Retraites : Force ouvrière claque la porte de la concertation et dénonce une « mascarade »

Le syndicat FO a immédiatement quitté la première réunion des partenaires sociaux sur l’évolution des retraites. Son négociateur considère que la lettre envoyée la veille par le Premier ministre François Bayrou est un « vrai carcan », qui « va forcément réduire le champ des possibles ».
Guillaume Jacquot

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« Pour nous, c’est terminé ! » Aussitôt arrivé, aussitôt reparti. Le syndicat Force Ouvrière (FO) s’est retiré ce 27 février de la « délégation paritaire permanente », chargée d’élaborer des pistes d’amélioration à la dernière réforme des retraites, au cours des trois prochains mois. Celle-ci se réunissait pour la première fois, dans des locaux des services du Premier ministre, une semaine après la remise du rapport de la Cour des comptes sur la situation financière des retraites.

« Nous ne participerons pas cette mascarade où on veut nous faire dire qu’effectivement la seule solution c’est d’allonger la durée de travail pour les salariés dans ce pays », a déclaré à la presse, Michel Beaugas, secrétaire confédéral au secteur de l’emploi et des retraites. Le négociateur a demandé à prendre la parole en début de réunion, pour faire savoir que son organisation se retirait des travaux.

Sceptique depuis plusieurs semaines sur le format, le périmètre ou encore la méthode de ce « conclave », l’organisation syndicale, qui défend un retour de l’âge de départ à 62 ans, a définitivement basculé après le courrier transmis ce mercredi soir par le Premier ministre aux partenaires sociaux. À la veille du coup d’envoi des travaux de la délégation, François Bayrou les a invités à « rétablir l’équilibre financier » du système de retraites « à un horizon proche » avec un « objectif à l’année 2030 ».

« Le risque est grand que cela aboutisse au maintien d’un statu quo »

« La lettre du chef du gouvernement est un vrai carcan. Elle va forcément réduire le champ des possibles sur les solutions que nous pourrions trouver. Le risque est grand que cela aboutisse au maintien d’un statu quo, avec un âge légal qui restera ancré sur les 64 ans », dénonce FO dans un communiqué, lu devant les autres organisations présentes.

Pour Michel Beaugas, le préalable aurait été de repartir avec un âge de départ à 62 ans, et ensuite de « renégocier les modalités qui permettent d’augmenter les cotisations ».

Cette première réunion permet aux différentes parties prenantes de revenir sur les conclusions du rapport de la Cour des comptes, et de fixer le programme de travail des prochaines réunions. Elle doit aussi avoir pour but de se demander ce qu’implique « l’objectif d’équilibre financier » pour la suite de leurs travaux.

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