Zéro suppression de postes de professeurs serait « suicidaire », considère le ministre de l’Éducation nationale, interpellé sur la carte scolaire

Durant les questions d’actualité au Sénat, le ministre de l'Éducation nationale a été interpellé à plusieurs reprises sur la carte scolaire et les suppressions de postes dans l’enseignement.
Rédaction Public Sénat

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« Quand allez-vous proposer des cartes scolaires qui prennent enfin en compte ce que subissent les enfants avant d’aller à l’école, ce qui suppose le maintien et le besoin de classes en milieu rural ? » L’interpellation est signée du Bruno Belin, sénateur de la Vienne, rattaché au groupe LR. Comme deux autres sénateurs aujourd’hui, Hervé Gillé (PS) et Rémy Pointereau (LR), le sénateur a livré son inquiétude au gouvernement, au sujet des suppressions de postes dans l’Éducation nationale, sujet qui posera selon lui des difficultés spécifiques dans les territoires ruraux, en raison des distances et donc de la durée du transport.

Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, a estimé que la suppression de 4 000 postes cette année un « atterrissage en douceur », qui consiste à tenir compte de seulement 50 % de la baisse de la démographique. Pour rappel, la commission des finances du Sénat lors des débats budgétaires avait recommandé d’aller jusqu’à 8 000 suppressions de postes, une mesure d’économie calquée à 100 % sur l’évolution du nombre d’élèves.

« Dans 7-8 ans on n’aura plus besoin de professeur, si jamais on fait ça »

« Zéro, c’est suicidaire parce que dans 7-8 ans on n’aura plus besoin de professeur, si jamais on fait ça. Et si on suit la démographie – et c’est d’ailleurs ce que vous n’avez pas fait non plus – on aurait un autre problème qui serait l’amplification de ce que vous décrivez », s’est défendu le ministre.

Édouard Geffray a par ailleurs rappelé que l’école rurale représentait « 30 % des écoles pour 18 % des élèves ». « On ne peut pas dire qu’en France, on ne tient pas en compte de cette réalité », a-t-il rappelé.

Le ministre s’est par ailleurs ému de la sous-consommation des fonds sociaux au niveau des collèges. Ventilés sur l’ensemble des établissements, 50 % ne sont pas consommés. « Je trouve ça absolument à titre personnel inadmissible. On va récupérer les fonds sociaux qui ne sont pas dépensés, dans les établissements notamment qui sont des établissements plutôt favorisés, pour les remettre – donc 25 millions d’euros – sur les 800 collèges », a-t-il indiqué.

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