Election de Donald Trump : « Personne ne pourra dire que nous n’avions pas été prévenus », réagit le sénateur Cédric Perrin

Invité au micro de Public Sénat à réagir à la victoire de Donald Trump, Cédric Perrin, président (LR) de la commission sénatoriale des affaires étrangères, estime qu’il faut se montrer prudent vis-à-vis des annonces, parfois fracassantes, faites par le Républicain pendant la campagne électorale sur les questions de politique internationale.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’élection de Donald Trump, mardi 5 novembre pour un second mandat, n’est pas seulement un séisme politique aux Etats-Unis, elle est aussi une onde de choc pour une large partie de la communauté internationale, tant le Républicain a pu se montrer imprévisible sur les questions géopolitiques lors de son premier mandat. Les positions défendues par le milliardaire ; sa propension au protectionnisme, sa volonté de désengager les Etats-Unis de l’ONU et ses critiques sur le soutien à l’Ukraine pourraient notamment avoir de lourdes répercussions sur l’Union européenne.

« Je ne sais pas si c’est de mauvais augure. En tout cas, par rapport à 2016, personne ne pourra dire que nous n’avions pas été prévenus. Je crois que cette élection n’est pas une surprise. Nous espérions pour certains d’entre nous qu’elle n’arrive pas, mais elle est là et aujourd’hui, il va falloir faire avec », a réagi au micro de Public Sénat, le sénateur LR du Territoire de Belfort Cédric Perrin, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

« C’est une nouvelle qui évidemment n’est pas forcément réjouissante compte tenu des propos qu’a tenus le président Trump vis-à-vis de l’Union européenne et de l’isolationnisme », poursuit l’élu. « Mais en même temps, la position des Etats-Unis et son pivot vers l’Est, vers l’Asie, vers le Pacifique, ne sont pas nouveaux. Cela a commencé sous Obama, s’est amplifié par la suite et a été plus violent sous Trump entre 2016 et 2020. »

Sur l’Ukraine, « il faut se méfier des effets d’annonce »

Pendant la campagne présidentielle, le milliardaire s’est vanté de pouvoir régler rapidement le conflit ukrainien, en moins de 24 heures en négociant avec Vladimir Poutine. De quoi laisser craindre de très lourdes contreparties pour Kiev. « Nous verrons quelles seront les propositions que fera le président Trump pour essayer de régler ce problème. La question, c’est qu’évidemment il faudra arriver vers une paix en Ukraine. C’est une évidence. Tant qu’à faire, si on peut avoir une paix qui soit une paix équilibrée, en tout cas entre la Russie et l’Ukraine, ce serait mieux que de négocier une paix avec le pistolet sur la tempe comme pourraient le faire les Ukrainiens en ce moment », relève Cédric Perrin.

« Il faut se méfier aussi des effets d’annonce », pointe le parlementaire. « On était dans une campagne électorale qui a duré plusieurs mois, qui a été particulièrement violente aux Etats-Unis, d’une violence qu’on ne pouvait pas imaginer. J’attends que tout cela redescende un peu, pour voir quelles vont être les options qui seront prises, quelles seront les propositions qui seront faites. »

« Le soutien inconditionnel de Donald Trump à Israël est un sujet d’inquiétude »

L’élection de Donald Trump pourrait également avoir des conséquences sur la situation au Moyen Orient. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, n’a pas caché qu’il souhaitait voir le milliardaire accéder à la Maison Blanche en raison du soutien affiché à l’Etat hébreu. « Il y a plusieurs théories sur le sujet. Le soutien inconditionnel de Donald Trump à Israël est évidemment un sujet d’inquiétude parce que cela veut dire qu’il peut laisser aux Israéliens les mains libres pour continuer à agir comme ils le font aujourd’hui à Gaza et au Liban, alors que nous sommes tous ici assez clairs sur l’idée qu’il faut arriver à une trêve et à une paix », explique Cédric Perrin.

« La deuxième théorie, c’est que Trump est affairiste. Etant un homme d’affaires, il a peut-être intérêt aussi à ce que la paix règne dans ce secteur du monde et que les affaires puissent se faire, et donc inciter Netanyahou à lever le pied », avance Cédric Perrin.

Partager cet article

Dans la même thématique

President Trump Hosts Team USA Olympians at White House
4min

International

États-Unis : « Cette guerre en Iran sera le moment où les historiens dateront la fin de l'ère américaine »

Alors qu'Israël a modifié unilatéralement le plan de paix pour Gaza et que l’accord sur le détroit Ormuz n'a pas impliqué les États-Unis, la question de l’influence réelle de Donald Trump sur la situation au Moyen-Orient revient avec insistance. Décryptage de ce recul de l’influence américaine avec Romuald Sciora, chercheur associé et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS.

Le

The party officially nominates Flavio Bolsonaro as its candidate for president of the republic in the 2026 elections.
10min

International

Élection présidentielle au Brésil : « Flávio Bolsonaro reste, à mon sens, un candidat relativement faible » 

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil se tiendra le 4 octobre, un duel entre le président sortant, Lula, et Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, se dessine. Entre le camp progressiste et une extrême-droite décomplexée, le duel s’annonce disputé et le résultat pourrait être contesté. Décryptage des enjeux de la campagne et du scrutin avec Thomas Zicman de Barros, chercheur associé au CEVIPOF et spécialiste du Brésil.

Le

Trump
5min

International

Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure que les négociations reprennent, l’Iran dément

Le président des Etats-Unis a assuré que des négociations étaient en cours avec l’Iran. Une information démentie par la République islamique. Malgré cela, le prix du baril de pétrole a reculé après ces annonces.Pour Donald Trump, l’obtention d’un succès diplomatique pourrait s’avérer cruciale dans la perspective des élections de mi-mandat.

Le