C’est à une forme de « en même temps » que s’est livré Christian Cambon, au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron sur la situation d’embrasement au Moyen-Orient. « Prendre acte » de l’attaque soudaine d’Israël et des Etats-Unis contre l’Iran, tout en s’accordant le droit d’en dénoncer l’absence de légalité : le sénateur LR du Val-de-Marne, envoyé spécial du président du Sénat pour les relations internationales, a défendu une position d’équilibre dans la matinale de Public Sénat ce mercredi 4 mars, assez proche de celle du Président de la République.
« Son intervention était nécessaire, a d’ailleurs estimé Christian Cambon à propos de la prise de parole présidentielle. L’importance était de refixer la position de la France, de rassurer les Français. » Ce, quelques jours après les propos d’Emmanuel Macron révélant que la France n’avait été ni consultée ni informée avant le lancement de l’opération « Fureur épique ». Un aveu de faiblesse alors largement dénoncé par les oppositions.
« Bien sûr qu’il fallait y aller »
Cette fois, « il était du rôle du président de rappeler que ces opérations n’ont pas pris leur place dans le respect du droit international », a précisé le sénateur. Une attitude plus conciliante vis-à-vis du chef de l’Etat que celle défendue par Bruno Retailleau. « On ne peut pas se cacher derrière le droit international pour justifier la passivité », lâchait mardi le président des Républicains au micro de RTL.
Pas question, pour autant, de remettre en question la légitimité de l’attaque israélo-américaine : « Bien sûr qu’il fallait y aller », affirme Christian Cambon. « Ça fait 47 ans que cette affaire dure, avec toute sorte de négociations. Rien ne débouche. Du reste, la violence de la réaction de l’Iran montre combien ce pays était surarmé et consacrait à sa défense et à ses capacités d’agression des moyens importants qu’il fallait faire taire », a appuyé l’ancien président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées.
Le sénateur estime prématuré le lancement de tractations de sortie de crise : « Le temps des négociations diplomatiques n’est pas encore arrivé, c’est le temps de la force. » Une manière de « prendre acte » de la volonté israélienne d’ « en finir pour de bon » avec la menace que fait peser la République islamique, en particulier via son programme nucléaire, que Donald Trump juge près d’aboutir.
« Nous devons respecter nos obligations de défense »
Christian Cambon a également salué l’annonce d’Emmanuel Macron de déployer le porte-avions Charles de Gaulle dans les eaux méditerranéennes, ainsi que des Rafale et systèmes anti-aériens en soutien des pays du Golfe : « Il a eu raison, car nous avons des accords défense. Nous devons respecter nos obligations de défense. » Le sénateur fait notamment référence aux Emirats arabes unis, alliés de longue date de la France, tandis que le Président a aussi évoqué le Koweït, le Qatar, la Jordanie ou encore l’Irak.
Même acquiescement concernant la possibilité d’intervenir dans la défense de la circulation maritime au niveau du détroit d’Ormuz, quand bien même la France est peu dépendante du pétrole et du gaz de la zone. « Ça fait partie des grands principes que nous mettons systématiquement en œuvre : la France est attachée à la liberté de navigation dans les détroits », rappelle Christian Cambon, soulignant qu’« on a des moyens de détection, avec les chasseurs de mine, la frégate anti-sous-marine Languedoc et la frégate Le Forbin, qui est aussi sur place. »