Recadrage des magistrats marseillais : « Le garde des Sceaux a vraiment commis une faute lourde », insiste Etienne Blanc (LR)

Le sénateur LR Etienne Blanc approuve le communiqué du Conseil supérieur de la magistrature ce 10 avril, publié en soutien à des déclarations de magistrats devant une commission sénatoriale. Le CSM a estimé que leur recadrage par le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, était « de nature à porter atteinte » à la séparation des pouvoirs.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sort du silence. Cette instance, chargée par le Conseil constitutionnel de garantir l’indépendance des magistrats de l’ordre judiciaire, est venue défendre ce 10 avril des magistrats pris à parti en mars par le ministre de la Justice. Dans le Figaro, des magistrats avaient confié s’être « pris une soufflante » par le garde des Sceaux en raison de leurs propos tenus devant la commission d’enquête sur le Narcotrafic au Sénat. Le 5 mars, la juge Isabelle Couderc avait notamment indiqué devant les sénateurs enquêtant sur l’impact du narcotrafic en France : « Je crains que nous soyons en train de perdre la guerre contre les trafiquants à Marseille ».

Pour le CSM, « reprocher des propos tenus dans ce cadre est de nature à porter atteinte tant à leur liberté d’expression qu’à la séparation des pouvoirs ». Une communication qu’est venu approuver le sénateur LR Etienne Blanc, rapporteur de la commission d’enquête.

« Deux points sur lesquels le garde des Sceaux est mis en difficulté »

Il considère que ce communiqué vient souligner que la sortie du ministre était « inappropriée ». « Les convoquer pour leur reprocher ces propos, c’est contraire à un principe qui est dans notre Code pénal : les témoins y sont libres et on ne peut pas les influencer », a rappelé le sénateur.

Et de rappeler : « Au titre de notre Constitution, le garde des Sceaux n’a aucune autorité sur les magistrats du siège parce que ce sont des magistrats indépendants. » Pour le parlementaire, « ce sont deux points sur lesquels le garde des Sceaux est mis en difficulté ».

Deux semaines avant, le sénateur avait vivement interpellé le garde des Sceaux lors des questions au gouvernement, en l’accusant de « subornation de témoin ». « Le fait d’influencer un témoin c’est un élément constitutif de l’infraction », maintient le sénateur LR. « J’ai estimé que le garde des Sceaux avait vraiment commis une faute lourde ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Etienne Marcel
4min

Institutions

Municipales 2026 : savez-vous comment est née la fonction de maire ?

Le rôle et le mode d’élection du maire ont été définis par la loi du 5 avril 1884. Mais les origines de la fonction sont bien plus anciennes. En marge des municipales, retour sur l’histoire d’une figure locale, à laquelle les électeurs restent très attachés.

Le

Maire et echarpe tricolore
3min

Institutions

Elections municipales : au fait, à quoi ça sert un maire ?

Les 15 et 22 mars prochains, les maires seront élus ou réélus pour un mandat de six ans. Incarnation du pouvoir exécutif au sein des communes, les édiles pilotent les services municipaux mais ils sont également chargés de veiller au respect des lois de la République. Explications.

Le

Recadrage des magistrats marseillais : « Le garde des Sceaux a vraiment commis une faute lourde », insiste Etienne Blanc (LR)
3min

Institutions

Europe : « Ursula von der Leyen porte une lourde responsabilité dans notre soumission aux Américains », estime Charles Michel

Invité de notre matinale, l’ancien président du Conseil européen a pointé la responsabilité d’Ursula von der Leyen dans l’affaiblissement diplomatique de l’Union européenne. D’après Charles Michel, la présidente de la Commission européenne a été trop « soumise » aux Etats-Unis et a freiné les initiatives des chefs d’Etat et du Conseil sur la construction d’une autonomie stratégique européenne.

Le

Recadrage des magistrats marseillais : « Le garde des Sceaux a vraiment commis une faute lourde », insiste Etienne Blanc (LR)
5min

Institutions

Nouvelle-Calédonie : face aux inquiétudes sur la révision constitutionnelle, Naïma Moutchou appelle les élus « à donner sa chance à ce processus imparfait »

Interpellée par les élus socialistes sur la viabilité du projet de révision constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a tenté de rassurer ce mardi 17 février, lors d’une audition au Sénat. Elle espère notamment ramener les indépendantistes du FLNKS dans les discussions.

Le