Agriculture : « Le plan Ecophyto n’a jamais réussi à être appliqué, à chaque fois qu’il y a eu une tension, on est revenu en arrière », déplore Sandrine Rousseau

Invitée de la matinale de Public Sénat, Sandrine Rousseau, est revenue sur la crise agricole et déplore le recul des exigences environnementales en matière d’agriculture. La députée écologiste de Paris souhaite rompre avec une image punitive de l’écologie.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Gabriel Attal a co-géré avec la FNSEA, les agriculteurs sont sortis avec leurs tracteurs pour réclamer des revenus, à la fin ils ont moins de normes environnementales, mais pas de revenus », regrette Sandrine Rousseau selon laquelle les normes environnementales sont devenues le bouc émissaire de la colère des agriculteurs. Jeudi 1er février, Gabriel Attal annonçait la suspension du plan Ecophyto afin de calmer la colère des agriculteurs.

 « L’écologie n’est ramenée qu’à quelque chose de punitif »

« Est-ce la priorité du monde agricole de piétiner les normes environnementales ? » s’interroge Sandrine Rousseau qui s’inquiète de la « mise en pause » du plan Ecophyto. Alors que le gouvernement assure qu’il ne s’agit que d’une pause de trois semaines afin de « rediscuter les outils », comme l’affirme le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, la députée de Paris juge la démarche problématique. « Est-ce vraiment responsable d’accréditer que le problème c’est l’écologie ? L’écologie n’est ramenée qu’à quelque chose de punitif », s’inquiète Sandrine Rousseau. Surtout, la députée écologiste pointe une incapacité historique à rendre effectifs les plans de réductions d’utilisation des produits phytosanitaires depuis le premier plan Ecophyto en 2008. « Le plan Ecophyto n’a jamais réussi à être appliqué, à chaque fois qu’il y a eu une tension sur le glyphosate, les néonicotinoïdes on est revenu en arrière », rappelle Sandrine Rousseau. La députée de Paris estime que l’écologie est toujours ramenée à « quelque chose de punitif » alors même que des raisons sanitaires sont avancées pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.

Sandrine Rousseau appelle à sortir d’un « système agricole productiviste »

Pour Sandrine Rousseau, cette perception des normes environnementales et des restrictions sur les produits phytosanitaires est liée à la domination de la FNSEA, le principal syndicat d’agriculteurs. « Si vous continuez à faire du maïs de manière intensive pour le vendre à des centrales d’achat qui vont les revendre sur des marchés financiers pour une spéculation mondiale, alors évidemment vous avez besoin de produits phytosanitaires », dénonce Sandrine Rousseau. La députée de Paris dénonce notamment une « agriculture exportatrice en concurrence avec ce qui se fait de pire » et pour laquelle les produits phytosanitaires sont nécessaires. Sandrine Rousseau déplore notamment un modèle tourné vers les grands céréaliers. Outre la FNSEA dont Sandrine Rousseau juge le « pouvoir trop important », la députée pointe le rôle de la grande distribution et des centrales d’achats à l’étranger permettant d’échapper à la loi Egalim. « La question c’est comment on assure la souveraineté alimentaire de la France », explique Sandrine Rousseau qui appelle à sortir d’un « système agricole productiviste » et à « s’intéresser à la manière dont nous consommons ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Agriculture : « Le plan Ecophyto n’a jamais réussi à être appliqué, à chaque fois qu’il y a eu une tension, on est revenu en arrière », déplore Sandrine Rousseau
3min

Environnement

Loi agricole : la ministre de la transition écologique dénonce « des reculs pas acceptables » sur l’eau, le loup et les pesticides

Interrogée ce mercredi par les sénateurs lors des questions au gouvernement, Monique Barbut assume ses désaccords avec la tournure prise par la loi agricole. La ministre désapprouve la réintroduction de deux pesticides par la droite sénatoriale et juge que le texte « va beaucoup trop loin » sur l’allègement de certaines normes sur le stockage d’eau et la protection du loup.

Le

Agriculture : « Le plan Ecophyto n’a jamais réussi à être appliqué, à chaque fois qu’il y a eu une tension, on est revenu en arrière », déplore Sandrine Rousseau
3min

Environnement

Office français de la biodiversité : « L’OFB n’a pas vocation à devenir la police politique de qui que ce soit », estime Vincent Louault (Horizons)

Le sénateur Vincent Louault a défendu au micro de Public Sénat sa proposition de loi visant à confier les missions de police environnementale de l’OFB aux services de l’Etat. Cet agriculteur de profession a aussi réaffirmé la volonté de réintroduire l’acétamipride à l’occasion des débats sur le projet de loi d’urgence agricole, qui arrivera au Sénat le 17 juin.

Le

Agriculture : « Le plan Ecophyto n’a jamais réussi à être appliqué, à chaque fois qu’il y a eu une tension, on est revenu en arrière », déplore Sandrine Rousseau
6min

Environnement

Prédation du loup : « La FNSEA ne serait pas gênée par le passage du statut d’espèce protégée à celui d’espèce non protégée », explique Arnaud Rousseau

Alors que le Sénat s'apprête à examiner le projet de loi d'urgence agricole, la majorité sénatoriale pourrait retirer le loup de la liste des espèces protégées pour mieux lutter contre la hausse des prédations. Auditionné le 10 juin, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, se dit favorable à cette évolution, mais rappelle qu’elle serait contraire aux règles européennes.

Le