Alors que les négociations entre l’Ukraine et la Russie se poursuivent à Genève, l’ancien président du Conseil européen, Charles Michel, déplore l’absence des Européens à la table des négociations à Genève. « J’espère qu’il y aura un accord de paix le plus rapidement possible. Je suis très dubitatif. J’ai le sentiment que les Américains ne sont pas loin de demander aux Ukrainiens de capituler. Il y a un vice fondamental dans ce processus, c’est l’absence des Européens, c’est une gifle qui leur est donnée, on parle de notre avenir », développe-t-il.
Absence des Européens à Genève : « C’est un échec pour l’Europe »
L’ancien dirigeant du Conseil européen – qui réunit les chefs d’Etat des Etats-membres – pointe la responsabilité de la Commission, et d’Ursula von der Leyen, dans cette situation : « C’est un échec pour l’Europe et les institutions européennes. La présidente de la Commission porte une très lourde responsabilité. Sa façon de se soumettre aux Américains nous amène à ne pas être respectés. Ces dernières années, le Conseil européen avec beaucoup de chefs d’Etat et de gouvernement, ont poussé pour avancer dans notre autonomie stratégique. Il y a quelques années, Ursula von der Leyen et d’autres accueillaient avec beaucoup de doutes cette exigence de souveraineté. Aujourd’hui il y a des conséquences. »
Charles Michel prend ainsi acte de « la distance » que prennent les Américains avec l’Europe et appelle les Européens à jouer le « rapport de force » : « Lorsqu’un ancien commissaire européen [Thierry Breton] est sanctionné de manière injuste et délirante, on devrait en réciprocité cibler des Américains. La liste de nos différences avec les USA s’allonge de jour en jour, avec ce retard cognitif de certains qui sont dans une forme de déni et attendent. »
L’ancien président du Conseil européen exprime ainsi un « désaccord profond » avec les propos du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte estimant que l’Europe ne pourrait pas assurer sa défense sans soutien américain : « Mark Rutte devrait défendre l’ensemble des pays de l’alliance. L’OTAN n’a pas vocation à devenir une centrale d’achat pour pousser les Européens à dépenser beaucoup dans la défense et acheter exclusivement du matériel américain. L’UE doit se faire davantage confiance. »