Guerre commerciale lancée par Donald Trump : « Il faut sortir de cette forme de naïveté européenne », exhorte Aurore Bergé 

L’annonce par les États-Unis de l’imposition de nouveaux droits de douane sur les produits de tous les pays du monde, dont ceux de l’Union européenne, marque une nouvelle étape dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump. « Il faut sortir de cette forme de naïveté européenne (...) et assumer cette Europe beaucoup plus puissante », appelle Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et invitée de Public Sénat ce jeudi 3 avril. Une réunion de crise avec les représentants du secteur est prévue à l’Élysée à 16 heures.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Des barrières douanières sans précédent depuis près d’une décennie. Donald Trump a annoncé la nuit dernière l’imposition de nouveaux droits de douane contre les biens de nombreux pays du monde, y compris l’Union européenne, dont les produits seront taxés de 20 % supplémentaires en arrivant sur le sol américain. « Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a justifié le milliardaire pour expliquer ces mesures historiques.

Le président de la République, Emmanuel Macron, réunira à 16 heures « les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les États-Unis ». « Il faut sortir de cette forme de naïveté européenne, de crédulité européenne et assumer cette Europe beaucoup plus puissante », a enjoint Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, invitée de la matinale de Public Sénat ce jeudi 3 avril. L’objectif de la réunion de crise, cet après-midi, autour du chef de l’État ? « Mesurer les conséquences concrètes » de ces nouveaux tarifs douaniers qui toucheront de nombreuses entreprises françaises exportant aux États-Unis.

« Agir en Européens » face aux droits de douane

« La bonne voie, c’est d’abord de réunir celles et ceux qui sont concernés […] pour mesurer l’impact que ça aurait sur leurs capacités d’exportation, sur leurs emplois, et décider avec elles des mesures qui seront appropriées », explique Aurore Bergé. Pour autant, la responsable appelle à ne pas couper les liens avec l’administration américaine pour tenter de trouver un compromis. « Il faut continuer à chercher les voies de la négociation pour ne pas entrer dans une situation qui mettrait nos entreprises encore plus en difficulté », soutient-elle.

Comme Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution télévisée, Aurore Bergé demande à « agir en Européens » pour contre-attaquer. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a d’ailleurs de nouveau regretté ce jeudi matin la pression commerciale mise par Washington. « Des millions de citoyens devront faire face à des coûts plus élevés pour l’alimentation. Les médicaments coûteront plus cher, de même que les transports. L’inflation augmentera », a-t-elle prévenu.

L’Union européenne avait déjà annoncé mi-mars qu’elle répondrait par des contre-mesures « fortes mais proportionnées » à ces droits de douane. Ursula von der Leyen a malgré tout tendu la main à Donald Trump ce jeudi, jugeant qu’il n’est « pas trop tard » pour « répondre aux préoccupations par les négociations ».

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA : PARIS : Salon du Bourget : DASSAULT
9min

International

Abandon du Scaf : « Dès le départ, tout le monde n’était pas sur la même longueur d’onde », relève le président de la commission défense du Sénat, Cédric Perrin

Le Scaf en carafe. C’est Berlin qui a annoncé la fin du projet franco-allemand d’avion de 6e génération, qu’Emmanuel Macron a tenté de relancer jusqu’au bout. Pas une surprise, tant le blocage perdurait depuis des mois entre les industriels Dassault Aviation et Airbus. Retour sur la chronique d’un échec, qui était peut-être annoncé.

Le

Guerre commerciale lancée par Donald Trump : « Il faut sortir de cette forme de naïveté européenne », exhorte Aurore Bergé 
2min

International

Ukraine : « La Russie est en train de perdre cette guerre », affirme le ministre des affaires étrangères espagnol

Au moment où les experts affirment que l’Ukraine a repris près de 290 km² de territoire, et où Moscou multiplie ses attaques sur la capitale ukrainienne avec ses missiles intercontinentaux, le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, temporise, au micro de Caroline de Camaret, sur la nécessité de reprise des pourparlers directs avec Moscou. Une interview à retrouver en intégralité dans l’émission Ici l’Europe.

Le

Guerre commerciale lancée par Donald Trump : « Il faut sortir de cette forme de naïveté européenne », exhorte Aurore Bergé 
4min

International

Guerre en Ukraine : « Les drones sont désormais responsables de 80 % des pertes », une évolution « qui met les Russes en difficulté », estime Guillaume Ancel

Invité ce jeudi de la matinale de Public Sénat, l’ancien officier Guillaume Ancel détaille la stratégie ukrainienne d’utilisation massive de drones, au lendemain des frappes sur Saint-Pétersbourg. L’Ukraine comme la Russie se sont tournés vers la production à grande échelle de drones peu chers, là où l’industrie française est « complètement dépassée », regrette le spécialiste.

Le

Israel US Netanyahu trip
5min

International

Trump insulte Netanyahou : « Israël n’a ni les moyens, ni l’intention de rompre avec les États-Unis »

Selon le média américain Axios, Donald Trump a qualifié Benjamin Netanyahou de « complètement fou » au cours d’une conversation téléphonique, et l’a accusé de mettre en péril les négociations avec l’Iran. Pour André Kaspi, historien et spécialiste de la politique américaine, cette brusque montée de tension illustre les divergences d’intérêts entre les deux pays sur la guerre au Moyen-Orient.

Le

La sélection de la rédaction