Fonds Marianne : « Comment, à partir d’un drame, finit-on sur les pieds nickelés et les barbouzes ? », tacle Rachid Temal

Invité de Parlement Hebdo, Rachid Temal est revenu sur les ultimes auditions de la commission d’enquête sur le Fonds Marianne. Le sénateur socialiste a estimé que Marlène Schiappa avait fait preuve de « légèreté », tandis que le témoignage de Mohamed Sifaoui met clairement en cause la gestion de ce fonds, d’après lui.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

2 min

Publié le

La semaine de travail de la commission d’enquête sur le Fonds Marianne a été rythmée par deux auditions cruciales dans le travail des sénateurs, avec, d’abord, celle de Marlène Schiappa, mercredi. Une audition « surprenante » pour Rachid Temal, où la ministre a fait preuve d’une « forme d’irresponsabilité » en se déchargeant sur son cabinet et son administration.

« Quand on est ministre, on a un cabinet, une administration, on doit être responsable. Les deux préfets qui ont été auditionnés ont été assez honnêtes, ont dit ce qu’ils avaient fait et le préfet Gravel a aussi dit qu’il y avait une forme de commande politique », détaille ainsi le sénateur socialiste.

D’après lui, la ministre « répondait par avance au Parquet National Financier (PNF) », ce qui expliquerait qu’elle ait préféré « passer pour quelqu’un d’assez léger » plutôt que « d’assumer sa responsabilité. » « C’était le crash en direct d’une ministre », conclut ainsi Rachid Temal.

« Mohamed Sifaoui a très clairement dit qu’il avait été approché par Marlène Schiappa et son cabinet »

Le deuxième temps fort de la semaine, c’était l’audition de Mohamed Sifaoui, jeudi. « Il a dit très clairement qu’il avait été approché par Marlène Schiappa et son cabinet pour rentrer dans l’appel à projets. On en revient à pourquoi ce fonds-là ? Vous avez en France des milliers d’associations qui bossent au quotidien sur des choses similaires. Pourquoi ne pas les aider ? On donne le sentiment à ces bénévoles qu’il y a du tripatouillage », a réagi Rachid Temal, « sur le fond », sans commenter l’attitude assez inédite de l’essayiste pour un témoin entendu par une commission d’enquête.

Rachid Temal insiste : « Les associations bossent sur le terrain, elles n’ont pas attendu le Fonds Marianne et Marlène Schiappa. Comment à partir d’un drame, finit-on sur les pieds nickelés et les barbouzes ? » Formulé autrement, c’est la question à laquelle devra répondre la commission d’enquête quand elle rendra son rapport en juillet prochain.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris: Sebastien Lecornu Cloture Congres des Maires 2025
7min

Institutions

Le « grand acte de décentralisation » promis par Lecornu réduit à un projet de loi sur le rôle des préfets ? « Le ballon se dégonfle tout doucement »

L’ambition d’un « grand acte de décentralisation » affiché par le Premier ministre semble s'effacer au profit d'un projet de loi assez technique. Ce texte, révélé par le média Contexte, renforce surtout l'autorité des préfets. Le sénateur LR Jean-François Husson, rapporteur général du Budget, déplore l’incapacité de l’Etat « à se départir d’une volonté de tout brider ».

Le

conseil des barreaux
7min

Institutions

Réforme de la justice criminelle et « plaider-coupable » : « Ce n’est pas ce que j’appelle une justice de qualité », réagit la présidente du Conseil national des barreaux

ENTRETIEN – Les avocats prévoient une mobilisation à Paris, le 13 avril prochain, pour le coup d’envoi de l’examen au Sénat de la réforme de la procédure pénale. Ce texte, qui élargit la reconnaissance préalable de culpabilité aux affaires criminelles, se heurte à l’hostilité de la profession. Explications avec Julie Couturier, la présidente du Conseil national des barreaux.

Le

Etienne Marcel
4min

Institutions

Municipales 2026 : savez-vous comment est née la fonction de maire ?

Le rôle et le mode d’élection du maire ont été définis par la loi du 5 avril 1884. Mais les origines de la fonction sont bien plus anciennes. En marge des municipales, retour sur l’histoire d’une figure locale, à laquelle les électeurs restent très attachés.

Le