Nouvelle-Calédonie : « Il faut retirer le projet de loi constitutionnelle et ne pas convoquer le Congrès », appelle Jérôme Durain

Invité de l’émission Parlement Hebdo, le sénateur socialiste, vice-président de la commission des lois du Sénat, dénonce « l’entêtement » de l’exécutif sur le dossier du dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Il parle de « passage en force ».
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Nous sommes arrivés à une situation de guerre civile qui est extrêmement préoccupante ». Le sénateur Jérôme Durain (PS) a suivi avec effroi la flambée de violences en Nouvelle-Calédonie, en parallèle de l’adoption du projet de loi constitutionnelle pour élargir le corps électoral, à l’Assemblée nationale. « On ne sortira pas par l’imposition d’un texte voté à Paris de cette situation et c’est le dialogue seul qui permettra de revenir au calme », réagit le sénateur, invité ce 17 mai de l’émission Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP-AN.

Pour le parlementaire de la Saône-et-Loire, l’exécutif a commis une série d’impairs dans ce dossier hautement sensible. « On aurait dû d’abord tomber d’accord sur la méthode, et là, on a voulu passer en force, il y a eu une forme d’entêtement », considère le socialiste qui appelle avec ses collègues de sa famille politique « à retirer le texte » et « à ne pas convoquer le Congrès ».

« Il faut qu’on ait une autorité de la République, en son plus haut niveau qui reprenne le dialogue »

Autre problème : les acteurs calédoniens n’ont pas été suffisamment « considérés » à ses yeux. « Il faut que l’État, au sommet de sa hiérarchie, montre que ce sujet est prioritaire et qu’on a un dialogue qui vient du plus haut de la République. Ce n’est pas le sentiment que le gouvernement a renvoyé, c’est ce qui a provoqué l’embrasement […] Un responsable du gouvernement n’est même pas capable d’aller sur place, quel message on envoie », ajoute-t-il. Le sénateur fait ici référence à la visioconférence qu’Emmanuel Macron avait proposé aux élus calédoniens, et qui n’a pu se tenir. « Il faut qu’on ait une autorité de la République, en son plus haut niveau qui reprenne le dialogue, qui reprenne les choses en main. »

Aujourd’hui, Jérôme Durain dit faire « confiance » au groupe de contact sénatorial, ainsi qu’aux autres représentants parlementaires pour faire redescendre la température. À très court terme, l’enjeu est au retour à l’ordre public. Deux jours après l’instauration de l’état d’urgence dans l’archipel, le sénateur ignore s’il faudra soutenir une éventuelle prorogation de ce régime d’exception. Au-delà de douze jours, le Parlement devra être saisi. « On n’en est pas là, c’est une possibilité. On se posera la question en fonction de la situation sur le terrain. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Grand débat, conventions, enquêtes : les préconisations de la Cour des comptes pour améliorer et clarifier les dispositifs de participation citoyenne
8min

Institutions

Grand débat, conventions, enquêtes : les préconisations de la Cour des comptes pour améliorer et clarifier les dispositifs de participation citoyenne

Dans un rapport sur les dispositifs de participation citoyenne à la décision publique, la Cour des comptes émet une série de pistes pour ancrer ces pratiques « plus durablement dans les pratiques et le fonctionnement de l’État ». Déplorant un « foisonnement de dispositifs », elle appelle notamment à exploiter le matériel du Grand débat national de 2019 ou encore à instituer un droit de suite pour les saisines au Cese.

Le

3min

Institutions

Elections sénatoriales : qui sont les grands électeurs ?

Quelque 162 000 électeurs seront appelés aux urnes pour les élections sénatoriales, le dimanche 27 septembre. Pourquoi un corps électoral aussi restreint ? Comment sont-ils désignés ? Explications.

Le

France EU Canada
5min

Institutions

Discours sur l’Etat de l’Union : ce qu'il faut retenir du discours d'Ursula von der Leyen 

Partenariat inédit avec le Canada, défense européenne, climat, interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, intelligence artificielle, relations commerciales avec la Chine… La présidente de la Commission européenne a multiplié les annonces dans son discours sur l’état de l’Union, devant les députés européens à Strasbourg. Voici les principales mesures et propositions à retenir.

Le

Brüssel, Belgien, 27.06.2025: Europa-Gebäude: Europäischer Rat: L-R: Donald Tusk, António Costa, Ursula von der Leyen in
5min

Institutions

Europe : tout comprendre au discours sur l’état de l’Union que va prononcer Ursula von der Leyen le 16 septembre prochain 

C’est le rendez-vous politique de la rentrée au niveau européen. Chaque année, le ou la présidente de la Commission européenne prononce un discours d’une heure environ devant le Parlement européen à Strasbourg. C’est le discours sur l’état de l’Union, ou SOTEU (son acronyme en anglais). Une heure pour faire le bilan de l’année précédente, égrener les priorités pour celle à venir et faire parfois des annonces surprises. Ursula von der Leyen prononcera mercredi 16 septembre le deuxième discours de son second mandat. Que faut-il en attendre ? Décryptage.

Le