Crédit : Francois Glories / SIPA

Guerre au Moyen-Orient : près de 2 000 Français déjà rapatriés, 5 000 encore en attente, selon le ministre des Transports

La France va poursuivre les vols de rapatriement de Français au Moyen-Orient « dans les meilleures conditions de sécurité » possibles, a annoncé vendredi 6 mars le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui revendique le retour de 2 000 ressortissants depuis le début du conflit dans la région. Plusieurs milliers d’autres, souvent des vacanciers retenus dans les pays du Golfe, attendent leur tour.
Christian Mouly

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Jeudi soir, un avion d’Air France affrété par les autorités pour rapatrier des Français depuis les Emirats arabes unis a été contraint de faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone. « Nous allons continuer ces vols de rapatriement d’une manière ou d’une autre » et « dans les meilleures conditions de sécurité », a tenu à rassurer le ministre des Transports Philippe Tabarot au micro d’Europe 1.

Le gouvernement prévoit ainsi de « continuer à affréter des avions » et va « demander aux compagnies de reprendre leurs vols commerciaux », a-t-il ajouté. Selon les estimations du Quai d’Orsay, « il y aurait 5 000 personnes » qui se sont manifestées et « souhaiteraient revenir le plus rapidement possible en France » depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. « 750 sont déjà rentrées par des vols de rapatriement et environ pratiquement 2 000 si on ajoute les vols commerciaux », a précisé le ministre. Ce, alors que la région compte environ 400 000 Français résidents ou de passage, dont plus de la moitié en Israël.

« Nous savons que nos compatriotes ne peuvent plus attendre »

Le pilote d’Air France qui a rebroussé chemin jeudi soir avec son avion à vide « a pris une bonne décision », a estimé le ministre. Le vol AF4190, qui se rendait à l’aéroport de Dubaï « n’était pas ciblé », mais les conditions de sécurité « n’étaient pas réunies ».

« Nous savons que nos compatriotes ne peuvent plus attendre », a ajouté le ministre, soulignant la présence d’enfants, de malades avec des traitements et de femmes enceintes. « Nous avions obtenu des Emirats arabes unis, et notamment de la compagnie Emirates de mettre plus de vols commerciaux, plus capacitaires. On avait été rassurés sur la possibilité de le faire le plus rapidement possible, et l’évolution du conflit nous a fait revoir nos plans pour assurer une sécurité totale », a-t-il expliqué.

En temps normal, les Emirats arabes unis sont reliés à Paris par « cinq vols en A380 » quotidiens, ce qui veut dire « 500 places » sur chaque vol, a-t-il rappelé. « Il pourrait y en avoir deux pour faire revenir un millier de nos compatriotes », mais uniquement si « l’espace aérien arrive à s’apaiser ».

Des « efforts au niveau tarifaire » demandés à Air France

Le ministre, qui dit comprendre le « désarroi » des voyageurs retenus dans des pays en guerre, a aussi eu « une pensée » pour ceux qui sont bloqués en Inde, et dont l’avion de retour devait s’arrêter sur un des grands hubs aériens du Moyen-Orient. Le corridor aérien qui relie la France à l’Inde, via l’Azerbaïdjan et la Géorgie « se réduit », car hier « l’Azerbaïdjan a été touché » par un tir de missile, a-t-il dit.

Le ministre a demandé à Air France de « faire des efforts au niveau tarifaire » pour tous ceux-là. « Nous leur avons demandé de proposer une offre encadrée pour permettre à ces Français de l’autre côté du monde de rentrer sans passer par le Moyen-Orient pour ne pas encombrer une situation déjà complexe », a-t-il indiqué.

(Avec AFP) 

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