FRA – PLAN SOBRIETE ENERGETIQUE – CONSOMMATION – TRANSPORTS -ECOLOGIE
Dans le cadre du Plan sobriete energetique , la ministre de la Transition energetique, Agnes Pannier-Runacher, et le ministre delegue en charge des Transports, reunissent les principaux acteurs, gestionnaires et operateurs du secteur des transports. Mardi 6 septembre 2022. Hotel de Roquelaure, Paris. Photographie de Jeanne Accorsini / Sipa Press. As part of the Energy Sobriety Plan, the Minister of Energy Transition, Agnes Pannier-Runacher, and the Minister of Transport, bring together the main actors, managers and operators in the transport sector. Tuesday, September 6, 2022. Hotel de Roquelaure, Paris. Photograph by Jeanne Accorsini / Sipa Press.//ACCORSINIJEANNE_Sipa.3250/2209061336/Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2209061342

Plan de sobriété énergétique acte 2 :« Les mesures vont dans le bon sens, mais il faut se méfier des mesures d’affichage », selon les sénateurs

La sobriété énergétique à l’heure d’été. Pour parvenir à une réduction de 40% de notre consommation d’énergie à horizon 2050, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a dévoilé les 14 mesures phares du gouvernement. Comme à l’automne dernier, le gouvernement privilégie des mesures d’incitation plutôt que des mesures de coercition.
Flora Sauvage

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

En octobre 2022, pour répondre aux difficultés d’approvisionnement du gaz russe en Europe et l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire français, le gouvernement avait présenté son premier plan de sobriété énergétique. Le but : réduire de 10 % la consommation énergétique d’ici à la fin 2024.

Pour la ministre de la Transition énergétique, auditionnée au Sénat le 24 mai par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), le bilan est positif : « Notre consommation d’électricité et de gaz a baissé de 12 % l’hiver dernier », rappelle-t-elle. Selon Agnès Pannier-Runacher, « nous avons su faire en 3 mois ce que nous n’avons pas su faire en 30 ans ». Pour la sénatrice LR du Val de Marne Catherine Procaccia, et membre de l’Opecst, si la consommation des Français a baissé cet hiver c’est surtout à cause des prix de l’énergie qui ont « nettement augmenté », ce n’est pas lié aux incitations du gouvernement à la sobriété énergétique.

Inciter plutôt que contraindre

Pour le gouvernement, il est plus efficace d’inciter les entreprises et les particuliers à changer leurs habitudes plutôt que de passer par des sanctions. Exemple avec les entreprises du CAC 40 qui s’engagent à adopter et à rendre publics des objectifs chiffrés de baisse de leur consommation d’énergie. Trente-sept d’entre elles se sont engagées à réfléchir à baisser leur consommation énergétique via la rationalisation du télétravail. « L’objectif est d’avoir un jour fixe de télétravail dans la semaine afin de fermer le bâtiment », a explicité le cabinet de la ministre de la Transition énergétique.

Il faut « inciter et sanctionner »

Pour Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, « il faut les deux : inciter et sanctionner, ou du moins conditionner les aides ». Le sénateur cite l’exemple de STMicroelectronics dans son département, l’Isère. Le ministre de l’Économie Bruno le Maire a annoncé une aide conséquente, de 2.9 milliards d’euros pour le projet d’extension de cette usine de semi-conducteurs à Croles, près de Grenoble pour répondre aux enjeux de souveraineté dans le domaine stratégique des puces électroniques. Mais l’élu écologiste regrette que ces aides de l’Etat ne soient pas conditionnées à un plan de décarbonation de l’entreprise.

110km/h sur l’autoroute

Concernant les déplacements professionnels, le gouvernement veut voir diminuer l’usage du carburant par le biais des entreprises qui incitent leurs salariés à rouler à 110km/h au lieu de 130km/h sur l’autoroute. La même consigne a été passée aux agents de l’Etat. Cette mesure permet d’économiser 20 % de carburant tout en diminuant de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre, fait valoir le gouvernement.

Climatisation : 26° max

Parmi les 14 mesures phares annoncées par la ministre de la Transition énergétique, l’exécutif met l’accent sur l’usage de la climatisation. Avec un rappel à l’ordre : dans les bureaux et les magasins en particulier, elle ne doit pas dépasser 26 degrés. Il est aussi demandé aux élus locaux de s’assurer de la bonne application du décret passé en octobre 2022 qui impose aux commerces utilisant un système de climatisation de fermer leurs portes.

Consultation sur l’éclairage public

Sur l’éclairage public, une consultation va être lancée de juillet à septembre pour interroger les Français sur la réduction des éclairages dans les rues. Les commerces aujourd’hui sont contraints d’éteindre les lumières à une heure du matin, faut-il avancer cet horaire ? C’est l’une des questions qui sera soumise à consultation. Selon la sénatrice LR du Val de Marne Catherine Procaccia, « il faudra penser aux problèmes de sécurité que la réduction de l’éclairage public pourra engendrer dans certaines rues des grandes agglomérations ».

Le football mis à contribution

Enfin le monde du sport est mis à contribution, « dès la saison 2023-2024, l’octroi de la licence de club de Ligue 1 et de Ligue 2 qui permet de bénéficier des droits télévisuels » – une manne annuelle de plusieurs centaines de millions d’euros – « sera conditionnée à des critères de sobriété énergétique » avec notamment une réduction de la consommation de 10 %.

Thermostats dans tous les logements

Côté logement, des mesures spécifiques sont également prévues. Ainsi, le gouvernement souhaite que tous les bâtiments (logements, bureaux) soient équipés de thermostats d’ici au 1er janvier 2027. Pour montrer l’exemple, en 2024, les ministres leurs cabinets et les directeurs d’administrations centrales auront recours lors du renouvellement de leur équipement à des téléphones portables reconditionnés.

Pour Catherine Procaccia comme pour Guillaume Gontard, « même si ces mesures vont dans le bon sens, il faut se méfier des mesures d’affichage ». Pour ne citer qu’un exemple, « cela fait bien longtemps que de nombreuses communes ont décidé d’éteindre leur éclairage public à 23 heures », dénonce le président du groupe écologiste au Sénat, qui appelle de ses vœux à une vision « plus globale ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

France WildFires
7min

Environnement

Feux de forêts : la France est-elle prête pour cet été à risques ? 

Alors que de nombreux incendies frappent le sud de la France depuis hier, comme dans l’Aude, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que « 8700 hectares de forêts ont déjà brûlé » depuis le début de la saison estivale. Retour sur les moyens mis en place dans notre pays pour prévenir et lutter contre ces incendies.

Le

Plan de sobriété énergétique acte 2 :« Les mesures vont dans le bon sens, mais il faut se méfier des mesures d’affichage », selon les sénateurs
4min

Environnement

Loi d’urgence agricole : le Sénat vote en faveur d’une zone tampon sur les terrains attenants aux terrains agricoles pouvant faire l’objet d’épandages de pesticides

Les sénateurs ont adopté l’article 11 du projet de loi d’urgence agricole. Il instaure la possibilité d’exiger une servitude d’utilité publique, sur les terrains contigus aux exploitations agricoles qui sont susceptibles de faire l'objet de traitements phytosanitaires. La ministre Annie Genevard soutient une mesure de « justice », les écologistes s’inquiètent d’un « renversement total ».

Le

Plan de sobriété énergétique acte 2 :« Les mesures vont dans le bon sens, mais il faut se méfier des mesures d’affichage », selon les sénateurs
4min

Environnement

Loi d’urgence agricole : le Sénat assouplit les obligations de compensation écologique sur les terres agricoles

Les sénateurs ont adopté l’article 10 du projet de loi d’urgence agricole, conçu dans une logique de protection du foncier agricole. Il assouplit la compensation des atteintes à la biodiversité, lorsque celle-ci s’applique sur des terrains agricoles. Il permettra de les mettre en œuvre dans un périmètre bien plus large que dans le cadre actuel. La gauche, en particulier les écologistes, dénonce un « détricotage environnemental ».

Le

Plan de sobriété énergétique acte 2 :« Les mesures vont dans le bon sens, mais il faut se méfier des mesures d’affichage », selon les sénateurs
5min

Environnement

Projet de loi d’urgence agricole : le Sénat revient sur la définition des zones humides pour en réduire le nombre

Les sénateurs ont revu, contre l’avis du gouvernement, la définition des zones humides, que la droite sénatoriale estime trop nombreuses. Ils ont aussi allégé les contraintes qui pèsent sur les zones humides fortement dégradées. « Il faut vraiment préserver les zones humides », rétorque le sénateur Les Ecologistes Daniel Salmon.

Le

La sélection de la rédaction

Plan de sobriété énergétique acte 2 :« Les mesures vont dans le bon sens, mais il faut se méfier des mesures d’affichage », selon les sénateurs
6min

Société

Sobriété énergétique des grandes surfaces : « Bon sens » ou « mesure cosmétique » ?

Alors que l’hiver s’annonce difficile, le secteur commercial anticipe sa facture d’électricité. Les grandes surfaces, qui consomment en moyenne 450 kWh par mètre carré de surface en une année, doivent contribuer à l’effort national. Un plan de sobriété énergétique est conclu par les enseignes Leclerc, Carrefour, Auchan, Super U ou encore Monoprix, qui s’engagent à diminuer leur consommation d’énergie à partir du mois d’octobre. Sobriété contrainte, ou sobriété programmée ?

Le

Plan de sobriété énergétique acte 2 :« Les mesures vont dans le bon sens, mais il faut se méfier des mesures d’affichage », selon les sénateurs
6min

Environnement

Sobriété énergétique : la baisse de la consommation n’est pas due à la hausse des prix de l’énergie, selon Agnès Pannier-Runacher

Auditionnée par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher a cherché à expliciter la notion de sobriété énergétique et l’efficacité du plan éponyme lancé en octobre 2022. Les objectifs et les moyens de la sobriété énergétique, tels que présentés par le gouvernement, ont été largement discutés par les parlementaires.

Le