Droits de douane : « Si l’escalade doit avoir lieu, elle aura lieu », prévient Roland Lescure

Lors des questions au gouvernement au Sénat, ce 21 janvier, le ministre de l’Économie et des Finances s'est dit favorable à une réplique de la France et de l'Union européenne, si les États-Unis mettaient à exécution leur menace de nouvelles surtaxes douanières.
Guillaume Jacquot

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Comment tenir tête à Donald Trump ? Dans le prolongement du débat sur la situation internationale qui s’est tenu lundi soir au Sénat, où plusieurs sénateurs ont émis le souhait d’une réponse ferme, Ronan Le Gleut (LR) a déploré ce 21 janvier les tergiversations des Européens face à Washington. Il a interpellé le ministre de l’Économie, lors de la séance des questions au gouvernement. Selon le sénateur représentant les Français hors de France, notre pays une « responsabilité » dans le rapport de force instauré par la Maison Blanche, qui menace ses alliés européens de surtaxes douanières si elle n’obtient pas le contrôle du Groenland.

Réclamant une « posture claire, lisible, dissuasive », le parlementaire a estimé que la « faiblesse n’apaise rien », mais « appelle au contraire l’escalade ». Selon lui, la suspension par le parlement européen du processus de ratification de l’accord commercial avec les États-Unis « doit être amplifiée ».

« On n’est jamais trop pour les tarifs commerciaux, mais là c’est en plus au service d’une cause géopolitique, d’une attaque géopolitique, qui est en plus destinée à un de nos alliés. Et donc nous devons réagir de manière ferme », a appuyé en réponse le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure. « Quand quelqu’un négocie avec un pistolet sur la table, montrer que nous aussi nous sommes armés et les armes, vous l’avez dit, elles existent. »

« En attendant, faisons tout pour que, j’allais dire, la pression retombe »

Après avoir fait preuve de fermeté, l’objectif « ça doit être aussi la désescalade », a ensuite enchaîné le ministre. Mais cette phase « n’est pas encore à l’ordre du jour », a-t-il constaté, alors que le président américain s’exprimait en parallèle depuis le Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

« Malheureusement, si l’escalade doit avoir lieu, elle aura lieu. Mais en attendant, faisons tout pour que, j’allais dire, la pression retombe et qu’on montre avec force que l’intégrité territoriale de l’Europe, elle ne se négocie pas », a-t-il poursuivi. Pour le moment, la Commission européenne privilégie toujours la négociation.

En juillet, l’Union européenne avait répliqué temporairement avec des tarifs douaniers en rétorsion de celles introduites par les États-Unis, avant de les suspendre pendant six mois. Ces tarifs « pourraient être remis en place dès le mois de février », avertit le ministre, qui a l’intention de s’entretenir avec ses homologues la semaine prochaine.

« L’Europe ne peut pas être forte dans ses discours et fragile dans ses réponses. On ne dissuade pas avec des intentions mais avec de la crédibilité », a conclu le sénateur Ronan Le Gleut, lors de sa réplique.

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