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Législatives 2024 : vers un nombre record de procurations ?

Depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, les demandes de procuration ont explosé, indique le ministère de l’Intérieur. Des chiffres en forte hausse, alors que la participation aux élections ne cesse de baisser.
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Vers un emballement démocratique ? Malgré un taux de participation faible aux élections européennes dimanche dernier (51,49%), ces élections législatives inattendues pourraient susciter un véritable engouement.

Au lendemain de l’annonce de la dissolution de la chambre basse du Parlement, 63 143 procurations ont déjà été validées par le ministère de l’Intérieur. À 19 jours du premier tour, c’est plus du double du nombre de procurations enregistrées lors des élections législatives en 2022. Cette année-là, 26 533 procurations avaient été établies à moins de trois semaines du scrutin.

Un million de procurations en 2022

À la veille du premier tour, plus d’un million d’électeurs s’étaient finalement tourné vers cette option. 100 000 se sont rajoutés pour le second des élections législatives. Des chiffres qui pourraient être en forte hausse si la tendance persiste.

Mais le grand nombre de procurations ne garantit en rien le taux de participation. En 2022, celui-ci s’était révélé être très faible, le pire de la Ve République. 52,5% des Français avaient préféré s’abstenir pour le premier tour, 46,3% lors du second.

Sur son site, le ministère de l’Intérieur rappelle qu’« il n’y a pas de date limite pour l’établissement des procurations de vote. Les procurations peuvent être établies à tout moment », mais incite à « faire la procuration le plus tôt possible en raison des délais d’acheminement et de traitement » de celle-ci. 60 000 des 63 000 procurations ont été réalisées de façon dématérialisée, via les sites Ma Procuration et France identité.

« Tinder du vote »

Les initiatives se multiplient pour inciter à voter via le choix de la procuration pour ceux qui ne pourraient pas se rendre aux urnes les 30 juin et 7 juillet prochains. Ainsi, « Plan procu », qualifié de « Tinder du vote », se présente comme un « site de rencontres démocratiques ». Fondé par l’ONG A voté, dont le journal Libération a révélé l’existence de liens avec le parti présidentiel, même si elle se défend de toute proximité partisane, le site propose de mettre en relation une personne souhaitant faire une procuration et une autre certaine de se rendre dans le bureau de vote de son partenaire électoral. Saturé, le site est actuellement indisponible.

D’autres sites se construisent sur le même modèle, comme celui de l’ex « Primaire populaire » de 2022, rebaptisée en « Victoires populaires ». Des messages de « disponibilité » circulent également sur les réseaux sociaux, notamment sur X. Le plus fiable et certifié non-partisan demeure cependant la plateforme de procuration gouvernementale maprocuration.gouv.fr.

Émile Douysset

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