Bras de fer Trump-UE : « Le mot d’ordre, c’est résister ! », enjoint Cédric Perrin (LR)

Pour Cédric Perrin, le président (LR) de la commission sénatoriale des affaires étrangères, les tentatives d’apaisement resteront sans effet sur le président américain et ses velléités d’annexion du Groenland. Cet élu invite les Européens à faire front et à utiliser leur arsenal anti-coercition pour faire pression sur Washington.
Romain David

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Le bras de fer se durcit de jour en jour entre le président américain et les Européens, alors que Washington menace d’annexer le Groenland. Donald Trump a toutefois assuré ce mercredi, lors de son déplacement au sommet économique de Davos, qu’il n’aurait « pas besoin d’utiliser la force » pour amener ce vaste territoire danois sous pavillon américain. Il y a quelques jours, le milliardaire a notamment agité la menace de nouveaux droits de douane pour faire plier les Etats européens.

« Je crois que le mot d’ordre, c’est résister. On est dans une espèce de fuite en avant », commente auprès de Public Sénat Cédric Perrin, le président (LR) de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Pour cet élu, face à Donald Trump, la stratégie d’apaisement « n’a plus aucun sens ». « Je crois qu’il faut aujourd’hui être particulièrement ferme et c’est la seule chose que peut comprendre Donald Trump », explique-t-il. « À la tête des États-Unis, nous avons un président qui est en train de faire exploser le multilatéralisme, le droit international, qui est en train de faire basculer le monde dans une ère nouvelle à laquelle nous n’étions pas préparés. »

L’instrument anti-coercition

« Les États-Unis ont beaucoup à perdre », assure toutefois Cédric Perrin. « Je rappelle quand même que l’Union européenne est le premier marché de destination avec 450 millions d’habitants, et que si nous sommes capables d’être suffisamment unis pour démontrer une position claire, ferme et offensive vis-à-vis des États-Unis, alors nous pouvons exister et peser », explique-t-il.

De son côté, Emmanuel Macron a évoqué « l’activation de l’instrument anti-coercition » dont l’Union européenne s’est dotée en juin 2023, mais jamais utilisé jusqu’à présent. Pensé comme dissuasif, ce mécanisme aurait pour effet de limiter les importations américaines et de couper l’accès aux marchés publics européens. Selon Cédric Perrin, cet outil aurait aussi pour effet « d’alerter l’opinion publique et les entreprises américaines », susceptibles de faire plier Donald Trump de l’intérieur. Mais pour l’heure, la mise en œuvre d’une telle réponse ne fait pas l’unanimité.

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