Cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-Unis : « C’est une défaite des Etats-Unis », Donald Trump « a craqué dans le bras de fer », assène le général Vincent Desportes 

Invité de la matinale de Public Sénat, le général Vincent Desportes, est revenu sur la trêve conclue in extremis entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran. Ce dernier pointe la défaite américaine tout en rappelant que, pour Israël, la guerre, notamment au Liban, n’est pas finie.
Henri Clavier

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Donald Trump avait promis d’anéantir une civilisation entière, le président des Etats-Unis a finalement conclu un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz. Des pourparlers plus approfondis doivent désormais être engagés au Pakistan qui joue un rôle de médiateur dans le conflit. La question du nucléaire iranien devrait alors occuper une place centrale dans les négociations pour pérenniser la trêve. 

Donald Trump « pris en étau » 

« Donald Trump s’était mis dans un piège. Il l’a fait parce qu’il était pris en étau entre deux faits, la pression militaire ne fonctionnait pas et l’autre partie de l’étau c’est l’opinion publique », analyse le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’école de guerre. Très impopulaire dans l’opinion américaine, la guerre commencée le 28 février par Israël et les Etats-Unis aurait coûté, selon le Financial Times, entre 22 et 31 milliards de dollars aux Etats-Unis. Par ailleurs, cinq semaines après le lancement de l’opération, les Etats-Unis n’ont pas réussi à provoquer l’effondrement du régime ni à s’emparer du stock d’uranium enrichi détenu par l’Iran. « C’est une défaite des Etats-Unis, soyons clairs ! Il a craqué dans le bras de fer », commente Vincent Desportes. 

Au Liban, « on est dans une démarche qui est infinie » 

Malgré l’annonce du cessez-le-feu avec l’Iran, le premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahou a rapidement fait savoir que la guerre contre le Hezbollah n’était pas concernée par la trêve. Dans le sud du Liban, Tsahal devrait donc poursuivre son occupation. « On est dans une démarche qui est infinie », déplore Vincent Desportes qui note qu’il est possible de « mettre à mal le Hezbollah, mais de le détruire non ». Ce dernier se montre pessimiste sur la possibilité d’un apaisement rapide au Liban. « Qui peut agir sur Netanyahou ? Nous sommes en train de rentrer dans un monde totalement dérégulé ou la force prévaut sur le droit », prévient le général. 

« Tant que le régime tient, les Israéliens considèreront qu’ils sont toujours menacés » 

Dans ces circonstances, la trêve reste fragile même si le général Desportes considère « qu’on est sorti du gros » en ce qui concerne l’engagement des Etats-Unis. Une situation qui fait apparaître une divergence probable entre les Etats-Unis et Israël. « Pour eux cette guerre n’est pas terminée. Tant que le régime tient, les Israéliens considéreront qu’ils sont toujours menacés et continueront donc probablement », avance Vincent Desportes qui considère également que l’incapacité américaine à faire céder l’Iran devrait dissuader les Etats-Unis de reprendre les hostilités. « L’Iran reste un problème. Cette guerre a été faite en croyant que la force produisait un résultat politique. Mais la force en elle-même doit être transformée en résultat par de la stratégie », pointe le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre.

Alors que les Etats-Unis ont « perdu la face », le général Vincent Desportes considère que les Européens doivent désormais accélérer leur autonomie en matière de défense. Ce dernier impute d’ailleurs la libération des deux otages français, Jacques Paris et Cécile Kohler à la distance entre Paris et Washington concernant l’Iran. « Je pense que peut-être que l’Iran voulait nous dire qu’il avait bien compris notre position et ne nous mettait pas dans le même panier que les Etats-Unis », estime Vincent Desportes.

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