Hamas : Brice Hortefeux insiste pour suspendre les aides européennes et françaises à Gaza

Pour le député européen, il y a trop d'incertitudes sur la destination réelle des aides apportées par la France et l’Europe, et le risque de financer indirectement le Hamas est trop important. Il se montre en revanche plus prudent sur le financement de l’organisation terroriste par le Qatar.
Hugo Ruaud

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Après le choc des exactions commises en Israël par le Hamas le 7 octobre dernier, la question est désormais de parvenir à asphyxier l’organisation terroriste présente dans la bande de Gaza. Et pour cela, Brice Hortefeux est favorable à la suspension des aides au développement à destination de la zone.

« L’UE est le premier soutien financier sur ce territoire », ce qui représente « entre 1,2 milliard et 1,7 milliard pour la période 2021-2024 », explique le député européen. La moitié des aides ayant déjà été versées, « il reste 600 millions que l’on peut suspendre », plaide Brice Hortefeux, pour qui la destination de ces aides est trop incertaine pour continuer à les verser. « Nous avons maintenant, avec le recul, un certain nombre d’éléments sur l’utilisation de ces fonds. On a découvert que sur la période précédente on avait financé à hauteur de 18 millions d’euros une université islamique dans laquelle ont été formés les dirigeants actuels du Hamas », explique l’ancien ministre de l’Intérieur, alors que l’Union européenne a finalement décidé de maintenir son aide à destination des Palestiniens. Brice Hortefeux reste cependant ouvert à la possibilité de conserver ces aides, à condition que cela concerne « de l’aide alimentaire », ou de la « solidarité », mais pour cela, il faut en être « absolument certain », insiste l’ancien ministre de l’Immigration. Une position que la France « devrait adopter également », a plaidé Brice Hortefeux, alors que le pays « aide » la Palestine « à hauteur de 95 millions d’euros ».

La question du Qatar

Le risque mis en avant par la droite et l’extrême droite, est, selon eux, que le Hamas détourne l’argent de l’aide au développement et s’en serve pour s’armer, et financer ses activités terroristes. Mais les aides au développement ne sont pas les seules sources éventuelles de financement du Hamas. Certains pays du Moyen-Orient sont pointés du doigt, notamment le Qatar.

Inévitablement, la question de l’attitude que la France doit adopter vis-à-vis de l’Émirat se pose. Pour Brice Hortefeux, la France ne doit pas nécessairement remettre en cause ses relations diplomatiques avec le Qatar. En tout cas, pas dans un premier temps. Le ministre a commencé par rappeler le « grand investisseur » qu’est le Qatar en France, où « il investit un peu plus de 25 milliards d’euros », mais également dans d’autres pays européens. Ensuite, et surtout, Brice Hortefeux est convaincu que l’Emirat pourrait jouer un rôle dans l’issue du conflit, bien que le Qatar abrite par ailleurs le chef du Hamas. « Le Qatar s’efforce toujours de jouer un rôle de médiateur », soutient l’ancien ministre. « On va savoir très vite » si le Qatar « peut être utile », assure Brice Hortefeux, convaincu que le pays voudra « jouer un rôle dans la libération des otages » retenus à Gaza. Ce qui n’empêche pas, à moyen terme, « de tirer un certain nombre de leçons dès lors que l’on saura la vérité », a expliqué le député européen. « Est-ce qu’il était informé ? Est-ce qu’il était associé ? Est-ce qu’il a financé l’opération ? Ce sont des questions que l’on doit se poser. Et pas seulement vis-à-vis du Qatar, mais aussi de l’Iran ».

Partager cet article

Dans la même thématique

3min

International

Guerre au Moyen-Orient : près de 2 000 Français déjà rapatriés, 5 000 encore en attente, selon le ministre des Transports

La France va poursuivre les vols de rapatriement de Français au Moyen-Orient « dans les meilleures conditions de sécurité » possibles, a annoncé vendredi 6 mars le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui revendique le retour de 2 000 ressortissants depuis le début du conflit dans la région. Plusieurs milliers d’autres, souvent des vacanciers retenus dans les pays du Golfe, attendent leur tour.

Le

Lebanon Israel Iran
6min

International

Le Liban, entraîné à son tour dans le conflit au Moyen-Orient : « Il n’y a pas de limite à l’incursion israélienne », explique Didier Billion

L'armée israélienne a demandé aux habitants de la banlieue de Beyrouth d’évacuer. Entre les tirs de missiles du Hezbollah contre l’Etat hébreu et l'offensive terrestre lancée par Tsahal dans le sud du pays, le Liban se voit emporter malgré lui dans un embrasement régional que rien, à ce stade, ne semble pouvoir freiner.

Le