Haut-Karabagh : pour Charles Michel « Les Russes ont abandonné les Arméniens »

Alors que les habitants du Haut-Karabagh continuent de fuir leur territoire par dizaines de milliers après l’invasion par Bakou de la région enclavée, le président du Conseil européen Charles Michel apporte son soutien au rapprochement entre l’Arménie et l’Union européenne au micro de Caroline de Camaret dans l'émission Ici l'Europe.
Axel Dubois

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Si depuis 2020 un cessez-le-feu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ratifié sous l’impulsion russe, assurait une relative stabilité dans la région du Haut-Karabagh, l’invasion menée par Bakou et l’absence de soutien à l’Arménie par son allié russe ont conduit à l’exil de plus de 100 000 habitants.

La réponse européenne : un rôle de médiation

S’il se dit choqué par cette « décision unilatérale prise par l’Azerbaïdjan de déclencher une opération militaire », Charles Michel s’est montré plus prudent que la ministre des Affaires étrangères française, Catherine Colonna, qui évoquait le 5 octobre sur France 2 un « crime » et ce qui ressemble, selon elle, à une « épuration ethnique » dans la région.

Pour le Président du Conseil européen, le rôle de l’Europe est avant tout celui de la « médiation » d’ailleurs selon lui cette dernière « est plus présente que jamais dans la région ».

Un nouvel allié ?

En abandonnant l’Arménie, la Russie pousse le pays à se tourner vers de nouveaux alliés estime le président du Conseil. Se sont pourtant « les Russes qui étaient censés être les garants des accords tripartites qui avaient été conclus il y a 3 ans » ; une attitude qui, pour le président du conseil, a montré aux arméniens « à quel point les russes les avaient cyniquement trahis ».

Dans un contexte où la guerre en Ukraine polarise les craintes en Europe – Russie et camp occidental – le rapprochement de l’Arménie vers l’Union européenne semble naturel. Un désir de rapprochement auquel l’Europe réagit « de manière favorable, positive » insiste-t-il.

Un accord gazier encombrant

Si la crise énergétique a conduit l’Europe à signer en février 2023 des accords gaziers avec l’Azerbaïdjan, pour Charles Michel cet accord ne limite pas la marge de manœuvre des Européens. « Non, on n’est pas intimidés, on n’est pas impressionnés par cette réalité des accords gaziers. On ne l’a pas été lorsque les Russes ont attaqué l’Ukraine ; notre main n’a pas tremblé ». Et Charles Michel d’affirmer qu’à l’avenir l’Union peut diversifier ses accords énergétiques, en regardant, notamment, « de l’autre côté de la Méditerranée ». Réunis à Strasbourg le 5 octobre dernier, les eurodéputés ont appelé à des « sanctions ciblées  contre Bakou, la balle est désormais dans le camps des dirigeants européens.

Retrouvez l’intégralité de l’émission sur notre espace replay

Partager cet article

Dans la même thématique

Spain Sanchez Ceuta Parliament
4min

International

Crise des migrants à Ceuta : « Sanchez maintient sa ligne et veut éviter de partir dans une attaque frontale contre le Maroc »

Ce jeudi, devant les députés espagnols, à l’occasion d’un discours consacré à la crise migratoire, Pedro Sanchez a tenté de désamorcer la crise politique qui guette son gouvernement. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles en solidarité avec Ceuta, le Premier ministre a défendu la gestion de son exécutif et tenté de reprendre la main sur un dossier devenu explosif à quelques mois des élections législatives.

Le

Un avion ukrainien Antonov à l’aéroport de Leipzig-Halle, le 25 août. Photo: Hendrik Schmidt/dpa
7min

International

Attentat à l’aéroport allemand de Leipzig : « Un cap a été franchi par la Russie, c’est une attaque militaire classique contre un pays de l’OTAN »

Le gouvernement allemand a décidé mardi de prendre des sanctions contre la Russie qu’elle accuse officiellement d’avoir organisé un attentat sur son sol. Début août, à l’aéroport de Leipzig, deux drones chargés d’explosifs ont été retrouvés à proximité d’avions ukrainiens.  « Un cap a été franchi », selon le spécialiste des questions de défense, Guillaume Ancel.

Le

Iran War
7min

International

Six mois de guerre contre l’Iran : « Je ne vois pas le régime islamique se fragiliser. Il est encore plus dictatorial et corrompu », estime Azadeh Kian

Six mois après les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, la guerre n’a pas produit l’effondrement annoncé de la République islamique. Le conflit s’est au contraire régionalisé, puis internationalisé autour du détroit d’Ormuz. Pour Azadeh Kian, spécialiste de l’Iran, les Etats-Unis et Israël ont sous-estimé la capacité de résistance du régime.

Le