A la suite de la diffusion d’images par le New York Times montrant un missile Tomahawk frappant les environs de l’école élémentaire Shajarah Tayyebeh en Iran, le Pentagone avait ouvert une enquête le 8 mars. Le rapport d’enquête préliminaire, révélé par le journal américain ce mercredi, pointe la responsabilité des Etats-Unis dans la frappe ayant détruit l’école, pourtant jusqu’ici niée par son président.
Une analyse sans appel malgré les dénégations de Donald Trump
Interrogé au sujet des images dévoilées par le New York Times le 8 mars dernier, Donald Trump avait nié la responsabilité américaine dans cette frappe : « Les Iraniens sont très inexacts, comme vous le savez, avec leurs munitions. Ils n’ont absolument aucune précision. C’est l’Iran qui l’a fait ». Le Pentagone avait ensuite annoncé ouvrir une enquête pour éclaircir les circonstances de la frappe. Donald Trump s’était alors déclaré prêt à accepter les résultats de l’enquête ouverte par le Pentagone.
Les Etats-Unis, unique belligérant engagé en Iran utilisant des missiles Tomahawk, n’auront donc pas pu nier longtemps leur responsabilité. Le New York Times fait pourtant état des « tentatives de Donald Trump [de nier] la responsabilité [des Etats-Unis] qui ont compliqué l’enquête ». Questionné ce mercredi par des journalistes, Donald Trump affirme toujours ne « pas [être] au courant » des conclusions de l’enquête.
Les autorités israéliennes n’ont pas encore commenté les conclusions préliminaires de l’enquête. Le porte-parole des forces armées israéliennes a cependant déclaré que Tsahal n’avait « aucun lien » avec cette frappe, tandis que l’armée a déclaré ne pas en avoir été « mise au courant ».
Une « erreur de ciblage » des services de renseignements américains
Le rapport du Pentagone pointe une erreur des services de renseignement dans la frappe sur l’école élémentaire. Ancienne aile d’une base navale iranienne, le bâtiment avait été reconverti en école pour jeunes filles en 2016. L’école se situait encore aux environs de la base navale iranienne, à laquelle elle avait appartenu, toujours en service au moment des frappes. L’enquête démontre que les services de renseignement de défense américains n’avaient pas connaissance de la réhabilitation du site en école élémentaire.
Jusqu’à présent le rapport préliminaire ne pointe pas les responsabilités en interne de cette erreur de ciblage et de renseignement entre les différents services opérationnels de la défense américaine. Le New York Times a pourtant affirmé avoir mené une analyse satellitaire du site, démontrant que le changement de nature du lieu était visible et aurait dû être connu par les Etats-Unis.
Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a déclaré souhaiter une enquête américaine « rapide » et réalisée « en toute transparence ». Selon les principes des Conventions de Genève (1949), les populations civiles doivent être protégées et ne doivent pas être visées délibérément dans le cadre d’un conflit armé. Une telle frappe contrevient donc aux principes fondamentaux du droit international, dont le président américain ne se soucie plus réellement ces derniers mois.