Donald Trump au Forum économique mondial à Davos, le 21 janvier 2026 - Evan Vucci/AP/SIPA

« Bout de banquise », OTAN, Macron « dur à cuire » : que retenir du discours de Trump à Davos ?

Depuis le Forum économique mondial de Davos, le président américain écarte un éventuel usage de la force pour prendre le contrôle du Groenland, tout en réclamant l’ouverture de nouvelles négociations. Donald Trump accuse aussi l’Europe et l’OTAN de ne pas être « reconnaissants » des États-Unis.
Aglaée Marchand

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Au lendemain d’une prise de parole ferme d’Emmanuel Macron mardi, c’était au tour de Donald Trump de s’exprimer depuis la tribune du Forum économique mondial ce mercredi. « Je suis venu ici avec des bonnes nouvelles », a assuré le président américain en préambule d’un discours de près de deux heures, décousu comme à son habitude. Après avoir loué sa première année de second mandat à la Maison Blanche, Donald Trump n’a pas hésité à pointer du doigt l’Europe, devenue « méconnaissable » et qui ne « va pas dans la bonne direction ».

Trump charge l’Europe

Il ne lui a fallu que quelques minutes pour attaquer le Vieux Continent. Le président américain a notamment déploré que « les capitales européennes » aient laissé faire « l’immigration illégale massive », conduisant au départ d’industries. Une situation par laquelle il a justifié la hausse des tarifs douaniers : « Maintenant, on baisse les taxes et on augmente les droits de douane contre les nations étrangères qui sont mauvaises pour nous », pour qu’elles paient pour « les dommages qu’elles ont créés ».

L’occasion de s’attaquer au « mensonge vert » de « la gauche radicale » européenne : « Il y a des éoliennes partout », a-t-il estimé, « et plus il y a d’éoliennes, plus un pays va mal ». Et d’ajouter : « C’est la Chine qui fait les éoliennes. Et pourtant il n’y a pas d’éoliennes en Chine. Ils sont vraiment très intelligents. Ils font des éoliennes, ils les vendent très cher à des gens stupides qui les achètent, mais, eux, ils ne les utilisent pas ».

Donald Trump n’a pas manqué de rappeler son attachement au pétrole, et de se féliciter de « l’aide » qu’apporteraient les États-Unis au Venezuela : « Une fois que notre attaque a été conclue, ils ont voulu faire un deal avec nous et c’est exactement un exemple que d’autres devraient suivre ». Les deux pays devraient se partager « 50 millions de barils », d’après le locataire de la Maison Blanche.

Seuls les États-Unis seraient « en mesure de protéger le Groenland »

Arguant qu’il ne voulait initialement « pas en parler » dans son discours, Donald Trump s’est finalement épanché sur le Groenland, sujet de toutes les crispations entre les États-Unis et l’Europe, face aux velléités de Washington de s’approprier le territoire. D’après lui, « tout allié de l’OTAN a l’obligation de défendre son territoire et aucune nation ou groupe de nations n’est en mesure de protéger le Groenland, à part les États-Unis ». « On a besoin du Groenland pour des questions stratégiques, de sécurité nationale et internationale », a-t-il déclaré, sollicitant « l’ouverture de négociations immédiates afin de discuter à nouveau de l’acquisition » de l’île.

« Je n’ai pas envie d’avoir recours à la force », a tout de fois précisé le locataire de la Maison Blanche. « Maintenant, tout le monde est soulagé. C’est probablement la plus grosse déclaration que je fais. Les gens pensaient que j’allais recourir à la force. Mais je n’en ai pas besoin. Je ne veux pas le faire », a-t-il poursuivi, « on veut un bout de banquise en échange de la paix mondiale ».

Alors que plusieurs pays européens ont envoyé du personnel militaire sur ce territoire, et qu’Emmanuel Macron a demandé ce matin « un exercice de l’OTAN », l’organisation transatlantique a, elle aussi, subi les critiques de Donald Trump. « On donne tellement et on obtient si peu en retour », s’est-il plaint, « les Américains sont traités de manière injuste par l’OTAN, pourtant aucun autre président américain n’a fait autant pour l’OTAN que moi ».

Bientôt une rencontre Trump-Zelensky

Le président américain s’est ensuite exprimé sur la guerre en Ukraine, un conflit qui « n’aurait jamais dû commencer », selon lui. Il y voit une conséquence de l’élection présidentielle de 2020, « truquée », martèle-t-il. S’il juge que c’est à l’OTAN et à l’Europe de « s’occuper de l’Ukraine », Donald Trump a néanmoins annoncé qu’il rencontrerait Volodymy Zelensky prochainement, sous entendant que ce dernier serait présent à Davos. Il a aussi assuré qu’un accord avec Vladimir Poutine serait « relativement proche ».

« Emmanuel Macron a essayé de faire le dur à cuire »

Celui qui a reçu quelques piques d’Emmanuel Macron mardi, n’a pas manqué d’ironiser sur la prise de parole du président français : « J’ai écouté son discours, avec de très belles lunettes de soleil, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Il a essayé de faire le dur à cuire », s’est-il amusé. Avant d’ajouter : « C’est dur à croire, mais je l’aime beaucoup Emmanuel Macron ».

Il est ensuite revenu sur ses multiples demandes à l’intention de la France, et des autres pays européens, d’augmenter les prix des médicaments, pour qu’ils puissent baisser pour les Américains. Il a notamment assuré avoir mis la pression sur le locataire de l’Élysée, le menaçant de nouveaux droits de douane de 25 % sur toutes les exportations françaises, et de 100 % sur les vins et champagnes. Ce que l’Élysée dément sur X.

Ottawa a aussi fait les frais de Donald Trump, territoire que le président américain souhaiterait voir devenir le 51e État américain : « Le Canada reçoit beaucoup de choses gratuitement de notre part, soit dit en passant. Il devrait aussi nous être reconnaissant, mais il ne l’est pas. J’ai regardé votre Premier ministre hier. Il n’était pas très reconnaissant. Les Canadiens devraient nous être reconnaissants ».

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