« Ça a fini par Israël assassin » : Hervé Marseille soutient les interdictions de manifestations propalestiniennes

Dans Parlement Hebdo, le président du groupe Union centriste s’inquiète d’une « montée de la haine » en France. Le sénateur des Hauts-de-Seine dit soutenir le principe d’interdiction systématique des manifestations propalestiniennes.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Au lendemain de sa participation à la réunion des chefs de partis à l’Elysée, Hervé Marseille reste préoccupé par les multiples incidences des attaques qui ont endeuillé Israël, et les ripostes qui s’ensuivent. Alors qu’Emmanuel Macron a appelé les Français à rester « unis », le président du groupe Union centriste et patron de l’UDI redoute que le conflit ait des conséquences sur le plan sécuritaire en France, notamment pour les Français de confession juive. Depuis samedi dernier, plus d’une centaine d’actes antisémites ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. « Tout doit être fait pour éviter cette fracture supplémentaire au sein de notre pays. C’est vrai qu’il y a une montée de la haine, il suffit de regarder les réseaux sociaux », perçoit le sénateur des Hauts-de-Seine, invité ce vendredi de l’émission Parlement Hebdo, sur Public Sénat et LCP-AN.

C’est dans ce contexte tendu que plusieurs manifestations propalestiniennes ont été organisées en France, comme à Paris. Des cortèges que le sénateur voit d’un mauvais œil. « Il faut faire en sorte que le conflit ne s’importe pas chez nous », considère le sénateur, qui approuve les interdictions prononcées par le ministère de l’Intérieur. « Ça commence par un message de paix et ça finit par Israël assassin. À un moment donné, on ne peut pas justifier, par de soi-disant manifestations pacifiques, des actes de violence. C’est à la justice, le cas échéant, d’intervenir. »

Au Proche-Orient, les tensions sont loin de se retomber. L’armée israélienne a notamment demandé l’évacuation sous 24 heures de 1,1 million d’habitants du nord de la bande de Gaza. Selon Hervé Marseille, « chacun reconnaît à Israël le droit de se défendre », tout en précisant que c’est à l’État hébreu « de mesurer sa riposte ». Hervé Marseille pointe également la responsabilité du Hamas pour les victimes civiles palestiniennes. « On sait très bien que le Hamas se sert des habitants du Gaza comme boucliers humains. »

« Collectivement, nous avons été trop absents du dossier palestinien »

Sur cette question du sort des populations civiles, le président de groupe parlementaire plaide pour ne pas suspendre les aides au développement. Il appelle néanmoins à ce que les aides soient mieux contrôlées. À ce sujet, le patron de l’UDI regrette la « confusion dans la réaction de la communauté européenne ». Toujours sur le plan des financements qui ont pu bénéficier au Hamas, Hervé Marseille cible une fois encore la responsabilité de l’Iran et du Qatar, comme il l’avait fait deux jours plus tôt lors des questions au gouvernement. « Il faut mesurer leur implication, il ne suffit pas de dénoncer. Les Américains ont commencé à le faire, avec un certain nombre de preuves. Il faudra aller jusqu’au bout », prévient-il.

La « défaillance » diplomatique ne concerne pas seulement l’Europe, a-t-il poursuivi. « Collectivement, que ce soient les Américains, les gouvernements israéliens, nous-mêmes, nous nous avons été trop absents du dossier palestinien, en pensant qu’il ne se passait plus rien […] Il faut que la diplomatie agisse pour relancer le processus de paix. »

« LFI est sortie du champ républicain »

Au niveau du Sénat, des initiatives vont être prises rapidement. Le sénateur va porter avec la droite le projet d’une résolution appelant à poursuivre les combattants du Hamas sur une accusation de « crimes contre l’humanité ». « Je crois que c’est indispensable », a insisté le numéro deux de la majorité sénatoriale, lequel a bon espoir que l’initiative soit soutenue par « le plus grand nombre » de sénateurs.

Interrogé sur les réactions au sein du Parlement depuis plusieurs jours, le président de l’UDI a rappelé que les forces politiques étaient « unanimes », « y compris une grande partie des socialistes, des verts et des communistes ». Le centriste a une fois encore condamné le discours qu’ont choisi plusieurs responsables de la France insoumise. « Je pense que La France insoumise s’est disqualifiée et que LFI est sortie du champ républicain […] Ne pas reconnaître le caractère terroriste de ce que fait le Hamas, c’est aller contre une évidence que le monde entier reconnaît », s’est-il indigné.

Partager cet article

Dans la même thématique

US Hantavirus Ship
6min

International

Hantavirus : la gestion américaine du virus inquiète

Depuis la découverte d’un foyer d’infection à l’hantavirus, les Etats-Unis se distinguent des pays européens par leur prise en charge plus laxiste des patients. Le signe d’une fragilisation de leur principale autorité sanitaire, marquée par les départs et les coupes budgétaires depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Le

porte-avions
7min

International

Blocage du détroit d’Ormuz : pourquoi le porte-avions Charles de Gaulle se rapproche de l’Iran ?

Après avoir franchi le canal de Suez, le 6 mai dernier, pour rejoindre la mer Rouge, le porte-avions Charles de Gaulle va être déployé dans le golfe d’Aden. La France prépare, aux côtés notamment de la Grande-Bretagne, une mission « défensive » qui vise à assurer la circulation dans le détroit d’Ormuz, « après la sortie de la phase la plus chaude du conflit », avait précisé Emmanuel Macron. Mais Téhéran voit d’un mauvais œil l’initiative et menace d’une « réponse ferme et immédiate ».

Le

Congress Critical Minerals
5min

International

Trump en Chine : En déstabilisant l’ordre ancien, les États-Unis permettent à la Chine de se présenter comme la nouvelle force de stabilité

Le président Donald Trump entame ce mercredi une visite de deux jours en Chine dans un contexte international explosif (guerre au Moyen-Orient, tension sur les hydrocarbures, avenir de Taiwan). Pour Romuald Sciora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS, auteur de « America 250 » (Point Nemo), cette visite s’inscrit dans le cadre d’une bascule géopolitique historique.

Le

La sélection de la rédaction