Conseil constitutionnel : « Laurent Fabius faisait plus de politique que de droit », juge Sébastien Chenu

Sur le plateau de « Bonjour chez vous ! », le vice-Président du Rassemblement national et député du Nord Sébastien Chenu a réagi à la proposition du président de la République de nommer Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel pour remplacer Laurent Fabius. Si pour le parlementaire, ce dernier « faisait plus de politique que de droit », le camp de Marine Le Pen restera « très vigilant à la neutralité » des Sages.
Clarisse Guibert

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Lundi 10 février, Emmanuel Macron a proposé Richard Ferrand, ancien Président de l’Assemblée nationale, pour présider le Conseil constitutionnel. Il pourrait succéder à Laurent Fabius qui quittera ses fonctions au mois de mars, après un mandat non-renouvelable de neuf ans. Pour le député du Rassemblement national Sébastien Chenu, Fabius « faisait plus de politique que de droit ». Le parlementaire du Nord a notamment mentionné sur notre plateau, la décision rendue par le Conseil sur le projet de loi immigration, examiné au début de l’année 2024. En effet, les Sages avaient censuré une large partie des articles, les considérant comme des cavaliers législatifs.

Pour le Rassemblement national, « il y a toujours un risque » de politisation du Conseil constitutionnel. Mais à la question de savoir si ce risque grandirait avec Richard Ferrand, Sébastien Chenu préfère attendre de le voir en action. Mais le groupe restera « très vigilant à la neutralité » des membres du Conseil, pour veiller à ne pas « affaiblir l’institution ».

« En nommant des politiques » au Conseil constitutionnel, « ça affaiblit l’institution » considère Sébastien Chenu

En effet, le vice-Président du Rassemblement national préférait que « l’on nomme des gens très éloignés de la sphère partisane » pour privilégier des « professionnels du droit », ou des « personnes qui n’ont pas eu d’engagement politique ». Pour le député du Nord, désigner des responsables ou anciens responsables politiques au Conseil constitutionnel « affaiblit l’institution » et donne l’impression au « grand public » que l’on « nomme ses copains ».

L’ancien Président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand sera auditionné par les commissions des Lois des deux Chambres parlementaires, et Sébastien Chenu a réaffirmé que son groupe veillera particulièrement à « l’impartialité » du candidat d’Emmanuel Macron. De leurs côtés, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat Gérard Larcher ont respectivement proposé Laurence Vichnievsky et, le sénateur Philippe Bas, pour intégrer le Conseil constitutionnel.

Partager cet article

Dans la même thématique

Conseil constitutionnel : « Laurent Fabius faisait plus de politique que de droit », juge Sébastien Chenu
3min

Institutions

Europe : « Ursula von der Leyen porte une lourde responsabilité dans notre soumission aux Américains », estime Charles Michel

Invité de notre matinale, l’ancien président du Conseil européen a pointé la responsabilité d’Ursula von der Leyen dans l’affaiblissement diplomatique de l’Union européenne. D’après Charles Michel, la présidente de la Commission européenne a été trop « soumise » aux Etats-Unis et a freiné les initiatives des chefs d’Etat et du Conseil sur la construction d’une autonomie stratégique européenne.

Le

Conseil constitutionnel : « Laurent Fabius faisait plus de politique que de droit », juge Sébastien Chenu
5min

Institutions

Nouvelle-Calédonie : face aux inquiétudes sur la révision constitutionnelle, Naïma Moutchou appelle les élus « à donner sa chance à ce processus imparfait »

Interpellée par les élus socialistes sur la viabilité du projet de révision constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a tenté de rassurer ce mardi 17 février, lors d’une audition au Sénat. Elle espère notamment ramener les indépendantistes du FLNKS dans les discussions.

Le

Versailles: Congress at the Chateau de Versailles castle
6min

Institutions

Nouvelle-Calédonie : le gouvernement face à l’impasse du Congrès pour réformer la Constitution

Timidement soutenu par la droite et lâché par les socialistes, le gouvernement se retrouve face à l’impossibilité de réunir une majorité des 3/5è au Congrès initialement prévu pour avril afin d’intégrer les accords de Bougival à la Constitution. Alors que l’examen du texte débute en commission au Sénat cette semaine, la ministre Naïma Moutchou sera auditionnée par les sénateurs ce mardi soir.

Le

Violences aux femmes
3min

Institutions

Elections Municipales : ce qui va changer à Paris, Lyon et Marseille

En mars prochain, et pour la première fois, les habitant de Paris, Lyon et Marseille éliront directement les membres de leurs conseils municipaux respectifs. Un changement de taille pour ces trois villes, qui implique la mise en place d’un double, voire d’un triple scrutin dans le cas de Lyon. Explications.

Le

La sélection de la rédaction

Le sénateur Philippe Bas
6min

Institutions

Gérard Larcher propose Philippe Bas pour intégrer le Conseil constitutionnel

Gérard Larcher a choisi le sénateur LR Philippe Bas pour rejoindre le Conseil constitutionnel. Entré sur le tard en politique, cet ancien ministre chiraquien s’est fait connaître du grand public lorsqu’il a présidé la commission d’enquête sur l’affaire Benalla en 2018-2019.

Le

Paris: Passation pouvoir R. Ferrand et Y. Braun Pivet
8min

Politique

Conseil constitutionnel : pourquoi la probable nomination de Richard Ferrand fait polémique

On connaîtra lundi les noms des candidats du chef de l’Etat et des présidents de l’Assemblée et du Sénat pour le Conseil constitutionnel. Emmanuel Macron compte proposer à sa présidence un très proche, Richard Ferrand, au risque de susciter la polémique. Pour Gérard Larcher, la candidature du sénateur Philippe Bas « tient la rampe ».

Le