Avion vert : « Le Bourget serait-il le salon de l’illusion ? », raille le sénateur Daniel Salmon

Au cours de la séance des questions au Gouvernement, le sénateur écologiste Daniel Salmon a interpellé le gouvernement sur son projet d’avion vert. Ce à quoi le ministre Christophe Béchu défend un triptyque indissociable pour la décarbonation : sobriété, efficacité et innovation.
François-Xavier Roux

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« Le salon de l’avion magique ». C’est ainsi que parle Daniel Salmon du salon qui se tient actuellement au Bourget. Vendredi dernier, Emmanuel Macron a présenté son plan de soutien à la transition écologique dans le secteur aérien. Ce dernier représente 3,5 à 5 % des émissions mondiales de CO2 mais celles-ci ont augmenté de 130 % entre 1990 et 2017, selon le Parlement européen. Pour réduire ces émissions, le gouvernement mise sur les biocarburants ainsi qu’un avion à moteur électrique, alimenté par de l’hydrogène. Daniel Salmon reconnaît que la « recherche d’alternative au kérosène est indispensable » mais il dénonce le « greenwashing » du gouvernement. Il explique que « l’électrique n’est pas pour demain », que « l’avion à hydrogène est loin d’être mature » et que la biomasse indispensable aux biocarburants n’est pas illimitée.

Un triptyque de décarbonation pour le gouvernement

La trajectoire de décarbonation s’appuie toujours sur de la sobriété, de l’efficacité et de l’innovation se défend Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique. Il fustige ceux qui ne veulent rien changer et qui pense y arriver exclusivement par l’innovation. Sont aussi visés ceux qui condamnent l’innovation et prônent une sobriété complète. Il prend à partie directement le sénateur en affirmant ne pas croire un instant qu’il ait l’arrière-pensée qui est de dire que « pour rendre l’écologie populaire, il convient de la présenter sous son jour le plus punitif ». Au-delà de l’avion vert, c’est sur le combat écologique dans sa globalité que s’affrontent les deux politiques. Christophe Béchu se félicite de la tenue du « plus grand salon aéronautique du monde » au Bourget « consacré aux moyens de faire en sorte de décarboner l’aviation ». Ce salon répond, pour lui, aux deux axes fixés par le Président de « travailler sur les moteurs » et rechercher des alternatives au kérosène, pour faire baisser l’empreinte de CO2 de l’aviation.

Daniel Salmon l’accuse d’une caricature « très facile » du combat écologique. « La recherche est indispensable » mais il juge irresponsable de « faire mine que la technologie va nous sauver ». Le sénateur soutient un équilibre entre sobriété et innovation : « La sobriété dans les usages est indispensable ». Il reproche au gouvernement la trop grande place laissée à l’innovation au détriment de la sobriété. Le message transmis avec le projet d’avion vert est perçu par Daniel Salmon comme un appel à ne pas changer ses habitudes car « la technologie va tout régler ». Cette politique conduit selon lui à « un monde à plus de 4°C dont personne ne sait à quoi il va ressembler ».

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