Guerre en Ukraine : les sénateurs témoignent de « l’appel à l’aide » de la Finlande et des pays Baltes démunis face à la menace russe

Lors de l’audition du ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, plusieurs élus ont relayé « l’appel à l’aide » des Etats baltes et de la Finlande, inquiets des velléités russes sur leur territoire. « Ayons cette réflexion sur le rôle des garanties de sécurité entre Européens », a abondé le ministre.
Simon Barbarit

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Alors que se tient ce jeudi, le sommet de Paris qui réunit une trentaine de pays de l’Union européenne et/ou de l’Otan prêts à apporter des garanties de sécurité à Kiev en cas d’accord de paix avec la Russie, la commission des Affaires européennes du Sénat auditionnait Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.

« La France, on a besoin de vous »

Dans cette audition abordant différents sujets, comme la défense, le pacte Asile immigration, le pacte Vert… Plusieurs sénateurs se sont fait le relais des inquiétudes de leurs homologues européens. Le sénateur LR, Ronan Le Gleut qui était à Varsovie en début de semaine pour la Conférence interparlementaire sur la politique européenne de sécurité et de défense a été « stupéfait » des propos d’un député Finlandais : « La France, on a besoin de vous », lui a-t-il confié. « Ça fait des années que je participe à ces sommets, je n’ai jamais entendu un discours aussi direct. C’était pratiquement un appel à l’aide », estime Ronan Le Gleut avant de préciser que le député en question était l’ancien ministre de la Défense de Finlande.

Le président de la commission des Affaires européennes, Jean-François Rapin (LR) y va lui aussi de son témoignage. « Je reviens d’Estonie et l’attente des pays Baltes par rapport à la France, est indéniable. […] Les Russes sont en train de construire un doublement de la capacité du casernement à la frontière (estonienne). L’Estonie compte vraiment sur nous. Si l’Estonie tombe, tous les pays Baltes tombent ».

La question de fond posée par les sénateurs porte alors sur la portée de l’article 42 paragraphe 7 du traité sur l’Union européenne (TUE). Il s’agit d’une clause de défense mutuelle selon laquelle lorsqu’un État membre fait « l’objet d’une agression armée sur son territoire, « les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ». « Est-ce qu’on peut vraiment concevoir que le 42 paragraphe 7, puisse se substituer à l’article 5 du traité de l’OTAN ? », demande Ronan Le Gleut.

Rappelons ici que l’article 5 du traité de l’OTAN impose lui aussi un principe de solidarité vis-à-vis de tout État-membre victime d’une attaque armée. Il avait d’ailleurs été activé après l’attaque du 11 septembre 2001. Or, il y a quelques semaines, Donald Trump a mis en doute ce principe de solidarité estimant que les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord « devaient payer plus » pour leurs dépenses militaires. « S’ils ne paient pas, je ne vais pas les défendre », a-t-il mis en garde.

« Ça fait plus de 10 ans que les Américains nous demandent d’augmenter nos moyens de défense »

Benjamin Haddad a rappelé que l’article 42 paragraphe 7 avait été invoqué par la France après les attentats de 2015. « La réflexion qu’on a, c’est de dire que tout l’effort de renforcement de notre autonomie stratégique n’est en rien incompatible avec l’Alliance Atlantique. Au contraire, il s’agit de renforcer le pilier européen de l’OTAN. Ça fait plus de 10 ans que les Américains nous demandent d’augmenter nos moyens de défense », a-t-il précisé soulignant que cette demande remonte au premier mandat de Barack Obama.

Il ajoute. « A partir du moment où des questions se posent sur la posture américaine a plus long terme, ayons cette réflexion sur le rôle des garanties de sécurité entre Européens ».

Il souligne enfin que les garanties de sécurité des Européens vis-à-vis de l’Ukraine en discussion lors du sommet de Paris aujourd’hui « vont contribuer à façonner cette identité stratégique européenne pour les prochaines années ».

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