Guerre au Moyen-Orient : « l’Europe ne pas rester passive », alerte cet eurodéputé espagnol

L’Union européenne se maintient dans une position défensive au Moyen-Orient alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran s’intensifie. Donald Trump aimerait que les Européens interviennent pour rouvrir le stratégique détroit d’Ormuz, mais les 27 refusent et demandent d’abord un cessez-le-feu. La stratégie européenne au Moyen-Orient, c’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, émission diffusée sur France 24, LCP et sur Public Sénat, le samedi à 16h30.
Alexandre Poussart

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Les semaines de guerre au Moyen-Orient se suivent et l’Union européenne continue à appeler en vain à la désescalade, tout en refusant de prendre parti au conflit et en se cantonnant à un rôle de défense de ses alliés dans la région.

Tout en condamnant le régime des mollahs iraniens, les dirigeants européens déplorent cette guerre lancée par leurs alliés américains, sans les avoirs consultés…

« Cette guerre déclarée par Donald Trump et Benjamin Netanyahu est une guerre illégale qui ne respecte pas le droit international », rappelle l’eurodéputé belge, du groupe les Verts, Saskia Bricmont, dans la lignée des propos du Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez. « C’est vraiment la mise en œuvre de l’agenda de Benjamin Netanyahu puisque son ennemi historique c’est l’Iran et il a trouvé en Donald Trump un allié pour réaliser ce qu’il voulait dans la région, et aller vers un conflit régional quand on voit désormais que tous les pays voisins sont impliqués. »

Que peut faire l’Union européenne pour entamer une désescalade ?

Pour l’eurodéputé espagnol du Parti populaire européen (centre-droit) ; Nicolas Pascual de la Parte, ancien ambassadeur de l’Espagne à l’OTAN, les Européens ne doivent pas être trop attentistes face à cette guerre au Moyen-Orient. « Ce n’est pas notre guerre, évidemment. C’est une guerre unilatérale des Etats-Unis et d’Israël. Mais en même temps, nous devons faire des choses pour aider à la désescalade et pas simplement regarder ce triste spectacle. Utilisons des moyens politiques, diplomatiques, défendons nos alliés attaqués comme les Emirats Arabes unis et le Qatar, et faisons tout pour maintenir ouvert le détroit d’Ormuz. »

Faut-il intervenir dans le détroit d’Ormuz ?

Si les dirigeants de l’Union européenne ont refusé la demande de Donald Trump d’une intervention immédiate militaire pour rouvrir ce détroit, stratégique pour la circulation des navires pétroliers, ils se disent prêts à participer à une opération internationale dans ce détroit pour sécuriser la navigation, après un cessez-le-feu. « Nous avons bien signifié à Donald Trump que sécuriser nos intérêts énergétiques dans le détroit d’Ormuz ne peut se faire qu’en dehors des bombardements qui sont à l’œuvre », rappelle Saskia Bricmont. « Il faut limiter au maximum l’extension de ce conflit comme c’est le cas au Liban », avec les frappes israéliennes contre le Hezbollah. « Au Liban, des ambulances en pleine intervention sont attaquées, tout comme des écoles et partout les civils souffrent. »

L’Union européenne peine à faire entendre sa voix

Les 27 appellent à une solution diplomatique, à l’image d’Emmanuel Macron qui a demandé au président israélien Herzog de rétablir le dialogue avec le gouvernement libanais afin de stopper les frappes et le désastre humanitaire au pays du cèdre. Une demande sans résultats… Pour Saskia Bricmont, « si l’Union européenne a perdu en crédibilité, c’est parce qu’elle adopte depuis trop longtemps un deux poids deux mesures dans ses relations internationales. Les sanctions européennes à l’égard de Benjamin Netanyahu pour le génocide palestinien n’ont jamais été prises et on voudrait lui demander aujourd’hui d’arrêter de bombarder le Liban ? A un moment donné, l’UE doit actionner certains leviers comme suspendre l’accord d’association avec Israël, un pays qui continue à mener des guerres et des actions illégales… »

Des conséquences sur la guerre en Ukraine ?

Un conflit en chassant un autre sur les chaînes d’information, cette guerre au Moyen-Orient fait passer sous les radars les bombardements russes en Ukraine. Une situation qui inquiète les Européens, soutiens des Ukrainiens, alors que Vladimir Poutine tire profit de la hausse des cours du pétrole. Pire, il aide le régime iranien dans cette guerre. Ce jeudi, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a assuré que les Russes fournissaient du renseignement aux Iraniens dans ce conflit, « pour tuer des Américains. » Elle a appelé Washington à faire preuve de plus de fermeté vis-à-vis des Russes, alors qu’à Bruxelles on craint que Donald Trump n’utilise la guerre en Ukraine comme chantage pour forcer les Européens à intervenir en Iran. « C’est une conséquence. Le désengagement des Américains peut s’accélérer », juge Nicolas Pascual de la Parte. L’Ukraine « c’est un objet de chantage permanent des Américains pour obtenir ce qu’ils veulent de nous. »

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