sur les rythmes scolaires : « Le président se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine »

Emmanuel Macron a redit son attachement à une réforme des rythmes scolaires, avec des vacances d’été plus courtes, à rebours des conclusions rendues en novembre par la Convention citoyenne. Au Sénat, certains élus, à l’instar du LR Max Brisson, reprochent au chef de l’Etat de ne pas mesurer les implications sociales et économiques d’une telle réforme.

Le

Paris: Salon europeen de l Education
2min

Éducation

Parcoursup 2026 : le coup d'envoi est lancé

La phase d’inscription de Parcoursup, la plateforme d’admission post-bac a ouvert en ce lundi 19 janvier. Une session 2026 marquée par des nouveautés.

Le

Paris – Manifestation AESH
7min

Éducation

« L’école inclusive est sur le point de craquer » : les sénateurs PS veulent fonctionnariser les AESH pour créer « un choc d’attractivité »

Dénonçant la « très grande précarité » des accompagnants d’élèves en situation de handicap, les sénateurs PS veulent créer un nouveau corps de fonctionnaire pour les AESH, dont le salaire moyen est de 850 euros. De quoi rendre le métier plus attractif, alors qu’il manquait 50.000 accompagnants à la rentrée 2025.

Le