PARIS: Illustration avec le buste de Marianne, symbole de la Republique Francaise

La délégation aux droits des femmes du Sénat récompense 4 personnalités et une association qui ont « éclairé » ses réflexions

Comme chaque année, la délégation sénatoriale a choisi de rendre hommage à un groupe de personnalités et associations engagées dans la défense des droits des femmes en leur remettant son traditionnel « Prix de la délégation aux droits des femmes du Sénat ». Cette fois-ci, le groupe, en charge de l’information sur la politique du gouvernement en termes de droits des femmes et du suivi de l’application des lois, a choisi de dresser un bilan triennal de son activité sur la période 2020-2023 en récompensant 5 lauréats, dont une association.
Ella Couet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le prix, créé en 2019 à l’occasion du vingtième anniversaire de la délégation, récompense habituellement des personnalités dont l’engagement a inspiré ou guidé le travail parlementaire au cours de l’année. Mais cette année, la délégation a décidé de revenir sur les trois dernières années de son activité. Pour Annick Billon, présidente de la délégation, ce prix est à la fois une manière de refléter « la diversité et la richesse des travaux et engagements de la délégation au cours des trois dernières années, que ce soit dans le domaine de la lutte contre les violences, celui de l’égalité économique et professionnelle, ou encore de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes sur l’ensemble de nos territoires », mais aussi de « saluer l’engagement de femmes et d’hommes pour faire avancer la cause des droits des femmes ». Instauré sous sa présidence, le prix tient particulièrement à cœur à la sénatrice, d’autant qu’il s’agit de sa dernière année à la tête de la délégation. Les lauréats de la promotion 2023 sont issus d’horizons très variés. Nous dressons pour vous leurs portraits.

La délégation a récompensé Christiane Lambert, première femme présidente de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), entre 2017 et 2023. La syndicaliste et éleveuse française, qui était encore récemment à la tête du syndicat majoritaire dans la profession agricole, avait participé aux échanges sur les agricultrices et la situation des femmes dans les territoires ruraux, thématique traitée à plusieurs reprises durant le triennat et qui avait donné lieu à la publication d’un rapport intitulé Femmes et ruralités : la parole aux élues de nos territoires. Un sujet central pour la directrice de la délégation, qui rappelle que « les sénateurs représentent les territoires ».

Valérie Bacot est l’auteure du livre Tout le monde savait, qui relate son expérience de victime de violences domestiques et sexuelles, à la suite desquelles elle a assassiné son mari. Annick Billon explique que derrière sa nomination se cache une volonté de souligner la « grande cause du quinquennat » d’Emmanuel Macron. « Les violences sexistes et intrafamiliales ne s’arrêtent pas », rappelle-t-elle. « C’est un sujet qu’il faudra continuer à porter ». L’autobiographie de Valérie Bacot avait été adaptée dans une pièce de théâtre du même nom, dans laquelle l’actrice Sylvie Testud jouait son rôle. Les membres de la délégation avaient assisté à une représentation de cette pièce en décembre. Les deux femmes ont été récompensées, afin de saluer la performance de Sylvie Testud qui avait profondément touché les sénateurs.

L’association Femmes ingénieures fait également partie des lauréats, représentée par sa présidente Aline Aubertin.  L’organisation, qui milite pour plus de mixité au sein des métiers d’ingénieurs, apparait comme une bouffée d’espoir dans ce palmarès. « On voulait aussi montrer que les femmes prennent de la place, qu’elles peuvent réussir et s’imposer dans les hautes sphères », commente la directrice de la délégation.

Enfin, le prix 2023 de la délégation aux droits des femmes a été attribué au magistrat et juge des enfants Edouard Durand, également co-président de la Ciivise (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants) et ancien co-président de la commission Violences du Haut Conseil à l’Egalité avec Ernestine Ronai. Il avait participé aux travaux du groupe sénatorial sur la lutte contre les violences intrafamiliales et la protection de l’enfance. Pour Annick Billon, il était « absolument nécessaire » de récompenser le magistrat, qui a apporté un soutien crucial à l’élaboration de deux propositions de lois adoptées durant sa présidence, dont celle sur le seuil de non-consentement des mineurs. Après deux ans et demi de travail et de navette parlementaire, elle avait été validée par le Conseil Constitutionnel en juillet 2021.

Les lauréats se verront remettre leurs prix mardi 19 septembre au Palais du Luxembourg. Quant à Annick Billon, elle quitte la présidence de la délégation et salue le travail important effectué au cours des six dernières années, notamment la proposition de loi sur la place des femmes dans la fonction publique, celle prévoyant l’instauration d‘un seuil de non-consentement pour les mineurs, et l’ensemble des travaux sur l’encadrement de l’industrie pornographique.

 

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris: Macron and Attal during a ceremony at the Mont-Valerien memorial
7min

Institutions

Défense et affaires étrangères : « Le Président de la République reste en situation dominante », selon des constitutionnalistes

Auditionnés au Sénat ce mercredi dans le cadre de la Commission des affaires étrangères, constitutionnalistes et hauts fonctionnaires ont été interrogés sur les relations entre les deux têtes de l’exécutif sur les questions de défense nationale et d’affaires étrangères, en particulier en temps de cohabitation. De manière unanime, ils estiment que le Président de la République garde toujours « le dernier mot » par rapport à son Premier ministre, même en cas de désaccord politique avec ce dernier.

Le

Visioconference ˆ l’Elysee
9min

Institutions

Législatives : Emmanuel Macron peut-il sécuriser les réformes déjà votées ?

De nombreux textes de loi adoptés par le Parlement n’ont pas encore été exécutés faute de décrets d’application. Le gouvernement pourrait accélérer sur leur publication au Journal officiel dans les prochains jours, afin de sécuriser certaines réformes clés en cas d’alternance. Car même si le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, a l’obligation d’exécuter les textes déjà votés, il dispose aussi d’une certaine marge de manœuvre sur leurs modalités d’application.

Le