Rentree des classes : rentree scolaire 2023
Rentree des classes : rentree scolaire 2023, college de la cerisaie a Charenton le pont (94)//URMAN_URMAN04379/Credit:LIONEL URMAN/SIPA/2309051530

Rentrée scolaire : l’interdiction du portable au collège ne fait pas l’unanimité  

L’Education nationale va expérimenter l’interdiction du téléphone portable pour les collégiens. Une mesure déjà réclamée par une proposition de loi sénatoriale, mais critiquée par les syndicats enseignants.
Fabien Recker

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le portable au collège, c’est fini ? A partir de lundi, près de 200 collèges vont expérimenter la « pause numérique » : c’est-à-dire le bannissement du téléphone portable dans leur enceinte. Une expérimentation, en vue d’une possible généralisation de l’interdiction du portable au collège « en janvier 2025 » selon la ministre Nicole Belloubet 

Pour le ministère, l’interdiction du portable participe à « prévenir les violences en ligne, à limiter l’exposition aux écrans et à faire respecter les règles encadrant l’usage des outils numériques ». 

Une « urgence de santé publique » ?   

Concrètement, l’expérimentation va concerner 50 000 élèves, qui seront invités à « déposer leur portable à l’entrée » indiquait la ministre à France Inter en avril dernier. Aux établissements de s’organiser en fournissant des casiers prévus à cet effet. Ceux « qui le peuvent utiliseront le matériel déjà présent dans l’établissement. Pour les autres, les conseils départementaux ont été sollicités » indique le ministère à Public Sénat.  « L’Etat ne participera pas au financement » précise-t-on.  

Si Nicole Belloubet a justifié la mesure en invoquant les conclusions de la commission sur les écrans, créée à l’initiative d’Emmanuel Macron, cette interdiction du téléphone au collège va également dans le sens d’une récente proposition de loi rédigée par Agnès Evren. La sénatrice (LR) de Paris salue « une excellente décision » du ministère face à une « urgence de santé publique ». 

En théorie, les portables déjà interdits  

« Car malgré l’interdiction depuis 2018 (par une circulaire, ndlr) de garder les portables éteints pendant les cours, nos jeunes continuent massivement à les utiliser » rappelle Mme Evren, alors que « l’hyperconnexion a des effets désastreux sur les apprentissages ». La sénatrice se réjouit de l’engagement de la ministre d’une généralisation prochaine du bannissement des portables, « comme cela se passe déjà en Norvège ou (dans certaines régions) en Espagne ».  

Mais pour les syndicats, le ministère « fait les choses à l’envers » en annonçant une généralisation avant même que la mesure n’ait été testée. « Expérimentons d’abord » tempère Jérôme Fournier. Le secrétaire national du syndicat UNSA s’inquiète que « pour quelques établissements problématiques, on crée de nouveaux problèmes là où il n’y a pas de besoin ».  

Une mesure « déconnectée du terrain » 

« Quel personnel pour surveiller tout ça ? Matériellement, je ne sais pas comment on va faire. Il y a une question de responsabilité à conserver 500 ou 600 téléphones portables au même endroit » poursuit Jérôme Fournier.  

Même son de cloche du côté du syndicat SNES-FSU. La mesure « est déconnectée des réalités de terrain » alerte sa secrétaire générale Sophie Venetitay. « Les élèves doivent poser leur téléphone quelque part et le récupérer, cela pose des questions logistiques importantes et va peser sur la vie scolaire, les CPE et les surveillants ».   

Aux établissements qui se sont portés volontaires de désormais mettre en œuvre l’expérimentation. Celle-ci va nécessiter « la modification du règlement intérieur de l’établissement », précise le ministère de l’Education nationale, sans indiquer pour l’instant quelles sanctions risquent les collégiens qui ne respectent pas cette interdiction.  

Partager cet article

Dans la même thématique

Rentrée scolaire : l’interdiction du portable au collège ne fait pas l’unanimité  
4min

Éducation

Mineurs et réseaux sociaux : un vent d’interdiction va souffler sur l’Europe 

Alors que la France a interdit fin janvier les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, plusieurs pays européens devraient faire de même. La balle est dans le camp de la Commission européenne pour mettre en œuvre techniquement l’application de cette interdiction et mieux réguler les plateformes numériques qui hébergent ces réseaux, notamment les géants de la tech américains. C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat (diffusée samedi à 16h30).

Le

Paris: Macron in a classroom during a visit to the Ecole primaire d’application Blanche
7min

Éducation

Emmanuel Macron relance le débat sur les rythmes scolaires : « Le président se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine »

Emmanuel Macron a redit son attachement à une réforme des rythmes scolaires, avec des vacances d’été plus courtes, à rebours des conclusions rendues en novembre par la Convention citoyenne. Au Sénat, certains élus, à l’instar du LR Max Brisson, reprochent au chef de l’Etat de ne pas mesurer les implications sociales et économiques d’une telle réforme.

Le

Paris: Salon europeen de l Education
2min

Éducation

Parcoursup 2026 : le coup d'envoi est lancé

La phase d’inscription de Parcoursup, la plateforme d’admission post-bac a ouvert en ce lundi 19 janvier. Une session 2026 marquée par des nouveautés.

Le

Paris – Manifestation AESH
7min

Éducation

« L’école inclusive est sur le point de craquer » : les sénateurs PS veulent fonctionnariser les AESH pour créer « un choc d’attractivité »

Dénonçant la « très grande précarité » des accompagnants d’élèves en situation de handicap, les sénateurs PS veulent créer un nouveau corps de fonctionnaire pour les AESH, dont le salaire moyen est de 850 euros. De quoi rendre le métier plus attractif, alors qu’il manquait 50.000 accompagnants à la rentrée 2025.

Le