La France n’a « pas de tabou ni de lignes rouges » sur les mesures envisagées pour accroitre la pression contre le régime de Téhéran, a fait savoir Benjamin Haddad, le ministre délégué chargé de l’Europe, ce mardi 27 janvier. Auditionné au Sénat, le chef de la diplomatie française a largement été interrogé par les élus sur la réaction européenne face à la répression des manifestations en Iran, dont certains ont pointé le manque de détermination. « Est-ce qu’il ne faut pas appuyer sur l’accélérateur au regard de ce qu’il se passe ? », lui a notamment lancé la sénatrice LR Martha de Cidrac. « On n’entend pas tant que ça l’Union européenne », a-t-elle déploré.
Le ministre a notamment indiqué que des décisions pourraient être prises lors du prochain conseil des affaires étrangères, prévu jeudi 29 janvier. « Il y a déjà un régime de sanctions assez robustes qui existe contre les entités iraniennes, que ce soit en lien avec le programme nucléaire ou le soutien à la guerre d’agression de la Russie en Ukraine », a-t-il voulu rappeler.
De son côté, l’Italie appelle à placer le corps des gardiens de la révolution islamique, la milice du régime, sur la liste des organisations terroristes. Une question « légitime », selon Benjamin Haddad, qui souligne que « la plupart de membres » des gardiens de la révolution sont déjà ciblés par des sanctions, « ce qui entraine des gels d’avoirs ou des interdictions de visas. »
« Nous avons des ressortissants qui sont toujours sur le sol iranien. C’est un sujet dont on parle publiquement avec beaucoup de vigilance », a encore indiqué le ministre, alors que les anciens otages d’Etat, Cécile Kohler et Jacques Paris, sont toujours assignés à l’ambassade de France à Téhéran, n’ayant pas été autorisés à quitter le territoire après leur sortie de prison.