Zones à faibles émissions : « Nous devons protéger la santé de nos concitoyens, en évitant les crispations », tente de rassurer Christophe Béchu

Interrogé par le sénateur Philippe Tabarot sur les 43 agglomérations qui doivent instaurer une interdiction des véhicules polluants en centre-ville d’ici à 2025, le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a souhaité apaiser les tensions. Le gouvernement suivra deux objectifs avec cette loi : « Protéger la santé de nos concitoyens » et rester à l’écoute des élus locaux.
Thomas Fraisse

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Êtes-vous prêt à réconcilier qualité de l’air et acceptabilité sociale ? ». Si le sénateur du groupe Les Républicains Philippe Tabarot interpelle le ministre de la Transition écologique, ce mercredi lors de la séance de questions d’actualités au gouvernement, c’est que quelques heures plus tôt il présentait son rapport sur la question. En raison d’un calendrier trop resserré d’interdictions des véhicules selon les vignettes Crit’Air, le sénateur évoque la possibilité que de nouvelles tensions sociales se cristallisent au sujet des ZFE-m.

Devant le Sénat, le ministre a éclairci la loi d’orientation des mobilités (LOM) et celle baptisée « Climat & Résilience », votées respectivement en 2019 et 2021. « Rien ne prévoit dans la loi pour le gouvernement d’aller un jour imaginer d’interdire les Crit’Air 2. Pour les Crit’Air 3, il n’y a que les agglomérations en dépassement de seuil qui seraient concernées. Elles sont du nombre de 5. La loi prévoit qu’une partie des 43 agglomérations concernées pourront bénéficier d’exonérations compte tenu de leur qualité de l’air », détaille le Ministre.

Au sujet des 86 % de Français défavorables à l’interdiction de la circulation des véhicules polluants en centre-ville, chiffres issus du rapport de Philippe Tabarot, le Ministre est formel. « Si nous avions posé la question aux Français : êtes-vous pour que l’on diminue les décès liés aux particules fines, au dioxyde d’azote et d’allonger la durée de vie ? 100 % des Français auraient dit oui ». Alors Christophe Béchu joue la carte de l’apaisement : « Notre vision elle est simple. Nous devons protéger la santé de nos concitoyens, faire en sorte d’avoir une réforme concrète qui assouplisse le système des ZFE en préservant l’essentiel mais en évitant les crispations générées par une application aveugle de la loi ».

Le gouvernement attend un autre rapport

Après avoir salué les conclusions du rapport de Philippe Tabarot, Christophe Béchu a admis attendre les conclusions d’une autre consultation, cette fois-ci commandée par le gouvernement. « Le Président Moudenc (Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse) et la vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg Anne-Marie Jean vont me remettre un rapport sur tout ce qu’il ne va pas, tout ce qu’il faut améliorer et la manière de rendre plus facile, plus acceptable et plus soutenable l’ensemble des dispositifs ».

Interrogé à ce sujet une heure plus tôt en conférence de presse au Sénat, le sénateur a évoqué le retard pris par Jean-Luc Moudenc et Anne-Marie Jean. « Leur rapport arrive un peu tard. J’ai l’impression que le gouvernement a gagné du temps. Lorsque l’on a lancé notre mission flash, les choses se sont accélérées », avance-t-il. « Je ne veux pas le tampon du Sénat, je veux que les choses avancent rapidement ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

PARIS: Amelie de Montchalin, Premiere Pdte de la Cour des Comptes presente le rapport sur la transition ecologique 2026
5min

Environnement

Transition écologique : la Cour des comptes appelle le gouvernement à définir des « trajectoires crédibles » de financement pour respecter ses objectifs

Dans un rapport publié ce mercredi 7 octobre, la Cour des comptes dresse un bilan très mitigé des efforts déployés par la France en matière de transition écologique. Pour les Sages de la rue Cambon, l’Etat ne se donne pas les moyens financiers d’atteindre la plupart des objectifs qu’il s’est fixés à échéance 2030. Or, renoncer à engager les investissements nécessaires risque d’engendrer d’importants coûts futurs en matière de réparation ou d'adaptation.

Le

Zones à faibles émissions : « Nous devons protéger la santé de nos concitoyens, en évitant les crispations », tente de rassurer Christophe Béchu
5min

Environnement

Eté le plus chaud de l’histoire en Europe : « on n’a pas eu de plan d’urgence de l’UE », regrette cette eurodéputée écologiste belge

Feux de forêts intenses, sécheresse record, canicule : l’Europe a été frappée de plein fouet cet été par les conséquences du réchauffement climatique. La présidente de la Commission européenne entend renforcer la résilience climatique de l’UE mais certains eurodéputés critiquent le détricotage du Pacte vert depuis deux ans. On en débat cette semaine dans l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le

Zones à faibles émissions : « Nous devons protéger la santé de nos concitoyens, en évitant les crispations », tente de rassurer Christophe Béchu
7min

Environnement

Environnement : « On est condamné à faire le deuil d’un climat qui ne reviendra pas », déclare Jean-Marc Jancovici

Cofondateur de Carbone 4 et président du Shift Project, Jean-Marc Jancovici était l’invité hier soir de HEC Débats, en partenariat avec Public Sénat. Episodes caniculaires et incendies de cet été, place de l’écologie dans la campagne présidentielle, sobriété et décarbonation : Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialisé sur les questions d’énergie et de climat, expose ses analyses et conclusions.

Le