Cette fois, ce devrait être la bonne. Plusieurs fois repoussée, la réforme constitutionnelle visant à permettre un statut d’autonomie de la Corse, devrait être examinée au Parlement après les élections municipales. Préparé depuis deux ans, le texte aurait d’abord dû être débattu au Sénat fin octobre, mais la crise politique a bousculé le calendrier. A l’automne 2024, le gouvernement évoquait même la convocation du Congrès « avant la fin de l’année 2025 ».
Invité de Public Sénat ce 30 janvier, Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de Corse, a assuré qu’il avait la « garantie du Premier ministre et du gouvernement » que le texte serait bien inscrit à l’ordre du jour du Sénat.
« Une carence dans la prise en compte du fait démocratique »
Dix ans après l’arrivée au pouvoir sur l’île des nationalistes, élus sur la promesse d’une autonomie pour la collectivité de Corse, Gilles Simeoni regrette que cet engagement ne soit toujours pas concrétisé à l’heure actuelle. « Je considère qu’il y a du côté de l’Etat, des gouvernements successifs, une carence dans la prise en compte du fait démocratique », a-t-il épinglé. A ses yeux, ce retard « a contribué à faire reculer l’espoir et à renforcer, y compris de façon artificielle, les logiques d’inquiétude et de difficultés » au niveau local.
Rappelant que ces évolutions institutionnelles disposent d’un large appui au niveau de l’Assemblée de Corse, lors de délibérations adoptées « à une très large majorité », Gilles Simeoni « reste persuadé » que les parlementaires iront dans le sens d’une autonomie de l’île, mais ils n’en a pas la garantie, la représentation nationale étant « souveraine » dans ses votes, a-t-il rappelé
« Confiance retrouvée »
« J’espère que la représentation nationale sera à l’écoute et ne manquera pas cette occasion d’ouvrir une perspective qui soit à la fois une perspective de dialogue, de confiance retrouvée, d’avancée institutionnelle dans le sens de l’autonomie », a-t-il expliqué. Selon lui, « les enjeux de l’heure, le combat historique qui a été mené en Corse, la réalité objective, y compris la nécessité de prendre en compte la dimension insulaire de la Corse, convergent pour faire que ce soit un rendez-vous réussi ».
Il a notamment rappelé que le projet prévoyait de maintenir les compétences régaliennes dans le giron de l’Etat, mais qu’en parallèle, l’île pourrait disposer progressivement d’une autonomie normative dans certains domaines, comme dans « des domaines extrêmement sensibles, les transports ou le développement économique ».
Ces derniers mois ont montré que le sujet était loin d’être évident, comme l’illustrent des divisions apparues au Sénat, ou encore des réserves du Conseil d’Etat, qui ont provoqué des frictions entre le gouvernement de François Bayrou et Gérard Larcher.