Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel : « Il y a un problème de légitimité et d’assise qui se pose à lui »

Le Parlement a approuvé à une voix près la nomination de Richard Ferrand en tant que président du Conseil constitutionnel. Pour la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie, ce score très serré montre que la candidature de ce proche d’Emmanuel Macron n’a pas su convaincre.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Une désignation sur le fil… La candidature de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel a été approuvée par le Parlement, ce mercredi 19 février, à une voix près. 39 parlementaires ont voté pour sa nomination et 58 contre (116 votants dont 97 suffrages exprimés). Si le seuil des 3/5e de votes négatifs, sur l’ensemble des suffrages exprimés, avait été franchi, sa candidature aurait été retoquée. Ce sont les membres des commissions des lois du Sénat et de l’Assemblée nationale qui étaient invités à s’exprimer par un vote à bulletin secret, juste après avoir auditionné le candidat proposé par le chef de l’Etat, conformément à la Constitution.

« Incontestablement, la candidature de Richard Ferrand n’a pas convaincu, que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Sénat », a réagi au micro de Public Sénat la sénatrice socialiste de Paris Marie-Pierre de la Gontrie, commissaire aux lois.

« Il y a un problème de légitimité et d’assise à la présidence du Conseil constitutionnel qui va se poser pour lui. À Emmanuel Macron de faire en sorte de régler ce problème », tacle la sénatrice, alors qu’il revient, désormais, au chef de l’Etat de signer le décret de nomination de Richard Ferrand. La désignation de l’ancien président de l’Assemblée nationale a soulevé d’importantes critiques au sein des oppositions, mais également chez les LR, pourtant soutiens du gouvernement, en raison de la proximité de l’intéressé avec Emmanuel Macron.

« Que Richard Ferrand soit désigné membre du Conseil constitutionnel, c’est une chose, mais pas comme président. Peut-être faut-il choisir parmi les membres actuels l’un d’entre eux », avance Marie-Pierre de la Gontrie. « Je ne prêche pas spécialement pour mon camp, parce que je ne sache pas qu’il y ait des socialistes encartés membres aujourd’hui du Conseil constitutionnel, mais on a un vrai problème », ajoute-t-elle.

Repenser le mode de nomination

Les écologistes du Sénat ont déjà annoncé leur intention de déposer une proposition de loi pour changer les règles de nomination des membres de cette institution chargée de vérifier la conformité des lois avec la Constitution.

« Il y a plusieurs questions qui se posent. Considérer comme normal que le président de la République désigne celui qui va présider la plus haute autorité juridique du pays, c’est un sujet. Considérer comme normal que ce soient des proches politiques et qu’il n’y ait pas de délai entre l’exercice d’une fonction et cette nomination est un sujet… », commente Marie-Pierre de la Gontrie. « Bref, il y a des choses à regarder. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Grand débat, conventions, enquêtes : les préconisations de la Cour des comptes pour améliorer et clarifier les dispositifs de participation citoyenne
8min

Institutions

Grand débat, conventions, enquêtes : les préconisations de la Cour des comptes pour améliorer et clarifier les dispositifs de participation citoyenne

Dans un rapport sur les dispositifs de participation citoyenne à la décision publique, la Cour des comptes émet une série de pistes pour ancrer ces pratiques « plus durablement dans les pratiques et le fonctionnement de l’État ». Déplorant un « foisonnement de dispositifs », elle appelle notamment à exploiter le matériel du Grand débat national de 2019 ou encore à instituer un droit de suite pour les saisines au Cese.

Le

3min

Institutions

Elections sénatoriales : qui sont les grands électeurs ?

Quelque 162 000 électeurs seront appelés aux urnes pour les élections sénatoriales, le dimanche 27 septembre. Pourquoi un corps électoral aussi restreint ? Comment sont-ils désignés ? Explications.

Le

France EU Canada
5min

Institutions

Discours sur l’Etat de l’Union : ce qu'il faut retenir du discours d'Ursula von der Leyen 

Partenariat inédit avec le Canada, défense européenne, climat, interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, intelligence artificielle, relations commerciales avec la Chine… La présidente de la Commission européenne a multiplié les annonces dans son discours sur l’état de l’Union, devant les députés européens à Strasbourg. Voici les principales mesures et propositions à retenir.

Le

Brüssel, Belgien, 27.06.2025: Europa-Gebäude: Europäischer Rat: L-R: Donald Tusk, António Costa, Ursula von der Leyen in
5min

Institutions

Europe : tout comprendre au discours sur l’état de l’Union que va prononcer Ursula von der Leyen le 16 septembre prochain 

C’est le rendez-vous politique de la rentrée au niveau européen. Chaque année, le ou la présidente de la Commission européenne prononce un discours d’une heure environ devant le Parlement européen à Strasbourg. C’est le discours sur l’état de l’Union, ou SOTEU (son acronyme en anglais). Une heure pour faire le bilan de l’année précédente, égrener les priorités pour celle à venir et faire parfois des annonces surprises. Ursula von der Leyen prononcera mercredi 16 septembre le deuxième discours de son second mandat. Que faut-il en attendre ? Décryptage.

Le