Jean-Noel Barrot chair a crisis meeting on the situation in the Middle East – Paris
French Foreign and European Affairs Minister Jean-Noel Barrot chair a crisis meeting on the situation in the Middle East, at the Quai d'Orsay in Paris on March 2, 2026, following the US and Israeli strikes on Iran. //04SIPA_1.000085/Credit:Raphael Lafargue-Pool/SIPA/2603021147

Guerre au Moyen-Orient : « La France se tient prête à participer à la défense » des pays du Golfe, assure Jean-Noël Barrot

Dans une prise de parole consacrée ce lundi 2 mars à la situation explosive au Moyen Orient, le ministre des affaires étrangères a appelé le régime iranien à des « concessions et un changement de posture radical » face aux frappes israéliennes et américaines. Aux pays du Golfe touchés par la réplique iranienne, Jean-Noël Barrot déclare que  « la France se tient prête à participer » à leur défense, alors que 400 000 Français se trouvent dans les pays concernés par l'embrasement de la région.
Christian Mouly

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’était une prise de parole attendue. Après l’Elysée ce week-end, c’était au tour du Quai d’Orsay de réagir, lundi 2 mars, par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à l’intervention lancée conjointement par Israël et les Etats-Unis samedi et aux répliques iraniennes qui s’en sont suivies. Ce, alors que de nouveaux raids aériens contre l’Iran étaient en cours ce lundi matin.

« Il est regrettable que cette situation n’ait pu être réglée dans le cadre des institutions internationales », a d’abord posé Jean-Noël Barrot, déclarant que « l’escalade militaire doit cesser au plus vite ». « La sécurité et la stabilité dans la région ne peuvent être construites à l’écart des principes de la justice et du droit », a-t-il poursuivi.

 

L’Iran « doit se résoudre à des concessions »


De ce point de vue, le ministre a jugé « regrettable » que l’intervention « unilatéralement décidée par Israël et les Etats-Unis », qui a entraîné l’élimination du guide Suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts dignitaires du régime, se soit faite en dehors du cadre du droit international. Avec une consultation préalable, « chacun aurait pu prendre ses responsabilités », a-t-il estimé.

Une situation dont il impute toutefois en grande partie la responsabilité à l’Iran, coupable selon lui de « refuser d’entrer dans une négociation » et de « bafouer » régulièrement les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU. « Le régime iranien doit se résoudre à des concessions et un changement de posture radical », a ainsi affirmé Jean-Noël Barrot.

 

Vers une intervention française dans la région ?


Le ministre est également revenu sur la situation des autres pays de la région, victimes collatérales de l’embrasement régional. Aux pays du Golfe et à la Jordanie, touchés par des frappes iraniennes, il a dit que « la France se tient prête à participer » à leur défense, « s’ils en faisaient la demande ».

L’évocation d’une possible intervention française dans la région qui fait écho à la position de l’Elysée. Dans un communiqué commun publié dimanche 1er mars avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, la présidence de la République s’est dit prête à lancer des « actions défensives nécessaires et proportionnées » face aux ripostes iraniennes afin de « détruire à la source » les capacités militaires de Téhéran. L’Elysée y affirmait déjà vouloir prendre des mesures « pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région ».

Aucune victime française « à ce stade »


Au-delà de ces considérations stratégiques, Jean-Noël Barrot a redit que la « priorité absolue » est désormais d’assurer la sécurité des 400 000 Français, résidents ou de passage, qui se trouvent actuellement dans l’un des pays concernés par l’embrasement régional. Plus de la moitié de ces ressortissants, environ 220 000, sont présents sur le sol israélien.

Jean-Noël Barrot a précisé « qu’à notre connaissance, il n’y a aucune victime française à ce stade ». Le ministre a également révélé que près de 5 000 appels ont été reçus depuis le début des frappes par la cellule téléphonique d’urgence du ministre des Affaires étrangères.

Partager cet article

Dans la même thématique

Liban : Official visit of Emmanuel Macron in Beirout
10min

International

Guerre au Moyen-Orient : entre la France et le Liban, huit siècles d’une relation très particulière

Alors que le Liban se retrouve touché de plein fouet par l’embrasement militaire au Moyen-Orient, Emmanuel Macron réaffirme le soutien de Paris à Beyrouth. De la promesse de protection de Saint-Louis aux crises contemporaines, la France et le Pays du Cèdre ont toujours entretenu une relation particulière, marquée par une histoire commune, et d’intenses échanges diplomatiques et culturels.

Le

3min

International

Guerre au Moyen-Orient : « Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une capitulation sans condition », affirme Donald Trump

En proie à des hésitations et des revirements quant aux objectifs de guerre américains depuis le lancement de l’opération « fureur épique », Donald Trump a clarifié sa position, vendredi 6 mars, sur son réseau social. Le Président américain ferme la porte à des négociations et exige une « capitulation sans condition » de l’Iran, sans expliquer précisément ce qu’il entend par là.

Le

3min

International

Guerre au Moyen-Orient : près de 2 000 Français déjà rapatriés, 5 000 encore en attente, selon le ministre des Transports

La France va poursuivre les vols de rapatriement de Français au Moyen-Orient « dans les meilleures conditions de sécurité » possibles, a annoncé vendredi 6 mars le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui revendique le retour de 2 000 ressortissants depuis le début du conflit dans la région. Plusieurs milliers d’autres, souvent des vacanciers retenus dans les pays du Golfe, attendent leur tour.

Le

Lebanon Israel Iran
6min

International

Le Liban, entraîné à son tour dans le conflit au Moyen-Orient : « Il n’y a pas de limite à l’incursion israélienne », explique Didier Billion

L'armée israélienne a demandé aux habitants de la banlieue de Beyrouth d’évacuer. Entre les tirs de missiles du Hezbollah contre l’Etat hébreu et l'offensive terrestre lancée par Tsahal dans le sud du pays, le Liban se voit emporter malgré lui dans un embrasement régional que rien, à ce stade, ne semble pouvoir freiner.

Le