Ademe, OFB : « Je n’accepte pas qu’on mette des cibles dans le dos d’agents publics », dénonce Agnès Pannier-Runacher

Lors de l’examen du budget au Sénat, la ministre de la Transition écologique a défendu les agences de l’Etat, récemment critiquées pour leur coût ou leurs contrôles. De son côté, la commission des finances envisageait de réduire le budget de l’Ademe et de l’Office français de la biodiversité, avant de revenir sur ses amendements.
Rose-Amélie Bécel

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Je n’accepte pas que l’on mette des cibles dans le dos d’agents publics », a dénoncé la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, en ouverture de l’examen de la mission écologie du budget au Sénat, ce 20 janvier.

Une référence à peine voilée aux critiques récemment émises par une partie de la classe politique à l’encontre de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de l’Office français de la biodiversité (OFB).

« Il me semble que nous sommes loin de la gabegie budgétaire »

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre avait lui-même qualifié certaines inspections des agents de l’OFB de « faute » et d’ « humiliation » pour les agriculteurs. De son côté, l’Ademe a été critiquée pour son impact sur les finances publiques. Dans un entretien au Parisien, le président du Sénat Gérard Larcher avait ainsi dénoncé les « plus de 4 milliards de budget » et « près de 1 100 équivalents temps plein » de l’agence. Des critiques suivies par la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, ou encore par le président du groupe les Républicains à l’Assemblée Laurent Wauquiez.

Des critiques que dément fermement Agnès Pannier-Runacher. « Il me semble que nous sommes loin de la gabegie budgétaire parfois évoquée », a expliqué la ministre, « sur les 3,5 milliards d’euros de budget annuel de l’Ademe, 92 % financent directement des projets concrets de décarbonation. »

Bientôt une commission d’enquête sur les agences de l’Etat

« Lorsque j’entends ici et là certains appeler à supprimer ou priver de moyens des entités qui œuvrent à la transition écologique, je suis très surprise », a dénoncé la ministre. Dans le cadre de l’examen du budget, la commission des finances du Sénat proposait en effet deux amendements de réduction des moyens, de 20 millions d’euros pour l’Ademe et de 15 millions d’euros pour l’OFB.

Des amendements finalement retirés par la rapporteure spéciale Christine Lavarde (LR), estimant qu’ils étaient satisfaits par un amendement du gouvernement, déposé juste avant les débats pour réduire de 326 millions d’euros supplémentaires le budget de la mission écologie.

Mais le Sénat n’a pas dit son dernier mot sur le financement des agences de l’Etat. « L’heure du grand audit de ces organismes est venue », a fait savoir le président du groupe Les Républicains Mathieu Darnaud, dans les colonnes du Figaro ce dimanche. Le sénateur précise que son groupe va faire usage de son droit de tirage pour demander une commission d’enquête sur le sujet, celle-ci serait « la base d’un travail en profondeur » pour une rationalisation des dépenses.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hurricane Lidia Hits Mexico
7min

Environnement

Un El Niño « plus puissant que tout ce que nous avons observé » : de quoi parle-t-on et à quoi faut-il s’attendre ?

L’Organisation des Nations Unies alerte sur l’intensité du phénomène El Niño dans l’océan Pacifique. Cette perturbation climatique bien connue des météorologues s’annonce d’une ampleur record, et pourrait bousculer pendant plusieurs mois les niveaux de précipitations sur une large partie du globe. Comment se manifeste El Niño ? L’Europe est-elle menacée ? etc. Décryptage en cinq questions.

Le

Vigilance Orange Canicule dans les Alpes-Maritimes
3min

Environnement

Météo : la France a connu son « été le plus chaud jamais enregistré », affirme Monique Barbut

L'été 2026, marqué par des canicules, sécheresses et incendies géants, a été « le plus chaud » jamais enregistré en France, a annoncé ce jeudi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. « L'été 2026 restera dans l'histoire mais la question que nous devons nous poser à présent est de savoir de quelle manière il le restera », a souligné la ministre

Le