Sécheresse : « Le niveau de crise déjà atteint dans le Var, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales », alerte Christophe Béchu

Au micro de Public Sénat, le ministre de la Transition écologique déplore l’absence de condamnation unanime, de la part de la classe politique, des échauffourées qui ont émaillé les cortèges du 1er mai ce week-end. Il se dit également favorable à un renforcement de la loi anti-casseurs de 2019, qui avait été en partie censurée par le Conseil constitutionnel.
Romain David

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Fin février, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, appelait les préfets à « ne pas avoir la main qui tremble pour prendre des arrêtés » de restrictions d’eau face à l’ampleur de la sécheresse hivernale. Deux mois plus tard, la situation reste critique sur une large partie du pays. « Nous avons terminé l’été 2022 avec des nappes au plus bas, et nous n’avons pas eu un automne qui a permis de les recharger. On a même eu une sécheresse hivernale avec 32 jours sans pluie. Le mois de mars a été globalement bénéfique pour le Nord et l’Ouest de la France, mais sans pluie pour le pourtour méditerranéen et le couloir rhodanien », a expliqué le ministre ce mercredi 3 mai au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat.

« Nous avons 75 % du pays pour lesquels les nappes phréatiques sont en dessous des normales de saison, mais nous avons des inquiétudes très concentrées sur le pourtour méditerranéen, la Corse et le couloir rhodanien où l’on a à la fois les niveaux les plus bas, les recharges les plus basses et les perspectives les moins réjouissantes », indique Christophe Béchu. « Dans ces territoires, nous avons déjà atteint les niveaux de crise sur une partie du Var, des Bouches-du-Rhône et le département des Pyrénées orientales où il n’y a pas eu de pluies significatives depuis un an. »

Des communes déjà privées d’eau potable

Le 30 mars, le président de la République présentait depuis Savines-le-Lac son « Plan eau », l’un des principaux volets de la planification écologique. L’un des objectifs est d’éviter au maximum les coupures d’eau potable en période de sécheresse ou de très fortes chaleurs, notamment en modernisant le réseau. « Après le dernier été que nous avons connu, nous avons lancé 500 travaux d’interconnexions dans divers endroits de France, car nous avons eu près de 1 000 communes qui ont connu des problèmes d’eau potable. Près de 400 ont été alimentées par citernage, 200 par des bouteilles en plastique », rappelle Christophe Béchu. « Nous avons à nouveau des communes dans cette situation, pour certaines depuis plusieurs semaines », glisse le locataire de la rue de Grenelle, qui n’était toutefois pas encore en mesure de fournir un chiffre précis sur ce problème.

Développer l’intercommunalité pour améliorer la gestion de l’eau

« Il faut que l’on arrive à trouver un chemin pour mutualiser les services d’eau. Continuer à gérer en commune isolée, cela n’est plus possible. Les trois quarts des communes qui ont plus de 50 % de taux de fuite gèrent seule leur eau potable et ne le font pas dans un cadre intercommunal », s’agace celui qui a été maire d’Angers pendant huit ans. « Il faut que l’on pousse à l’intercommunalité ou, à défaut […] que l’on ait des regroupements de communes. C’est une condition absolue pour faire face à ces sécheresses », martèle notre invité.

« Cela ne se fera pas sur la base du volontariat », souligne encore Christophe Béchu. « Il y a aujourd’hui une obligation d’intercommunalité. La réflexion, c’est de légèrement l’assouplir pour rendre possible d’autres formes d’associations. En revanche, l’interdiction de la gestion en commune isolée de l’eau potable est extrêmement claire. Elle était déjà dans les textes, et elle le restera ! »

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