Guerre en Ukraine : 26 Etats s’engagent à envoyer des troupes « sur le sol, en mer ou dans les airs, le jour d’après », annonce Emmanuel Macron

Pour la troisième fois depuis février, les membres de la « coalition des volontaires » se sont réunis ce jeudi pour discuter des garanties à apporter à l’Ukraine en cas de cessez-le-feu avec la Russie. Au sortir d’une réunion organisée en visioconférence avec le président Donald Trump, Emmanuel Macron a annoncé qu’une vingtaine de pays avaient donné leur aval à l’envoi de troupes militaires sur le sol ukrainien. Mais l’apport américain à ces « garanties de sécurité » reste encore flou.
Steve Jourdin

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L’Elysée en première ligne

C’est un ballet diplomatique dont Emmanuel Macron raffole : un rendez-vous calibré, avec photo de famille et symbolique de « l’Europe puissance » face à l’ogre russe. Ce jeudi, l’Elysée a réuni les membres de la « coalition volontaires » à Paris. Troisième sommet du genre depuis le lancement du format à la mi-février, une trentaine de pays, essentiellement européens ont participé, en visio ou en « physique ». Au menu des discussions, une question : comment garantir la sécurité actuelle et future de l’Ukraine ?

Quelques heures plus tôt, à l’Élysée, Emmanuel Macron jouait les chefs d’orchestre. Aux côtés de Volodymyr Zelensky, accueilli pour un tête-à-tête, il insistait : « L’Europe est au rendez-vous, pour la première fois avec ce niveau d’engagement ». Un message adressé moins à Moscou qu’à Washington. Car tout le monde attend que Donald Trump précise, enfin, ce qu’il est prêt à offrir, une fois un cessez-le-feu en place. Le président américain a promis un « filet de sécurité » pour Kiev, mais reste toujours aussi flou : soutien logistique ? Renseignement ? Communications ? Seule certitude : la Maison Blanche n’enverra pas de troupes américaines sur le sol ukrainien, peu importe le degré d’agacement de la Maison Blanche vis-à-vis d’un Vladimir Poutine déterminé à aller jusqu’au bout de l’engrenage militaire.

 

Un documentaire de planification militaire

Les « volontaires » souhaitaient être fixés : un entretien avec le président américain a donc été organisé à 14 h, ce jeudi. 1 h 30 de discussion en visioconférence, en compagnie de Volodymyr Zelenski, coprésidée par l’anglais Keir Starmer. Résultat ? « Le soutien américain aux garanties de sécurité sera finalisé dans les prochains jours », a déclaré Emmanuel Macron au sortir de la réunion. Pour l’heure, pas plus de précision, donc, mais le chef de l’Etat assure que « les Etats-Unis ont été très clairs sur leur volonté de faire partie des garanties de sécurité ».

Ces garanties proposées par la « coalition des volontaires » reposent sur plusieurs piliers, à commencer par un renforcement de l’aide apportée à l’armée ukrainienne. Mais la véritable inconnue pesait sur l’engagement direct des « volontaires » sur le terrain. « 26 pays se sont engagés à déployer des troupes en Ukraine sur le sol, en mer ou dans les airs, le jour d’après » a annoncé Emmanuel Macron. Un document de planification militaire est sur la table, qui n’a pas vocation à être révélé publiquement. Mais des « travaux politiques et juridiques » vont être lancés avec les Etats volontaires dans les prochaines heures afin de préparer un éventuel déploiement.

 

La ligne de crête des Européens

« La coalition des volontaires » doit arbitrer entre volontarisme et prudence. Certains pays – dont la France, le Royaume-Uni et la Belgique – poussent clairement pour le déploiement de troupes pour dissuader Moscou. D’autres, comme l’Allemagne, freinent. « Jusqu’à un cessez-le-feu, il n’y aura certainement pas de déploiement de troupes en Ukraine et même après, j’ai des réserves considérables », a répété le chancelier Merz.

Berlin par exemple souhaite soutenir la défense antiaérienne ukrainienne avec un objectif d’augmentation du nombre et de l’efficacité des armes de 20 % par an, et contribuer au renforcement des capacités offensives de Kiev, avec la production en Ukraine de missiles de croisière financés et accompagnés technologiquement par l’Allemagne.

Mais ces garanties sont soumises à trois conditions, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale allemande : « la participation des États-Unis aux garanties de sécurité », « le fait que la Russie engage des négociations », ainsi qu’« un consensus au sein du gouvernement (allemand) et une approbation du Bundestag ». Pour l’heure, ces conditions ne sont clairement pas remplies.

 

Sur le terrain, Poutine ne freine pas

Pendant que les Européens tergiversent, Vladimir Poutine accélère. Depuis la Chine, où il a retrouvé Xi Jinping et Kim Jong Un à l’occasion d’un sommet régional, il promet que la Russie atteindra ses objectifs « par la voie militaire » si les négociations échouent. Dans la nuit de mardi à mercredi, une salve de 500 drones et missiles a encore frappé l’Ukraine, rappel brutal que le temps presse. « La Russie ne montre aucun signe de vouloir mettre fin à la guerre », a estimé Volodymyr Zelensky à Paris, tout en implorant ses alliés à « mettre plus de pression ». La semaine dernière, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait proposer sous peu aux pays membres de l’UE un 19e paquet de sanctions contre la Russie.

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