UE :  « Il y a un danger qu’il y ait un frein sur l’ensemble des règlements et directives environnementaux »

A 9 mois des élections européennes, la voix des fervents défenseurs de l’environnement semble plus difficilement audible. Une dizaine de chefs d’Etat réclament une « pause environnementale ». Au moment où la candidature du conservateur néerlandais Wopke Hoekstra au poste de Commissaire à l’action climatique suscite la controverse, la droite européenne tente d’infléchir certaines directives et règlements. Mais pour plusieurs observateurs de l’UE, l’actuelle Commission européenne, dirigée par Ursula Von der Leyen, n’a pas à rougir de son bilan environnemental.
Marie Bremeau

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Pour certains, l’heure ne serait plus à la mobilisation dans la lutte contre le réchauffement climatique à Bruxelles. A en croire les défenseurs du climat, la candidature du conservateur néerlandais Wopke Hoestra, proposée par le gouvernement des Pays-Bas et validée fin août par la présidente de l’exécutif européen, Ursula Von der Leyen, au poste de commissaire à l’action climatique ressemblerait à un repli des ambitions écologiques sur le continent. Cet ancien ministre des finances, qui a notamment travaillé au sein du groupe pétrolier Shell, n’est pas connu pour son engagement en faveur de l’environnement.

« Est-ce qu’on va sacrifier la lutte contre le réchauffement climatique sur l’autel de la réalité politique ? »

« Effectivement, il y a un danger qu’il y ait un frein sur l’ensemble des règlements et directives. Néanmoins, beaucoup ont été adoptés depuis 2019 et la présentation du Pacte vert. La question est celle-ci, face à l’urgence climatique, est-ce qu’on va sacrifier la lutte contre le réchauffement climatique sur l’autel de la réalité politique ? » observe Christophe Préault, directeur du site européen de référence « Toute l’Europe ».

A 9 mois des élections, chaque parti joue sa petite musique critique et tente d’imposer ses thèmes dans le débat, poursuit-il.  « On rentre dans la dernière année de la mandature de la Commission. Nous sommes à 9 mois des élections européennes et d’ores et déjà les jeux des groupes politiques, des partis, les ambitions politiques des uns et des autres sont en train de se positionner ».

La droite européenne à l’offensive 

Et la droite européenne entend bien jouer la carte de l’allégement des réglementations en matière d’environnement. Ainsi le  PPE, le parti conservateur européen, au parlement européen s’est opposé aux textes sur la biodiversité présentés en début 2023. « En ce moment, [le PPE] est dans l’opposition de la marche vers laquelle on avance dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le PPE s’est largement opposé à la loi sur la restauration de la nature, il essaie aussi d’affaiblir les restrictions sur l’utilisation des pesticides », rappelle Christophe Préault.

« Les résultats sont là, les acquis sont là »

Si à quelques mois de l’échéance électorale, la droite européenne tente d’envoyer des signaux à son électorat, il ne faut pas pour autant oublier ce qui a été accompli au cours des dernières années souligne Michel Derdevet, président de la maison de l’Europe de Paris et du think tank de Confrontations Europe. « La ligne d’Ursula Von Der Leyen -issue du PPE- est claire, elle a été extrêmement productive.  Beaucoup de textes ont été adoptés, rien qu’en 2023. On a eu à la fois le système de quotas d’émission qui a été adopté, le fonds social pour le climat qui a été adopté, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Les résultats sont là, les acquis sont là. »

Ce fin observateur des institutions européennes n’hésite pas à affirmer clairement, que cette Commission pourra afficher dans un an un bilan en matière d’ambition climatique à la hauteur des attentes de beaucoup d’Européens. »

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