Arrestation des militants de la flottille pour Gaza : Sébastien Lecornu dénonce une « mise en scène complètement scandaleuse »

Interrogé au Sénat au sujet de la diffusion par le ministre israélien de la Sécurité nationale de la vidéo montrant les militants de la flottille pour Gaza agenouillés, menottés et la tête plaquée au sol, le Premier ministre a indiqué que la France devait convaincre l’Allemagne pour imposer des sanctions au niveau européen. S’agissant des Français concernés par ce traitement, Sébastien Lecornu a précisé qu’un « examen juridique » était en cours.
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« Il ne faut pas laisser croire que précisément nous n’avons rien fait. » Comme la veille à l’Assemblée nationale, à la suite d’une question de la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain, le Premier ministre a dû se défendre ce 27 mai au Sénat au sujet de la réaction de la France face au comportement du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Plusieurs de ces militants ont dénoncé des « violences », « attouchements » ou encore « humiliations » imposés par les forces israéliennes lors de leur détention.

Ce ministre a publié la semaine dernière sur ses réseaux sociaux une vidéo de militants de la flottille pour Gaza agenouillés et les mains liées, après leur interception en mer et leur placement en détention dans le sud d’Israël, des images qui ont suscité un tollé international. Ce mercredi, l’interpellation est venue du président du groupe écologiste au Sénat, Guillaume Gontard. Condamnant les actes du « gouvernement voyou » de Benyamin Netanyahou, le sénateur de l’Isère a demandé « quelle devrait être l’attitude de la France face à un ministre qui, si fier d’une telle barbarie, humilie encore ses militants devant les caméras ? »

Des sanctions, « efficaces que si elles sont prises à l’échelle de l’Union européenne »

« Le comportement de ce ministre israélien est un comportement qu’il faut politiquement condamner, moralement condamner, c’est entendu, mais ça ne suffit pas », a répondu Sébastien Lecornu, considérant que ce ministre d’extrême droite « récidiviste » était dans « l’incitation à la haine ». « Il y a des ressortissants français qui étaient concernés par cette mise en scène complètement scandaleuse et qu’il faut dénoncer », a-t-il ajouté.

Comme hier au palais Bourbon, le chef du gouvernement a indiqué qu’Itamar Ben Gvir serait interdit de territoire français. Le gouvernement souhaite par ailleurs le sanctionner. « Vous savez comme moi, président Gontard, qu’elles ne sont efficaces que si elles sont prises à l’échelle de l’Union européenne », a-t-il nuancé. Le soutien de l’Allemagne étant clé, le Premier ministre a précisé qu’il faudrait « convaincre les partenaires de la CDU de changer de position sur ce sujet ».

L’exécutif étudie par ailleurs une réaction d’ordre judiciaire. « Je souhaite à titre personnel, si les éléments sont constitués, que nous puissions saisir la justice française, parce qu’on parle de citoyens français, que nous croyons encore à l’État de droit, à la relation entre les États, à un fonctionnement normal – il faut bien le reconnaître – de notre diplomatie. »

Le Premier ministre a par ailleurs repris le sénateur écologiste, lorsqu’il a déclaré que l’exécutif aurait « dû décréter un embargo sur les armes ». « Il n’y a pas, et ça pour le coup je le répéterai à l’envi jusqu’à la fin, il n’y a pas de vente d’armes françaises à Israël […] Les seuls, et nous l’assumons, ce sont des composants pour les missiles de défense sol-air qui servent pour le dôme de fer israélien. Et pour quelles raisons ? Parce que le dôme de fer protège des populations civiles. »

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