C’est la fin de trois ans et demi de privation de liberté. Cécile Kohler et Jacques Paris vont être de retour en France. Accusés d’espionnage par les autorités iraniennes, ces deux ressortissants français avaient été emprisonnés dans la prison d’Evin à Téhéran de mai 2022 à novembre 2025. Ils étaient, depuis le 4 novembre, assignés à résidence dans l’ambassade de France.
Ce 7 avril, en milieu d’après-midi le président de la République a annoncé leur libération. « Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres et en chemin vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran. C’est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles », a annoncé le chef de l’État sur le réseau social X.
Emmanuel Macron a remercié « les autorités omanaises pour leurs efforts de médiation », ainsi que les services de l’État et les citoyens « qui se sont mobilisés sans relâche et ont ainsi contribué à leur retour ».
« Ils m’ont exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays et leurs proches », a également témoigné le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, qui s’est entretenu par téléphone avec eux. Le ministre des Affaires étrangères a également témoigné de sa reconnaissance aux équipes française sur place qui ont « assuré, dans des conditions très dégradées, la sécurité de nos compatriotes ainsi que leur sortie d’Iran ».
« Nous ne savons pas s’ils souhaiteront s’exprimer à leur arrivée »
Contactée par publicsenat.fr, Me Emma Villard, l’une des avocates des familles des anciens otages, fait part de son soulagement. « Au sein de l’ambassade française, Cécile Kohler et Jacques Paris étaient libres de leurs mouvements. On essayait de se rassurer en se disant que les quartiers des ambassades sont rarement touchés par les bombardements. Cette libération est le fruit des longues heures de négociation et d’acharnement de la diplomatie. Ces négociations sont restées secrètes. Nous ne savons pas s’ils souhaiteront s’exprimer à leur arrivée en France. Avec les autres avocats, nous avons pris la décision de leur laisser le choix », précise Emma Villard.
Lors d’un brief organisé en fin d’après-midi, l’Elysée a indiqué que Cécile Kohler et Jacques Paris étaient attendus mercredi sur le territoire français. Depuis leur transfert à l’ambassade en novembre, ils étaient « dans de bonnes conditions physiques et mentales » et en sécurité, ajoute cette même source.
Cette libération a entraîné une vague de soulagement unanime de la classe politique ainsi qu’au Sénat. L’année dernière, la sœur de Cécile Kohler, Noémie, porte-parole du comité de soutien « Liberté pour Cécile », avait été reçue par la commission des Affaires étrangères de la chambre haute. Elle avait confié au micro de Public Sénat que sa sœur et Jacques Paris doutaient de pouvoir revenir un jour en France. La commission des affaires étrangères avait également reçu Narges Mohammadi, la lauréate du Prix Nobel de la paix 2023, qui avait elle aussi été détenue en Iran.
Gérard Larcher, le président de la chambre haute a réagi sur X : « Nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis trois ans, sont libres et en chemin vers le territoire français. C’est un soulagement et une très grande joie ! Je leur souhaite le meilleur retour possible en France et auprès de leurs proches. »
« Heureux pour Cécile Kohler et Jacques Paris, leurs familles et proches. Enfin. Merci à celles et ceux qui y ont contribué. Au Sénat nous avions porté ce combat, et aussi auprès des autorités Iraniennes », a rappelé le sénateur socialiste Rachid Temal, vice-président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat.
« Reconnaissance aux autorités omanaises pour leur médiation, aux services de l’État et à tous ceux qui, par leur mobilisation, ont contribué à ce dénouement », a également réagi le président de LR, Bruno Retailleau sur X.
Le résultat « de la ligne claire et cohérente de la France » au proche Orient
Hélène Conway-Mouret (PS) également vice-présidente de la commission des affaires étrangères exprime son soulagement pour les otages et leurs familles et voit dans cette libération le résultat « de la ligne claire et cohérente de la France » au proche Orient. Nous respectons les accords de défense que nous avons signés avec nos alliés dans la région. Et les Iraniens, mais aussi nos alliés, comme l’Arabie saoudite, voient que la France résiste à la pression des Etats-Unis et refusent de s’engager dans le conflit. Nous avons une vraie carte à jouer dans la région avec notre ligne du respect des autres et de respect du droit international ».
L’Elysée rappelle qu’Emmanuel Macron a été le premier chef d’Etat occidental à s’entretenir au téléphone avec le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. Le sort des deux otages avait été évoqué lors de leurs échanges. L’Elysée confirme que la sortie des deux ex-otages s’est opérée sans l’aide de la coalition Americano israélienne en Iran. Enfin, cette même source refuse de « confirmer ou d’infirmer » que la libération des otages a fait l’objet d’une négociation qui a conduit à la levée de l’assignation à résidence de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en 2025 en France pour « apologie du terrorisme ».