Conflit israélo-palestinien : « Aujourd’hui, l’histoire de la Palestine est celle d’une tragédie au sens antique du terme », analyse Henri Guaino

Pour l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, invité de Public Sénat, Israël se trouve face à un « dilemme tragique » depuis l’attaque du 7 octobre. Il pointe notamment les conséquences humanitaires et internationales qu’aurait une invasion de la bande de Gaza par les forces militaires.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

L’armée israélienne a annoncé vendredi avoir mené une nouvelle incursion à l’intérieur de la bande de Gaza. Près de trois semaines après l’attaque surprise du Hamas, qui a fait au moins 1 400 morts selon les autorités israéliennes, les bombardements sur le nord de l’enclave se poursuivent dans l’attente d’une éventuelle action terrestre d’envergure. Engager une offensive terrestre « massive » dans la bande de Gaza serait une « erreur », a mis en garde Emmanuel Macron jeudi soir, en marge de son déplacement au Caire.

« Une incursion dans la bande de Gaza aura des conséquences qui sont, à l’heure actuelle, imprévisibles », estime pour sa part Henri Guaino. « Israël se trouve face à un dilemme tragique. Il est tout à fait compréhensible qu’il y ait désormais cette volonté d’éradiquer le Hamas », souligne l’ancien conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, invité de l’émission « Extra local » sur Public Sénat.

Israël et Palestine, « deux légitimités qui s’opposent »

« Le Hamas a attiré les Israéliens dans le piège qu’il avait tendu. Faut-il y aller et tuer 500 000 ou un million de civils palestiniens pour exterminer le Hamas ? », interroge encore cet ancien député, qui avait été critiqué en 2012 pour avoir qualifié la bande de Gaza de « prison à ciel ouvert ».

« Aujourd’hui, l’histoire de la Palestine est celle d’une tragédie au sens antique du terme, il y a deux légitimités qui s’opposent », analyse Henri Guaino pour qui « il n’y a pas d’autre option, pas d’autre choix » qu’une solution à deux Etats, même si celle-ci apparaît de plus en plus difficile à mettre en place.

Le 7 octobre, « il y avait une volonté exterminatrice »

« Il faut séparer ce qu’a fait le Hamas de la question du conflit israélo-palestinien », estime encore Henri Guaino. À ses yeux, l’attaque du 7 octobre « n’est ni un acte de résistance, ni même un acte de terrorisme ». « Pour moi, le terme qui s’en rapproche le plus, c’est celui pogrom. Il y avait une volonté exterminatrice », pointe-t-il. « Pour les Israéliens, qui pensaient qu’un pogrom de ce genre n’était plus possible, c’est 2 000 ans de persécution qui se réveillent. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Explosions in Tehran March 8
10min

International

Frappes en Iran : «  Les différentes lignes du régime sont aujourd'hui en train d'entrer en collision »

Ce mercredi, les Etats-Unis ont achevé une quatrième vague de bombardements visant les côtes iraniennes, alors que le régime islamique a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz en promettant qu’il resterait fermé jusqu’à la fin des « agressions américaines ». Pour David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS), chercheur associé à l'EISMENA et rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques, Washington mise désormais sur un effondrement du régime depuis l’intérieur.

Le

BELGIUM-EU-FRANCE-UKRAINE-RUSSIA-DIPLOMACY-SUMMIT
8min

International

« L’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne n’avancera que si l’agriculture est une priorité des négociations » 

L’Union européenne a ouvert mardi un deuxième volet dans les négociations d’adhésion de l’Ukraine. Si ce processus se déroule de manière accélérée, de nombreux sujets bloquants doivent être discutés entre Kiev et les 27, comme la question de la puissance agricole ukrainienne qui pourrait déstabiliser le marché européen.

Le

Conflit israélo-palestinien : « Aujourd’hui, l’histoire de la Palestine est celle d’une tragédie au sens antique du terme », analyse Henri Guaino
3min

International

« Quand nous nous battons contre l’immigration irrégulière, nous défendons les droits de l’Homme », estime Antonio Tajani

D’ici quelques mois, l’Europe va connaître une séquence déterminante. Deux de ses membres fondateurs, la France et l’Italie, organiseront des élections pour choisir leurs exécutifs. Si, en France, le président cédera sa place, la cheffe du gouvernement italien Georgia Meloni entend bien briguer un second mandat en 2027. Élection, réforme de la justice rejetée, immigration, le vice-président du Conseil des ministres italien, Antonio Tajani, répond aux questions de Caroline de Camaret dans l’émission Ici l’Europe.

Le