Laurent Berger national secretary of the CFDT at the headquarters of the federation
Laurent Berger, general secretary of the CFDT in his office at the CFDT headquarters in Paris.//JDD_JDD034/Credit:ERIC DESSONS / JDD/SIPA/2303121131

Laurent Berger quitte ses fonctions à la CFDT : « Ce n’est ni un coup de tête, ni un choix dicté par l’actualité »

Caroline Deschamps

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Nouveau changement à la tête des syndicats. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a annoncé mercredi au bureau national de son organisation qu’il allait céder sa place le 21 juin prochain. C’est Marylise Léon, actuellement numéro 2 du syndicat, qui va lui succéder. Après Philippe Martinez, qui a été remplacé à la tête de la CGT par Sophie Binet, c’est donc à nouveau une femme qui prend la tête d’un grand syndicat français.

« Il est important que des femmes soient à la tête d’organisations syndicales »

Cette décision intervient alors que son mandat n’est pas arrivé à son terme. « J’avais dit, lors de notre congrès en juin 2022, à Lyon, que je m’en irai en cours de mandat. Il s’agit d’une décision mûrement réfléchie, arrêtée dès la fin 2021, après discussion avec mes collègues de la commission exécutive. Ce n’est ni un coup de tête, ni un choix dicté par l’actualité », assure Laurent Berger, dans un entretien donné au journal Le Monde, avant d’ajouter :

On est de passage et il vaut mieux transmettre le témoin quand on est bien lancés.

Cette décision s’est faite selon « un processus collectif, qui s’est passé de façon apaisée et sereine, très naturellement. Je crois qu’il est important que des femmes soient à la tête d’organisations syndicales », soutient celui qui est encore numéro 1 de la Confédération française démocratique du travail pour quelques semaines.

Est-ce le bon moment pour partir, alors que la gauche et les syndicats ne veulent toujours pas lâcher sur la réforme des retraites ? « Je pense que, le 21 juin, je laisserai une CFDT qui va bien. Elle compte 31 000 adhérents en plus depuis le début de l’année. Elle a créé plusieurs centaines de sections syndicales. Elle est la première organisation syndicale de ce pays. Elle est reconnue comme une organisation responsable, combative, constructive », répond Laurent Berger, qui souligne qu’il a « déjà repoussé d’un an, car c’était une période particulière ».

« Il aura été un partenaire sérieux, exigeant, parfois coriace », selon Olivier Véran

Interrogé lors du compte rendu du Conseil des ministres sur la décision du leader syndical, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a « salué évidemment l’action de la CFDT

« Il aura été un partenaire sérieux, exigeant, parfois coriace, nous l’avons vu. Et avec lequel nous avons pu obtenir des avancées importantes pour notre pays, en matière de droits sociaux ou d’évolution du travail. Le dernier accord sur le partage de la valeur en entreprise, qui fait que dès qu’une entreprise de plus de 10 salariés fait des bénéfices, les salariés en verront la couleur, nous le devons aussi à cette qualité du dialogue social », souligne Olivier Véran.
« C’est quelqu’un pour qui j’ai du respect, oserais-je dire de l’amitié », a affirmé de son côté Emmanuel Macron à la presse lors d’un déplacement en Alsace, soulignant avoir « toujours très bien travaillé avec lui ».

« Non, je ne serai pas candidat en 2027 »
Pour la suite, Laurent Berger ne compte pas, en tout état de cause, se lancer en politique, alors que certains semblaient y penser pour lui. « Non, je ne serai pas candidat en 2027 », assure-t-il au Monde.

« Certains, parmi les soutiens du chef de l’Etat, ont voulu accréditer cette idée pour me nuire et pour nuire à la CFDT. Il faut qu’ils se détendent, il n’y a pas de sujet », ajoute le leader de la CFDT, qui entend cependant participer, d’une manière ou d’une autre, au débat public : « Je ne m’engagerai pas en politique. Est-ce que je continuerai à faire de la politique, c’est-à-dire participer à la vie de la cité ? Oui. Si certains croient que je vais me taire, c’est une erreur ».

Partager cet article

Dans la même thématique

conseil des barreaux
7min

Institutions

Réforme de la justice criminelle et « plaider-coupable » : « Ce n’est pas ce que j’appelle une justice de qualité », réagit la présidente du Conseil national des barreaux

ENTRETIEN – Les avocats prévoient une mobilisation à Paris, le 13 avril prochain, pour le coup d’envoi de l’examen au Sénat de la réforme de la procédure pénale. Ce texte, qui élargit la reconnaissance préalable de culpabilité aux affaires criminelles, se heurte à l’hostilité de la profession. Explications avec Julie Couturier, la présidente du Conseil national des barreaux.

Le

Etienne Marcel
4min

Institutions

Municipales 2026 : savez-vous comment est née la fonction de maire ?

Le rôle et le mode d’élection du maire ont été définis par la loi du 5 avril 1884. Mais les origines de la fonction sont bien plus anciennes. En marge des municipales, retour sur l’histoire d’une figure locale, à laquelle les électeurs restent très attachés.

Le

Maire et echarpe tricolore
3min

Institutions

Elections municipales : au fait, à quoi ça sert un maire ?

Les 15 et 22 mars prochains, les maires seront élus ou réélus pour un mandat de six ans. Incarnation du pouvoir exécutif au sein des communes, les édiles pilotent les services municipaux mais ils sont également chargés de veiller au respect des lois de la République. Explications.

Le