Guerre en Iran : « Les Américains n’ont pas pour objectif de renverser le régime », avertit Guillaume Ancel

Invité de notre matinale, l’ancien officier Guillaume Ancel a estimé que Donald Trump n’a pas pour objectif de renverser le régime iranien, mais simplement d’arriver en position de force à la table des négociations. L’écrivain table sur un conflit de courte durée qui se soldera par des négociations avec les vestiges du régime ou une prise de pouvoir de l’armée iranienne
Louis Mollier-Sabet

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Alors que Donald Trump annonce une guerre qui durera « deux à cinq semaines », Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain, estime que l’intervention israélo-américaine durera « probablement moins que cela. » D’après lui, le président américain sait que son électorat ne soutiendra pas d’invasion au sol « type Afghanistan », et qu’une telle opération n’est de toute façon pas à l’agenda et nécessite des préparations. « L’Iran, c’est trois fois plus grand que la France », rappelle-t-il.

Ainsi, Guillaume Ancel alerte : sans intervention au sol, un changement de régime est pour le moins incertain. « On a l’exemple de l’Ukraine, qui est bombardée tous les jours par la Russie depuis quatre ans sans que le régime ne tombe. Une guerre ne se gagne qu’au sol. J’ai peur que Donald Trump ait en tête de négocier avec ce qui reste du pouvoir actuel et qu’il ne soit que dans une démarche d’affaiblissement du régime pour avoir un rapport de force favorable à la table des négociations », détaille l’ancien officier.

« Une prise de pouvoir par l’armée iranienne », étudiée par les Américains

Le rapport de force semble si disproportionné que Guillaume Ancel peine à identifier « des moyens qui lui permettraient de perturber cette opération » israélo-américaine. « L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, mais en a aussi besoin. Tout ça n’est pas tenable, dans moins de deux ou trois semaines, ça sera terminé. La seule arme que n’a pas utilisée l’Iran c’est l’action terroriste. C’est une menace beaucoup plus compliquée à gérer, tous les services de renseignement sont sur les dents », détaille-t-il.

Mais alors, si le conflit se résout rapidement, vers quelle issue s’oriente-t-on ? La première hypothèse envisagée par les Américains est celle d’une négociation avec le pouvoir de transition mis en place par le régime actuel. L’autre option « étudiée » par les Américains est « une prise de pouvoir par l’armée iranienne », explique Guillaume Ancel. « Les Gardiens de la Révolution, c’est une véritable armée, donc seule l’armée iranienne peut s’y opposer. L’objectif de renversement du pouvoir, dont on a tous caressé l’espoir, n’est pas celui des Américains, ni des Israéliens », ajoute – il.

L’ancien officier en est certain, ce sont les Américains qui décideront de l’arrêt de cette guerre, tant l’armée israélienne « est devenue un morceau de l’armée américaine », et les cartes sont donc d’après lui dans leurs mains.

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