Guerre en Ukraine : après les nombreux revirements de Trump, « la fiabilité de l’allié américain est largement remise en cause »

Malgré l’annonce d’un accord de cessez-le-feu négocié entre l’Ukraine et Washington, et qui doit désormais être soumis à l’agresseur russe, le sénateur LR Cédric Perrin, président de la commission de la défense et des affaires étrangères, veut rester prudent sur le rôle des Etats-Unis, qui n’ont cessé de multiplier les déclarations fracassantes ces dernières semaines à travers la voix de leur président.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Tous les regards se tournent désormais vers la Russie, au lendemain de la négociation d’un accord de cessez-le-feu d’un mois en Ukraine, par Kiev et Washington. Le Kremlin, vis-à-vis duquel la Maison-Blanche a fait mine de vouloir se rapprocher ces derniers mois, a fait savoir qu’il attendait de connaître les modalités de cette potentielle trêve avant de s’exprimer. Dans le même temps, les Etats-Unis ont annoncé mettre fin au gel de leur soutien aux Ukrainiens, décidé au lendemain de la vive altercation qui a opposé Volodymyr Zelensky, le président Ukrainien, et Donald Trump le 28 février.

« Tout ce qui peut participer à une recherche de paix en Ukraine est une bonne chose, la seule condition c’est qu’il ne faut pas que cela se fasse sur le dos des Ukrainiens et des Européens. Cet accord, nous n’en avons pas encore la teneur », réagit au micro de Public Sénat le sénateur LR Cédric Perrin, président de la commission de la défense et des affaires étrangères.

« La fiabilité de l’allié américain est largement remise en cause compte tenu des propos et des soubresauts de Donald Trump. Aujourd’hui, lui faire confiance c’est compliqué car il change d’avis tous les jours », pointe-t-il. « Ce qui est certain, c’est que cela doit donner à l’Union européenne la volonté de rechercher une souveraineté et une indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. »

« Nous sommes tous dépendants des Américains »

Cédric Perrin ne souhaite pas de remise en cause du « pilier de l’OTAN », son article 5 qui prévoit que les membres de l’Alliance atlantique se portent une assistance mutuelle en cas d’attaque, mais les Européens « doivent faire en sorte de ne plus dépendre des Américains », insiste-t-il.

« Il y a beaucoup de domaines dans lesquels nous devons encore faire des efforts considérables. Aujourd’hui, en matière de renseignements, de logistique, nous sommes tous dépendants des Américains ». Il évoque notamment le manque d’autonomie des Européens qui ont acheté des armes américaines, sur le contrôle desquels Washington garde en partie la main. « Un point marquant pour moi : celui du déni d’accès de certaines fonctionnalités du F-16 en Ukraine, ce qui démontre, aujourd’hui, aux pays qui ont mis toutes leurs billes dans la défense américaine que ça n’était pas forcément une bonne chose », relève l’élu.

Partager cet article

Dans la même thématique

Un drapeau de l’Allemagne près d’un stand de l’AFD, en Saxe-Anhalt, le 31 août. Peter Gercke/DPA/SIPA
5min

International

« Une victoire de l’AFD aux élections régionales en Allemagne serait un séisme politique avec une lourde charge symbolique »

Le parti d’extrême droite allemand AFD caracole en tête des sondages avant l’élection régionale de Saxe-Anhalt, organisée ce dimanche. Une victoire aurait des conséquences politiques et serait un symbole historique pour l’Allemagne, selon Ronan Le Gleut, sénateur (LR) et président du groupe d’amitié France-Allemagne au Sénat. 

Le

Spain Sanchez Ceuta Parliament
4min

International

Crise des migrants à Ceuta : « Sanchez maintient sa ligne et veut éviter de partir dans une attaque frontale contre le Maroc »

Ce jeudi, devant les députés espagnols, à l’occasion d’un discours consacré à la crise migratoire, Pedro Sanchez a tenté de désamorcer la crise politique qui guette son gouvernement. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles en solidarité avec Ceuta, le Premier ministre a défendu la gestion de son exécutif et tenté de reprendre la main sur un dossier devenu explosif à quelques mois des élections législatives.

Le

Un avion ukrainien Antonov à l’aéroport de Leipzig-Halle, le 25 août. Photo: Hendrik Schmidt/dpa
7min

International

Attentat à l’aéroport allemand de Leipzig : « Un cap a été franchi par la Russie, c’est une attaque militaire classique contre un pays de l’OTAN »

Le gouvernement allemand a décidé mardi de prendre des sanctions contre la Russie qu’elle accuse officiellement d’avoir organisé un attentat sur son sol. Début août, à l’aéroport de Leipzig, deux drones chargés d’explosifs ont été retrouvés à proximité d’avions ukrainiens.  « Un cap a été franchi », selon le spécialiste des questions de défense, Guillaume Ancel.

Le