A moins d’une semaine de l’ultime réunion de négociation entre partenaires sociaux, qui sont rassemblés depuis début janvier sur la question de l’assurance chômage, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, n’entend pas suivre les demandes du patronat.
A l’origine, « on a eu une lettre de cadrage, qui a été retirée, qui nous demandait initialement 4 milliards d’euros d’économies par an. La CFDT a dit, ce n’est même pas la peine d’y réfléchir et nous imposer d’ouvrir des négociations en ces termes », rappelle la responsable de la CFDT.
« Plus le contrat est court, plus ça doit coûter à l’employeur »
Mais aujourd’hui, elle prévient : « On n’ira pas sur une négociation qui demande un milliard d’euros d’économies, comme le demandent les organisations patronales. Elles veulent faire un maximum d’économies. Nous, on veut régler les problèmes, notamment liés à la rupture conventionnelle », soutient Marylise Léon, qui veut aussi « travailler à lutter contre les contrats courts. […] Ce sont des situations extrêmement précaires, ça coûte aussi à l’assurance chômage ».
Son organisation fait une proposition sur le sujet. « La CFDT dit qu’il faut pouvoir taxer les contrats de travail, en fonction de leur durée. Plus le contrat est court, plus ça doit coûter à l’employeur, pour l’encourager à faire des contrats plus longs », met sur la table la numéro 1 du syndicat réformiste, qui confirme que les discussions sont « tendues » avec le patronat, « car les chiffres du chômage repartent à la hausse ».
« La fraude sociale est extrêmement minime »
Interrogée par ailleurs sur le projet de loi de lutte contre la fraude, pour lequel le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est dit « favorable » à ce que les allocations chômage ou prestations sociales puissent être suspendues en cas de « suspicion sérieuse de fraude », la responsable de la CFDT s’y oppose.
« Je suis persuadée que le problème aujourd’hui n’est pas la fraude sociale. France Travail fait des contrôles réguliers sur la recherche réelle d’emploi par les allocataires. Il y a entre 2 et 3 % de fraude, c’est extrêmement minime », souligne Marylise Leon, qui ajoute que « ceux qui ont besoin de ce coup de main ponctuel ne sont pas tous à profiter d’un système ». Le dire « est extrêmement délétère », met en garde la secrétaire générale de la CFDT.