Elections Municipales : ce qui va changer à Paris, Lyon et Marseille

En mars prochain, et pour la première fois, les habitant de Paris, Lyon et Marseille éliront directement les membres de leurs conseils municipaux respectifs. Un changement de taille pour ces trois villes, qui implique la mise en place d’un double, voire d’un triple scrutin dans le cas de Lyon. Explications.
Romain David

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C’est la grande nouveauté des élections municipales de mars. Dans les trois plus grandes villes de France, Paris, Marseille et Lyon, les règles du scrutin changent. Pour la première fois, le maire de ces trois villes sera élu de la même manière que dans les 36 000 autres communes de France. Mais pour comprendre les enjeux derrière ce changement, un petit retour en arrière s’impose.

Depuis 1982 et jusqu’en 2020, les municipales à Paris, Marseille et Lyon étaient régies par un système dérogatoire. Les habitants de ces trois villes votaient pour une liste de conseillers dans leurs arrondissements de résidence. Les élus inscrits en tête des listes victorieuses étaient appelés à siéger au conseil municipal, dont les membres élisaient le maire de la ville lors de leur première réunion.

Deux bulletins, deux urnes

Désormais, c’est le principe « un électeur égale une voix » qui va prévaloir dans ces trois villes. Le même jour : Parisiens, Marseillais et Lyonnais devront voter deux fois, dans deux urnes distinctes. Un premier bulletin pour la liste d’arrondissement, et un second pour choisir directement les membres du conseil municipal, comme dans toutes les autres communes de France. Le conseil élu procédera ensuite à l’élection du maire.

Spécificité lyonnaise : un troisième scrutin sera organisé dans la capitale des Gaules, destiné à élire les conseillers de la métropole de Lyon.

Un renforcement des listes minoritaires

La loi « PLM », portée par le député Renaissance Sylvain Maillard, vise à uniformiser le mode de scrutin entre les communes. Mais elle a été copieusement critiquée par une large partie des oppositions de droite et de gauche, notamment au Sénat. En effet, certains élus estiment qu’elle risque d’amoindrir le rôle des arrondissements, dont les élus ne siégeront plus automatiquement au conseil municipal.

Surtout, l’une de ses dispositions a été pointée du doigt à plusieurs reprises lors des débats parlementaires : la réduction de la prime majoritaire accordée au gagnant. Aujourd’hui, dans chaque commune, la liste qui arrive en tête à l’issue du scrutin emporte une prime majoritaire équivalente à 50 % des sièges au conseil municipal. Les sièges restant sont ensuite répartis entre les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages.

Or, la réforme abaisse cette proportion à 25 % à Paris, Lyon et Marseille, ce qui renforcera mathématiquement les oppositions. Il s’agit d’améliorer la représentation des équilibres politiques au sein des conseils municipaux, ce qui explique que ce texte, au-delà des macronistes, ait reçu le soutien du Rassemblement national et de La France insoumise, deux formations qui peinent à s’implanter dans les villes concernées.

Mais d’aucuns redoutent que ce mécanisme ne favorise la fragmentation politique au sein des conseils municipaux, à l’image de ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale après les législatives anticipées. Ainsi, Paris, Lyon et Marseille, faute de majorités pléthoriques, pourraient devenir plus difficiles à gouverner.

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