Emmanuel Macron doit-il se rendre en Israël ? « C’est maintenant qu’il faut y aller ! », martèle Roger Karoutchi

Interrogé par Public Sénat, le sénateur Roger Karoutchi appelle Emmanuel Macron à imiter certains de ses homologues européens et à se rendre au plus vite en Israël pour « faire pression sur tous les acteurs » du conflit. Il regrette par ailleurs que l’exécutif n’ait pas souhaité reprendre à son compte la proposition de résolution sur Israël portée par plusieurs présidents de groupes au Sénat.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Aucun déplacement en Israël n’est prévu à l’agenda présidentiel. Du moins pas encore. En marge de sa visite officielle en Albanie, le 17 octobre, Emmanuel Macron a indiqué qu’il pourrait se rendre « prochainement » au Proche-Orient. Une question de jours ou de semaines, a ajouté le chef de l’Etat. En parallèle, les visite de dirigeants occidentaux en soutien à l’Etat hébreu se multiplient. Après le chancelier allemand Olaf Scholz et le président américain Joe Biden, c’est au tour du Premier ministre britannique Rishi Sunak d’être à Tel-Aviv, ce jeudi 19 octobre.

« On a encore et toujours le sentiment que la France est à la traine », soupire le sénateur LR Roger Karoutchi au micro de Public Sénat. « On ne lui demande pas au président de la République d’aller uniquement en Israël et de donner le sentiment qu’il s’aligne, il peut très bien aller à la fois en Israël et en Jordanie, en Israël et en Egypte », pointe l’élu des Hauts-de-Seine.

« Il attend que les choses se clarifient »

La ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, s’est rendue dimanche à Tel-Aviv. Elle a profité de ce déplacement « puis pour témoigner de la totale solidarité de la France avec Israël et le peuple israélien ».

« À ma connaissance, Emmanuel Macron ne souhaite pas y aller dans l’immédiat », commente Roger Karoutchi. « Il attend de savoir ce qu’il se passe à Gaza, que les choses se clarifient avant de prendre une décision. C’est dommage, parce que c’est maintenant qu’il faut y aller, c’est maintenant qu’il faut faire pression sur tous les acteurs pour que les choses se calment, ce n’est pas après ! », martèle ce membre de la commission sénatoriales des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

L’exécutif prend ses distances avec la proposition de résolution des LR

Un double débat sur la situation au Proche-Orient se tiendra au Parlement français la semaine prochaine : le lundi 23 octobre à l’Assemblée nationale et le lendemain, mardi 24 octobre, au Sénat. « Je suis extrêmement déçu. Il y avait une proposition de résolution signée par quatre des présidents de groupe du Sénat, proposée par les LR. Elle aurait donné lieu à un débat et à un vote », tempête Roger Karoutchi.

Ce texte, proposé par Bruno Retailleau, le chef de file des sénateurs LR, n’a pas été inscrit à l’ordre du jour par le gouvernement qui, en ce moment, a la main sur le calendrier parlementaire. « En attendant, on nous propose un débat sans vote… », s’agace Roger Karoutchi.

La proposition de résolution emploie notamment le terme de « crimes contre l’humanité » pour qualifier l’attaque surprise conduite par le Hamas le 7 octobre, une formulation que l’exécutif, pour l’heure, n’a pas encore voulu utiliser. La résolution invitait également le gouvernement « à faire preuve de la plus grande rigueur » quant au contrôle des aides financières envoyées aux territoires palestiniens, alors que certains responsables politiques appellent à leur suspension immédiate. « Je considère qu’elle était consensuelle et qu’elle aurait eu une très large majorité au Sénat », regrette Roger Karoutchi.

Partager cet article

Dans la même thématique

President Trump Hosts Team USA Olympians at White House
4min

International

États-Unis : « Cette guerre en Iran sera le moment où les historiens dateront la fin de l'ère américaine »

Alors qu'Israël a modifié unilatéralement le plan de paix pour Gaza et que l’accord sur le détroit Ormuz n'a pas impliqué les États-Unis, la question de l’influence réelle de Donald Trump sur la situation au Moyen-Orient revient avec insistance. Décryptage de ce recul de l’influence américaine avec Romuald Sciora, chercheur associé et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS.

Le

The party officially nominates Flavio Bolsonaro as its candidate for president of the republic in the 2026 elections.
10min

International

Élection présidentielle au Brésil : « Flávio Bolsonaro reste, à mon sens, un candidat relativement faible » 

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil se tiendra le 4 octobre, un duel entre le président sortant, Lula, et Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, se dessine. Entre le camp progressiste et une extrême-droite décomplexée, le duel s’annonce disputé et le résultat pourrait être contesté. Décryptage des enjeux de la campagne et du scrutin avec Thomas Zicman de Barros, chercheur associé au CEVIPOF et spécialiste du Brésil.

Le

Trump
5min

International

Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure que les négociations reprennent, l’Iran dément

Le président des Etats-Unis a assuré que des négociations étaient en cours avec l’Iran. Une information démentie par la République islamique. Malgré cela, le prix du baril de pétrole a reculé après ces annonces.Pour Donald Trump, l’obtention d’un succès diplomatique pourrait s’avérer cruciale dans la perspective des élections de mi-mandat.

Le