Congrès des régions : Carole Delga et Gérard Larcher réclament une vraie « liberté d’action » pour les collectivités

À l'occasion du congrès des régions de France, la présidente de la région Occitanie et le président du Sénat ont pris la parole pour dénoncer la verticalité de l’Etat. Ils réclament une meilleure mise en œuvre de la décentralisation, à travers, notamment, une refonte des systèmes de financement
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les lignes politiques ont semblé s’estomper ce vendredi lors du 19e congrès des Régions, à Saint-Malo. S’exprimant à tour de rôle devant la Première ministre Élisabeth Borne, Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie et Gérard Larcher, le président LR du Sénat, ont tous deux interpellé le gouvernement pour une décentralisation effective et une plus grande marge d’autonomie des collectivités.

« L’appel de Saint-Malo »

 

« Madame la Première ministre, je vous lance un défi, poussée par le souffle breton ! », a lancé Carole Delga, dans ce qu’elle a elle-même qualifié « d’appel de Saint-Malo ». « Et si vous nous faisiez confiance ? Et si nous formions un vrai tandem, Etat-régions, pour atteindre nos objectifs communs : la planification écologique ; la souveraineté de notre pays, industrielle, énergétique, alimentaire sanitaire ; la réduction des inégalités par un savoir accessible à tous et un travail de valeur ? ».

L’ancienne secrétaire d’Etat chargée du Commerce a fustigé la mainmise de l’Etat sur les politiques locales : « Rien ne nous est plus difficile que de constater que notre action est entravée, notre pouvoir d’agir restreint, les libertés locales sont souvent corsetées, paralysées ».

Une plus grande marge de manœuvre

Quelques minutes plus tard, Gérard Larcher lui a embrayé le pas, insistant pour sa part sur la nécessité de « redonner de la liberté d’action contre l’inflation normative qui nous assomme ». « Je suis convaincu que l’impulsion peut et doit venir des territoires, dans une logique ascendante, plutôt que dans une verticalité descendante, ce qui n’exclut pas le nécessaire dialogue entre l’Etat et les collectivités ».

Le sénateur, réélu dimanche dernier dans son fief des Yvelines, en a profité pour faire valoir les conclusions du groupe de travail sur la décentralisation mis en place par la Chambre haute, et qu’il a lui-même piloté, dans l’attente d’un nouveau texte sur la décentralisation, plusieurs fois annoncé par Emmanuel Macron. « Nous souhaitons aussi renforcer l’agilité locale à la main des élus locaux en facilitant les expérimentations locales et la différenciation territoriale », a-t-il expliqué.

Un système de financement caduc ?

Avant d’aborder le sujet hautement inflammable du financement des collectivités. « Nous proposons d’instaurer une véritable autonomie fiscale et financière des collectivités, avec un panier de recettes claires », a-t-il défendu, estimant que le budget 2024 continuait, sur ce point, « à maintenir sous perfusion un système à bout de souffle ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Grand débat, conventions, enquêtes : les préconisations de la Cour des comptes pour améliorer et clarifier les dispositifs de participation citoyenne
8min

Institutions

Grand débat, conventions, enquêtes : les préconisations de la Cour des comptes pour améliorer et clarifier les dispositifs de participation citoyenne

Dans un rapport sur les dispositifs de participation citoyenne à la décision publique, la Cour des comptes émet une série de pistes pour ancrer ces pratiques « plus durablement dans les pratiques et le fonctionnement de l’État ». Déplorant un « foisonnement de dispositifs », elle appelle notamment à exploiter le matériel du Grand débat national de 2019 ou encore à instituer un droit de suite pour les saisines au Cese.

Le

3min

Institutions

Elections sénatoriales : qui sont les grands électeurs ?

Quelque 162 000 électeurs seront appelés aux urnes pour les élections sénatoriales, le dimanche 27 septembre. Pourquoi un corps électoral aussi restreint ? Comment sont-ils désignés ? Explications.

Le

France EU Canada
5min

Institutions

Discours sur l’Etat de l’Union : ce qu'il faut retenir du discours d'Ursula von der Leyen 

Partenariat inédit avec le Canada, défense européenne, climat, interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, intelligence artificielle, relations commerciales avec la Chine… La présidente de la Commission européenne a multiplié les annonces dans son discours sur l’état de l’Union, devant les députés européens à Strasbourg. Voici les principales mesures et propositions à retenir.

Le

Brüssel, Belgien, 27.06.2025: Europa-Gebäude: Europäischer Rat: L-R: Donald Tusk, António Costa, Ursula von der Leyen in
5min

Institutions

Europe : tout comprendre au discours sur l’état de l’Union que va prononcer Ursula von der Leyen le 16 septembre prochain 

C’est le rendez-vous politique de la rentrée au niveau européen. Chaque année, le ou la présidente de la Commission européenne prononce un discours d’une heure environ devant le Parlement européen à Strasbourg. C’est le discours sur l’état de l’Union, ou SOTEU (son acronyme en anglais). Une heure pour faire le bilan de l’année précédente, égrener les priorités pour celle à venir et faire parfois des annonces surprises. Ursula von der Leyen prononcera mercredi 16 septembre le deuxième discours de son second mandat. Que faut-il en attendre ? Décryptage.

Le