CETA : Franck Riester accuse la droite d’agiter « les peurs » à « des fins électoralistes »

Le ministre délégué au Commerce extérieur et à l'Attractivité continue de se mobiliser pour le Sénat accepte la ratification de l’accord commercial signé avec entre l’Union européenne et le Canada. L’opération est loin d’être gagnée.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Bruno Le Maire n’est pas le seul ministre à courir les plateaux de télévision. Franck Riester se démène aussi depuis le début de la semaine pour sauver le CETA, l’accord économique commercial global conclu entre le Canada et l’Union européenne, pour abaisser la plupart des droits de douane. Sur fond de crise agricole et à deux mois et demi des élections, le projet de loi ratifiant l’accord est clairement menacé de rejet au Sénat, demain, jeudi 21 mars. Inquiets d’un accord pouvant déstabiliser certaines filières agricoles, une majorité de sénateurs LR entend profiter de la démarche des communistes, qui ont mis ce texte à l’agenda de leur espace réservé.

Une union de circonstance que le ministre du Commerce extérieur, ancien LR, n’a pas manqué de dénoncer, à l’issue des questions au gouvernement ce 20 mars. « On ne comprendrait pas que la droite sénatoriale s’associe avec les communistes pour retoquer un bon accord commercial et économique, au détriment de ce qu’ils ont toujours défendu. Et on voit bien pourquoi. C’est à des fins électoralistes », a reproché Franck Riester.

« Je ne peux pas croire que la sagesse du Sénat ne l’emporte pas à la fin »

« Quand on voit qu’il y a une explosion des exportations de 33 % depuis 6 ans, quand on voit que nos excédents commerciaux en matière agricole et agroalimentaire ont triplé depuis 6 ans, au bénéfice de ce nos agriculteurs, quand on voit que les services sont en augmentation de 71 %, nous souhaitons que cet accord soit ratifié », a-t-il défendu. Ajoutant qu’un rejet du projet de loi serait « un mauvais coup fait aux agriculteurs qui bénéficient très largement de cet accord ».

« Il y a des mesures miroirs qui s’appliquent au bœuf canadien », a-t-il souligné, en réponse aux craintes d’importation de produits ne répondant pas à nos standards sanitaires. Franck Riester estime qu’il s’agit de « peurs agitées ». Les Républicains ne sont pas les seuls à avoir été interpellés. Les socialistes, deuxième groupe en poids au Sénat, aussi. « Je rappelle que cet accord a été négocié sous François Hollande », a souligné Franck Riester.

Interrogé sur les intentions du gouvernement si d’aventure le projet de loi n’était pas adopté, Franck Riester a évité de répondre, refusant d’envisager le scénario. « Je ne peux pas croire que la sagesse du Sénat ne l’emporte pas à la fin », a-t-il répondu.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

President Donald Trump Announces 2026 World Cup Draw
6min

International

L’accord Trump-Poutine sur le diesel russe « entérine le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis », affirme Romuald Sciora

Après l’accord signé samedi avec la Russie prévoyant l’importation de millions de tonnes de diesel russe, Donald Trump a appelé au départ de Volodymyr Zelensky de la présidence ukrainienne. Pour le chercheur Romuald Sciora, cet accord est davantage symbolique que stratégique. Il vise à nouer une alliance entre la Russie et les Etats-Unis.

Le

CETA : Franck Riester accuse la droite d’agiter « les peurs » à « des fins électoralistes »
6min

International

IA : « il y a un risque existentiel pour notre civilisation et notre démocratie », s’inquiète l'eurodéputé écologiste David Cormand

Comment garder le contrôle sur le développement de l’intelligence artificielle alors que les dérives liées à ces usages se multiplient et que la puissance des géants américains et chinois du numérique ne cesse d’augmenter face aux Etats ? L’Europe a-t-elle eu raison avant les autres en encadrant ses usages ? A-t-elle au contraire fait preuve de trop de prudence en se dotant d’un IA Act ? C’est le débat de la semaine dans l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le

Présidentielle au Brésil
6min

International

« Une victoire de Flavio Bolsonaro à la présidentielle au Brésil marquerait un tournant historique vers un régime autoritaire et illibéral » selon l’historienne Armelle Enders

Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien chef d’Etat brésilien d’extrême droite, a créé la surprise dimanche en arrivant en tête au premier tour de la présidentielle au Brésil. Il affrontera le président Lula au second tour dans trois semaines, lors d’un scrutin qui pourrait être un tournant historique pour le pays en cas de retour du bolsonarisme au pouvoir, selon l’historienne spécialiste du Brésil Armelle Enders.

Le

CETA : Franck Riester accuse la droite d’agiter « les peurs » à « des fins électoralistes »
5min

International

Carburants : Comment la Bulgarie réussit à maintenir le litre d’essence à 1,66 euro

Les prix du carburant n’ont jamais été aussi élevés en Europe et continuent de flamber à cause des tensions dans le détroit d’Ormuz. Chaque Etat-membre met en place ses mesures d’aide à la population et à l’économie, mais quelle doit être la stratégie de l’Union européenne pour calmer cette crise ? On en débat cette semaine dans Ici l’Europe, émission diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le