Guerre au Moyen-Orient : « La France remplit son rôle » en déployant le porte-avions Charles de Gaulle, analyse le général Dominique Trinquand

Interrogé dans la matinale de Public Sénat, le général Dominique Trinquand a salué l’intervention « défensive » de la France dans le conflit au Moyen-Orient, au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron de l’envoi du porte-avions Charles De Gaulle en Méditerranée. Le général a également souligné l’isolement de l’Iran, coupable selon lui d’une « erreur stratégique » en répliquant tous azimuts.
Christian Mouly

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L’allocution d’Emmanuel Macron sur la situation au Moyen-Orient, mardi 3 mars, a suscité une relative unanimité au sein de la classe politique, fait assez rare ces dernières années. Le Président a annoncé l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée et le déploiement immédiat de Rafale et de systèmes anti-aériens en soutien aux nombreux pays alliés de la France dans la région. Emmanuel Macron s’en est tenu à une position d’équilibre sur le conflit, soulignant « la responsabilité première de l’Iran » tout en regrettant l’absence de base légale à l’attaque israélo-américaine.

Un consensus auquel s’est joint Dominique Trinquand, général et ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU. « Nous avons des accords avec le Qatar, le Koweït, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. On participe à la défense de ces pays et aux bases militaires françaises en Jordanie et à Abu Dhabi. La France remplit son rôle », a-t-il expliqué, mercredi 4 mars, dans la matinale de Public Sénat. Une posture « défensive » revendiquée par le Président et le gouvernement, à distance de l’attitude offensive d’Israël et des Etats-Unis.

« C’est important parce qu’un pays membre de l’Union européen, Chypre, a été touché »

Concernant l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle, « il pourrait être là dans moins d’une semaine dans la Méditerranée pour assurer la défense du sud de l’Europe », a assuré le général. Une échéance de temps similaire à celle donnée par la ministre des Armée, Catherine Vautrin, qui a parlé d’un délai de huit à dix jours. « C’est important parce qu’un pays membre de l’Union européen, Chypre, a été touché par un drone », a poursuivi Dominique Trinquand.

Interrogé sur la possibilité de voir la France intervenir pour rétablir la circulation maritime au niveau du détroit d’Ormuz, il s’est montré plus prudent : « Sur ce dossier, on est dans la main du centre de commandement américain ». Point de passage clé du commerce de gaz et de pétrole mondial, le détroit est rendu impraticable en raison des menaces que l’Iran fait peser sur les bateaux qui oseraient l’emprunter.

« Les Chinois observent la situation »

Une situation que la Chine regarde de près, puisqu’elle importe une grande partie de ses volumes d’hydrocarbure via cet axe maritime. « Les Chinois ont un intérêt là-dedans, ils surveillent de près le détroit d’Ormuz », rappelle Dominique Trinquand, notant que le pays suit aussi avec attention l’évolution des ressources militaires américaines : « Le Pentagone avait prévenu le président américain : « si l’on mène une grosse opération là, on va avoir des limites pour une autre opération ailleurs ». Les chinois observent ça. »

Enfin, l’ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU a tenu à souligner l’isolement de l’Iran : « Le gouvernement des Mollahs a commis une grave erreur en tapant indifféremment sur tous les pays du Golfe. C’est une erreur stratégique. Avant, ces gouvernements essayaient de limiter les opérations américaines. Mais désormais, ils sont tous contre l’Iran. C’est un effet boomerang de cette opération. »

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